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Une journée inédite
au bord de l'eau… matière première
et métaphorique d'un jeu de correspondances
qui réunit trente poèmes écrits
en des temps et des lieux différents. Une
expérience littéraire qui se joue
de la confusion des genres et des styles pour
mieux troubler ses lecteurs… et ses auteurs.
*
Tous les poèmes présentés
ici sont extraits de recueils diffusés
sur notre site.
Au fil de l'eau
Jean-Michel Bernard > La plage
Chem
Assayag > Au soleil déversant ses artères
Fabrice
Marzuolo > Soleil topless
Christophe
Chevrolais > Entre algues et goémons
Jacq
Laborde > L'humain
s'écoule
Luc
Racine > Proches de la mer
Pascal
Juillet > La ligne horizontale
Arnaud
Gruest > Des corps abîmés
Raphaël
Thiry > Ecume
même
Paul-Albert
Bodeil > Les eaux dormantes
Jacq
Laborde > La fille avait hissé
Maxime Bertrand > L'apparat de blanc &
bleu strié
Annick
Toussaint > Etendue
Pascale
Dahmani > La chaleur
Denis
Labbe > Cascade sèche
James-Siegfried-John
Laporte > Une gorgée de vent
Samuel
Mourrier > Dans le soir qui s'effondre
Xavier
Jardin > Silence soudain
Thomas
Gendron > Il pleut
Elise
Stein > Ruisselant
Christian
Derest > L'attente
Jean-Luc
Ott > Se dépliait immense
Eric Dubois > Passerelle
Christophe
Parraud > Fines gouttes
Gabriel
Haipam > Au rempart de la parole
Olivier
Huttin > Jeté par hasard
Juan
Barahona > Face à face
Jérôme
Arkantier > Rendez-vous
Samuel
Mourrier > Le frisson au bord du vide
1
La
plage s'étendait nue malgré le sable
Qui si fin et si doux ne pouvait la cacher
Les dunes s'en allaient si loin que les nuages
Paraissaient les bercer de leur écrin douillet
Les
mouettes allaient çà et là
pour manger
J'étais seul avec toi et je ne mangeais
pas
Je buvais le printemps que ton corps embaumait
Je vivais de ton sang j'étais mort dans
tes bras
Jean-Michel Bernard
2
Au
soleil déversant ses artères
Fluides vibrantes de sueur
La mer spasme ses eaux
Liquides blanches de couleur
Mon
corps est là, é
Crasé sur le sable le sel
Et les coquillages éclatés
Brûlant sa chair et séquelles
A
ses côtés imbriquée dans sa
peau
Une forme différente comme arrondie
Semble boire la terre et l'écho
Pour étancher un désir indéfini
*
L'infinie
étendue des choix
Berce le flanc de mon corps
Trop vaste substance pour mes orifices
Mes yeux ne peuvent tout voir
Trop vaste absence de mes sens
Mes doigts sont trop gourds
Mon ouïe trop imprécise
Ma bouche ne peut tout goûter
L'eau de ces choix m'incorpore
Odorat trop diffus, verbeux
Et m'enlace de ses sombres dates
Moellons de cris et de salive
Qui s'infléchissent et refusent
Les orchidées de la raison
Je m'en remets à l'autre
Ce hors moi des destins
Qui décide sans saison
L'heure est faite
Il ne reste plus qu'à consommer
Chem
Assayag
3
Soleil topless,
Ames nouées en business,
Vautrait déboulant
Au son du cor dans les corridors du négoce
;
Masse vautrée et dorée
Sur les bords de l'eau :
Après les forfaits, le réconfort
!
La
mer se farde, du noir aux vagues,
Et l'animal se dore au laboratoire !
Les glaces fondent
Les forêts brûlent
Et les avachis
S'accommodent de la planète en charpie
À
la sortie de la grande distribution,
Quand l'automobile tire sa langue de métal,
Avale le flot de chariots mous,
Les moteurs au ralenti
Écoulent des hommes gavés,
Orbites et mandibules à l'air,
Comme resurgis des barbelés
À
l'horizon, toujours pas de Nuremberg
Contre ce nouveau crime de guerre.
Fabrice
Marzuolo
4
Lunettes
de stars,
Ma pin-up de bazar,
Se la joue,
Métro Goldwyn,
Meilleure que les meilleurs.
Elle
a des envies,
D’eau de mer,
I said, i see,
Elle rit.
En
technicolor,
Elle regarde le décor,
Qui file et défile,
Sans raccords.
Je
réalise,
Et m’entiche,
De mon héroïne,
Fétiche.
Couper,
couper,
Le moteur,
La brise est bonne,
Dans son infinie bonté,
La mer s’est retirée,
Laissant à l’âme humaine,
De quoi vagabonder.
Ma
Garbo, ma B.B.,
Ce n’est pas à Saint Tropez,
Que tes jambes viennent s’échouer,
Mais sur une plage sans nom,
Entre algues et goémons
Christophe
Chevrolais
5
Sur
la plage morbide et baignée de lumière
le calme du matin s’allonge comme un os
dans le sable glacé en état de prière
les couples sont figés sur des serviettes
roses
sous
des chapeaux hautains clignent les paupières
des femmes desséchées aux regards
de molosse
leurs hommes sont de cire et chuchotent dans l’air
d’impénétrables mots transparents
mais atroces
dans
la cendre sereine où tout semble si clair
je glisse doucement du bien être morose
vers cet écœurement imprégné
de colère
qui jète un froid - Au fond, le soleil
est en hausse.
ainsi
l’humain s’écoule dans l’huile
solaire
blanche élongation ou subtile ankylose
à l’aquilon piquant et fort, stoïque,
amer
quand sur la côte en fleur pourrit un albatros
*
Algues
gluantes
Vagues mourantes
Roses cardiaques aux tréfonds des nasses
Sur la terrasse
Tachée de fientes
L’oiseau oisif
Fumait du kif
Et le soleil confit
Fuguait loin de Safi
Piqué d’immenses figues de barbarie
Le ciel ouvert - étoilé - nous a
nourris
Nous sommes restés avec Oum Kalsoum
Et des amis mangeurs de ma’joun
A mélanger le texte et le thé
Eloge des sardines grillées
A vif
Sous les palmiers chétifs
Jacq
Laborde
6
par de chaudes matinées en juillet
des murs fraternels et très vieux
proches de la mer
ils portent des veines obscures
qu'une ancienne prière a laissé
là
exsangues
ces
murs-là
se souviennent de la mer
dont chaque marée leur est venue
en une caresse, que bien des fois
ils auraient voulu retenir
ces
murs
ont une vision qui porte plus loin que l'été
quand de partout exultent les odeurs
ils font la limite entre la mer et ses jardins
ils savent déjouer le piège des
naufrageurs
Luc
Racine
7
Ne
pas s’accorder à la ligne horizontale
Poser le doigt sur
Des ciseaux qui ouvrent la mer
Inaugurer
Des
corps sous-marins nagent vers nous
Lignes parallèles
Leurs crânes aux longs cheveux blancs
Se jettent contre le sol qui les brise
Puis
la fin brutale
Éparpille les os en poussière
Aux trois étages grisonnants
Mer
Ciel
Terre.
Pascal
Juillet
8
Il flotte à la surface de l’eau
Une lumière étrange.
Des corps abîmés, dispersés
par le vent,
Sont scellés par le fond, attirant
Leur intrigante procession.
Leurs cordes rompent et les hommes flottent.
Ils s’épuisent à garder la
tête hors de l’eau,
Et s’offrent à Charon les ramassant
Au râteau, à l’épuisette,
Vers son radeau, où tout s’arrête,
Où tout commence, c’est comme on
veut...
Arnaud
Gruest
9
Dans
l’écume même, la tiédeur
du soleil a perlé sa bave saline,
Jetant aux jeunes frais ses filets merveilleux.
L’autre
soir, c’est le vent
Dont l’illusion ineffable taquinait mon
sapin ;
La grève désormais a repris tous
mes sens,
Seul, je pense à demain.
J’ai
jeté mes blanches toiles
À la caresse des blés drus,
Amusé mes larges pales
À renâcler le vermoulu.
Et
je sombre, d’ivresse à jamais perdue,
Soûlant ma mémoire d’une gnôle
amère ;
Et couché sur le sable comme un amant vaincu,
J’écoute la mer…
Raphaël
Thiry
10
Le
silence des eaux bleues délaissées
Mû par l’abandon des rires,
Eaux dormantes, jardin de jeux négligé
Où les parfums humides s’apitoient
des dénis.
Oubli des caresses perlées qu’orne
Une cathédrale de mer…
Les espaliers de satin,
Les ruelles de velours que ne foule plus que
l’orée d’un souffle.
Les fenêtres pleurent, se laissent aller
Aux larmes inertes du silence.
Les mosaïques azules, crédibles, or
;
Incrédules, pestent la sécheresse
des dis-
Cours, dédaignant jusqu’au dédain
des réjouissances antées.
Paul-Albert
Bodeil
11
un
jet d’argent
arrose la pelouse
où chaque goutte
fait loupe
rixe
au soleil
ou mutisme des cigales
le zinzin d’aspersion
s’est tu
la
piscine s’absorbe
au relief brutal
d’une méditation
transcendantale
sous
les pins
le maillot souffre
et l’on perçoit
l’orage des glaçons
lorsqu’en
chocs aigus
la star du porno
trinque son curaçao gin
avec l’écho
*
Des
éclats de palourdes
Somnolaient au lit poisseux du vent
Le
livre enviait le vent
Le vent tournait en sable
Et la chaleur du ventilateur exhalait
La friture de poisson
La
fille avait hissé l’océan
de ses cheveux huilés de coco
Afin d’asseoir son corps
Couleur curry
Et de soulager longtemps sa vessie tiède
La
plage vide et souquée de soleil
Semblait bien vouloir gouverner la mort
Jacq
Laborde
12
L'apparat de blanc & bleu strié
alterne à l'horizon
Se dévêtir...
L'âme
de l'écume d'une vague, tel jet
se découvre sans façons
Se réjouir...
Deux
seins émergent d'un flot de coton
laiteux dans un sourire
Se laisser faire...
Deux
mains affluent vers son sexe abscons
aller sans coups férir
Se délaisser...
Tant
de tempêtes à anéantir
pour s'envoyer en l'air
Allons bon...
Toutes
ces simagrées sans défaillir
ces gestes pour ne déplaire
Surtout non...
Maxime
Bertrand
13
noyé,
fleur asthmatique et fruit brûlé
reposerai étendue sur l’unique syllabe
coincée entre deux interlignes.
le triangle du prélude
a enfilé son bermuda à l’envers
*
les
sels sont partis en paillettes
un crabe avoue son ventre creux
devant l'éternité des coquillages
quand un corps s'évanouit cadavre
dans l'estomac du crustacé
*
Des
grains
ma peau lisse ou rugueuse
quand j’ai froid quand j’ai peur
étendue beige que le soleil a hâlée
je suis la plage
Tapis
immense et céruléen
la moquette bleue s’allonge sur moi
il est la mer, sans e et sans accent
Annick Toussaint
14
La
chaleur rebondit
Souffle d’air tremblant
Mirage de tendresse.
L’écume
de poussière
Evapore le sable
En ombre dorée.
La
lumière brutale
Tranche d’un coup sec
La dune étirée.
L’incendie
du ciel
Se fige sur les vagues
Desséchées du sable.
Pascale
Dahmani
15
Je
ne voudrais plus quitter le bord du quai
la mer seule rapproche du clair
parce qu’elle est de la même solitude
que nous
Sous
ses cheveux plus rien ne pèse
le
jour même adoucit ses lames
sur son front
Derrière
la terre tremble de mes prières
*
Cette
route qui nous déchire
comme un feu de misère
Au
loin claque la fosse
ouverte des deux côtés de l’abîme
qui nous vole notre chaleur
au
nord la pluie arrive
à l’obscurité
Je
sépare la boue de la boue
qui adhère à la suie du jour
Tout me désagrège
dont
je ne perçois que la râpe immonde
Tout
s’empoussière
Denis
Labbe
16
boire
une gorgée de vent et la sueur du temps
se couvrir des sables chauds d'une passion abstraite
visiter la tendresse des pluies et des jouissances
diluviennes
se ternir de la boue rougeâtre, ici et là,
en douceur sur la peau
*
la sépulture de l'homme transfigure la
pluie
en milles veuvages et chagrins comme une valse
de nuit
James-Siegfried-John
Laporte
17
L’air
est moite,
Immobile ;
Ma faim étroite,
Démolie.
Dans
son haleine malsaine,
Le train de nuit,
Scellé comme une étuve,
Emporte avec lui
De la chaleur et les effluves
Des corps dans l’air marin.
Dans
le soir qui s’effondre,
La rue, comme une fournaise,
S’allonge.
Les pavés de braise,
Comme une flaque l’éponge,
Assèchent à leur aise
Les désirs qui, habituellement,
Me rongent.
Je n’ai envie de rien,
Je n’ai même pas d’envies ;
La torpeur qui m’a envahi
Me masque aussi mes besoins.
J’ai
besoin de maison d’ombre,
De volets clos,
Que la nuit à la pluie corresponde
Samuel
Mourrier
18
C’est sous les grands platanes le soir,
place de la fontaine, que je ressens sans la voir
la longue respiration du monde, un murmure d’abord,
à peine audible, qui à la faveur
du crépuscule s’alourdit de senteurs
vives, genets et lavandes, ou un peu plus tard,
terreuses, humus chauffé et décomposition
de feuilles mortes, puis, dès que le vent
s’en mêle, soufflant l’intranquillité
sur la peau de chaque ramure, drainant furieusement
sa part de plomb dans le ciel, il est temps de
trouver refuge dans la maison, derrière
les vitres battues d’une pluie vagabonde,
ou dans le lit de l’enfance, tâcher
de s’endormir malgré le bruit sec
des volets qui claquent, dans la peur ancestrale
de l’orage dont la colère se mue
bientôt en un chant torturé entre
les tuiles de l’église et sur le
cadran solaire endormi, une lente plainte de désespoir
comme le cri d’un animal blessé,
qui ne serait que le mistral jouant encore, pour
la galerie des oiseaux assoupis, à faire
peur dans les cyprès, puis plus rien, le
silence soudain qui retient son souffle.
Xavier
Jardin (A paraître en juillet)
19
Il
pleut dehors.
Les
murs s’écoulent en agonie,
et les toits se répondent.
C'est
une pluie qui picote
une pluie vieille qui le dit
que
ça picote et glisse
sur les cheveux le long des peaux.
Les
êtres se rappellent,
et les cheveux s’allument.
Sur
les vitres dehors les marques explosées,
et petites,
de la pluie qui s'amène, nettement,
et
qui claque,
tampons
infimes ensembles larmoyant.
Une
lumière jaune à l’intérieur
comme un ton primitif,
rassure.
Moi
contenté dedans
apaisé d’être à l’intérieur,
moi
pas protégé plus mirant la pluie
sans âge
la
pluie dehors séparée d'où,
l'élément-eau brouillant les formes
d'y,
étoilant
tous les verres d'éclats peinturlurés
lumière,
les
toits gras et brillants,
la
pluie qui tombe.
Elle
implore,
en moi la pluie,
quelque
chose d'oublier,
et
qui veut-manque.
Thomas
Gendron
20
Pétales blancs et tremblants,
Lis, pivoines, giroflées,
Univers au cœur troublant
Incliné sous les ondées,
En un chaos ruisselant.
Elise
Stein
21
La
pluie tant souhaitée
Roulait son battement
Au son de la forêt.
Les éclairs aveuglaient
Mon lit, dans ma cabane
Et mes yeux tout humides
Chassaient en perles vierges
L’attente désespérée.
La
pluie, au fil du vent, pleurait
Sur mon chagrin, violente,
Comme pour anéantir
Les paysages détruits, hantés,
Par mes rêves amoureux
D’une fugue en cascade,
D’une valse de printemps
Dans les brouillards de Mai.
Christian
Derest
22
La
terre gorgée d'eau expulse
tout d'un coup ses plaies
d'un vert si tendre
Toute en boutons et timide de surcroît
le sourire d'innocence
et fraîche encore l'eau
cherche les replis de la terre repue
Partout le calme de la gestation
le bruit sourd des nuages
*
L’aube
se dépliait immense
Comme un oiseau de cirque
Sur des échasses de chair
Que
trouvera-t-on dans l’odeur
Fade d’asies mouillées pénétrant
Inaltérable comme tes yeux
Et
ce long rêve qui n’en finit pas
Dans la répétition à l’infini
Comme un dieu que l’on épelle.
Le
même instant irréconciliable
Inexorablement les mêmes gestes
Cognent pour ramener à la vie
Cette tête au long cou
Qui retombe en silence.
Jean-Luc
Ott
23
Ma
pensée
Est comme
L’eau
Qui ruisselle
Sous la
Passerelle
Je voudrais
Qu’elle m’emporte
Un peu
Comme une nacelle
Dans l’air
Qui songe
Et que je m’en serve
Comme une
Eponge
Qui efface
Et remplace
Qui nettoie
Qui donne soif
A la foi
Qu’on abandonne
Parfois
Quand le futur
S’exile
Quand la pensée
Croupit
Eric
Dubois
24
Je
me souviens les fines gouttes
Les vallées savantes les mousses parfumées
Une langueur un lieu d'atmosphère
Puis le règne des couleurs
Où l'horizon moins que la fraîcheur
Eclairait les grands airs de sa lumière
Les courants d'eau distants des brumes
Le ciel ouvert sous le rayon des lunes
Clamaient l'abandon des terres des sommets
Christophe
Parraud
25
Les
mots coulent comme fleuve
Au rempart de la parole
Tandis que les hippopotames se font rares
Déshydratés chassés par l'odeur
des éléphants
Les montagnes du Nord renouent avec les danses
folles
Des animaux de toute espèce au soleil ardent
à la chaleur cosmique
La conquête fait rage sur l’île
d'Allah éberlué par ses fidèles
adeptes
Depuis la nuit des temps au souvenir ancien
Les murs de ma nation, s’écroulent
Tandis que s’échappent les filles
modernisées.
Gabriel
Haipam
26
Je
ne t'ai pas vue aujourd'hui
pas de transparence dans les eaux troubles
sur le quai un homme repeignait en blanc le Soleil
Rouge
une femme d'affaire refermait les volets avant
de partir
je me suis jeté par hasard au beau milieu
d'un bateau mouche
entre un suprême d'asperge et une cuisse
de canard
la serveuse te ressemblait un peu entre les genoux
et les seins
je ne t'ai pas attendue pour le dessert.
Olivier
Huttin
27
le
littoral nous avait tant de fois sauvés,
d'une promesse trop rapide. nous étions
seuls désormais face à face. ton
visage, ton corps, n’avaient rien du notre,
si ce n’est les expressions désemparés.
Juan
Barahona
28
Un
jour je serai de mon temps
Pas d'un Thé de H dément
Mais à l'heure au rendez vous
A crier à tout va que je joue
A
crayonner des symphonies sur du blanc
Et chiffonner des papiers et du vent
Sur une jetée loin de toute Terre
D'un plateau où j'ai deux Mères
Me
réserver pour ça me connaît
M'attacher même pas m'effraie
Ni me ligoter n'est possible
Rien je ne dirai, main sur la bible
De
toutes les bougies rougies de la Mer
Que je soufflerai quand me sierra hier
Ou avant hier de ne se savoir Bien
Que par un autre Mal une autre fin.
Jérôme
Arkantier
29
C’est
ce frisson au bord du vide
L’angoisse avant de s’élancer
Hésiter face au choix limpide
De pouvoir s’écraser
Ou de risquer voler.
Samuel
Mourrier
Auteurs à suivre
Elyane
Gorsira > En plongée
Jonathan
Henck > Cheminées pour aquarium
Elisa
Huttin > Le fil bleu
Philippe
Souchal > Les chants d'application
Mathieu
Hamel > C'est dur à peindre la mer
Abdou
Karim Gueye > Les piroguiers aux millions de
rames
Mohamed
Bouhachmene > Humanité insensée
Anne-Marie
Le Ngoc-Hue > La louvoyance
Olivier
Gilet > La voix du bouleau
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