Sept questions
à l'auteur
Peut-on savoir qui est « la conne » ?
La conne représente la somme de toutes les
connes que j'ai connues. Mais que les cons se rassurent, ils ont
droit eux aussi à leur portrait dans La vie triée.
Vous faites plusieurs fois référence
à la photographie...
La photographie est très présente
dans mon univers. Objet de plaisir dans Touché !,
mon premier roman, je l'ai récemment remise à l'honneur
dans un autre roman, expérimental celui-là, et dans
lequel j'ai voulu rendre compte de la fascination que la photo exerce
sur moi. Extraire l'instant, saisir quelque chose d'unique à
partir de ce que tout le monde voit... (NDLR : intitulé André
l'argile, ce troisième roman n'a pas encore été
publié.)
Pouvez-vous nous éclairer sur votre placard
?
Le placard avance... Le bois travaille... Les vis
s'enfoncent jusqu'à la garde, et il finit par y faire tout
noir... Mon placard n'évoque rien de précis mais il
revient effectivement de temps à autre, comme une cachette
ou peut-être, un cauchemar...
Et cette agence, ce directeur que vous citez diversement
?
C'est l'agence qui me permet de gagner ma croûte,
c'est à l'agence qu'au quotidien je sers à quelque
chose, et sans avoir à me poser de question... C'est très
reposant ! J'ai eu bien des employeurs, et cette agence évoque
plus généralement l'ambiance qui règne dans
le monde du travail, dans le tertiaire en particulier, mais l'on
extrapolera sans difficulté vers n'importe quel rapport de
force « sous contrat. »
Parlez-nous de votre gendarme...
« Saucisse sèche et dure », précise
le dictionnaire. Excellente au demeurant, et que l'on a souvent
du mal à trouver dans les charcuteries parisiennes, pour
un Alsacien c'est très frustrant ! Mon gendarme c'est mon
pénis et j'en parle dans La vie triée comme
d'un ami fidèle, avec ses hauts et ses bas.
Vous n'aimez pas beaucoup le mois d'août !
J'envie janvier, février me fait vibrer et
en mars, je ramasse, avril est viril et en mai, je mets, juin m'oint
et juillet me fait jouir, en septembre c'est tendre et si octobre
reste sobre, novembre sera brave, en décembre tout décante
mais au mois d'août, franchement, où aller ?
Et ce puzzle, qui revient régulièrement
dans La vie triée ?
Dans mon second roman (On part), la quête
du héros est assimilée à la résolution
d'un puzzle, et cette analogie constitue pour moi une façon
de penser privilégiée. Il se trouve que j'ai véritablement
reconstitué un puzzle de six mille pièces (un tableau
de Breughel l'Ancien !), ce qui m'a pris six mois et m'a beaucoup
appris sur les vertus de la patience et de la volonté. La
planche en question moisit désormais dans ma cave, car une
fois achevé, un puzzle ne présente plus aucun intérêt
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