Carole Zalberg se sent « Donneuse de mots », comme on donne le ton, le la ou la vie, comme on donne de soi. Après trente-six ans passés à tourner autour du verbe, elle sait que c’est l’expression qui la définit le mieux. Donneuse de mots à ceux qui les interprètent où les habillent de musique, à ceux qui les lisent ou les entendent. Mots-cadeaux : fleurs secrètes ou bonbons fondants, miroirs troublants ou troublés, lames taillant dans le vif de l’âme, mots qui caressent ou mots qui piquent offerts à quiconque s’y retrouve.
Au commencement était l’écriture ; vitale mais seulement solitaire. L’auteur remplissait les pages en ne puisant qu’à l’intérieur d’elle-même. Et si les histoires qu’elle inventait ne parlaient que rarement d’elle, c’était encore et toujours une aventure intérieure. Son aventure très personnelle.
De ces voyages en solo sont nés trois romans (La Morsure ; Léa et les Voix, 2002 Nicolas Philippe/ L'embarcadère ; Les Mémoires d’un arbre, 2002, le cherche midi ; un recueil de nouvelles (J’aime pas dire bonjour, disponible dans une version raccourcie sur le site Europapoesie ainsi que sur Manuscrit.com) ; Napo et moi sur Hotel California, nouvelle parue dans le recueil collectif Aime-moi !, 2002, Nicolas Philippe ; et un « monologue amoureux » : Une Histoire, à paraître au printemps 2003. D’autres paysages se dessinent…
Quand on lui proposa d’écrire des chansons, ce fut comme si elle posait sa plume sur une terre neuve et moins aride, la trempait dans une encre inconnue. Sur cette terre, tout voyage d’écriture commençait par l’Autre. Il s’agissait de COMprendre, de COMpatir, de COllaborer. Et la destination était une œuvre COMmune, une aventure COllective.
Cette aventure-là, elle s’y est embarquée depuis en compagnie des YEUX NOIRS (qui préparent un album en français), de BRUEL (trois textes qui figureront peut-être sur un album à venir), de BERTHIER (auteur compositeur interprète pop groovy à la voix de miel épais, à l’univers hypnotique), de NORAZIA (qui mêle avec virtuosité sa culture indonésienne aux sons les plus technoïdes), de ZACK (qui revisite en jubilant gospel et soul), de PASCAL LAFA (tombé dans la potion soul, album : Pluie de lumière) et d’autres encore.
Autre collaboration passionnante, née d’une rencontre sur Internet : une année durant, à partir du 11 septembre 2001, Carole accompagne en mots les collages hallucinés de Frédéric Vignale mis en ligne chaque jour sur le site http://www.wart-art.org
Et la magie de ces histoires solitaires ou plurielles c’est que chacune d’entre elles forme à elle seule tout un monde – fruit singulier, unique, de tous ceux qui l’ont rêvé.