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Le Frabyle
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Tayeb Belmihoub
 
Présentation
Certains actes de notre vie se plaisent à précéder notre pensée.Celui qui m'a conduit à offrir en partage ces quelques lignes s'est manifesté sans que j'ai eu le temps ni même l'envie de l'analyser. Je me nomme ou plus exactement, j'ai été nommé Belmihoub Mohamed Tayeb, fils de Belmihoub Mohamed Mouloud, kabyle jusqu'au bout des montagnes et de Allart Marguerite son épouse, plus ch'timi que le tréfonds d'une mine.Malheureusement, la conjugaison de certains mots, surtout s'ils sont des noms propres, donne à vivre une grammaire quotidienne dont les règles souffrent de « déclinaisons » et « irrégularités » très singulières.
Extrait du livre
Si les raisons qui poussèrent Mme Mathias à me « diminuer » ont bénéficié de mon oubli, celles qui poussent Mohamed, Nordine, Mustapha, à se faire appeler Momo, Norbert ou Mouss n'ont jamais cessées de me tarauder et très tôt, l'explication m'a parue évidente : la survie. Faire Français, ça « fait moins Arabe » … Cette démarche traduit l'impérieux désir de ne plus être rejeté et la décision de se “ défriser ” offre une chance possible de participer à la fête. Pour ne plus être le cactus parmi les peupliers, on enfile la tenue de camouflage que l'on peut. Ce stratagème est souvent pathétique, quelque fois comique et toujours regrettable(...)Pour en revenir au sujet évoqué, il est certain que changer de nom n'est pas un acte innocent et les conséquences de cet essai thérapeutique révèlent souvent un remède bien pire que le mal. Changer de nom c'est devenir un autre et, pour le cas qui nous concerne, devenir cet autre que la société veut que l'on soit. C'est un véritable meurtre ou suicide identitaire selon le point de vue auquel on se place. Lorsque l'acte est volontaire, il illustre une fuite en avant pour échapper aux véritables « battues xénophobes » qui ont cours de nos jours…Lorsqu'il ne l'est pas, il reste la marque du refus à considérer le « diminué » dans l'intégralité et l'intégrité de son individualité. « Je te rebaptise au son de ma norme pour te faire rentrer dans le moule de mon monde »(...)Ce type d'événement est à la fois passionnant et effrayant. Passionnant parce qu'il permet d'observer la nature humaine, effrayant parce qu'il permet d'observer la nature humaine !(...)Cette crispation provoquée par la prononciation de ces trois syllabes MO.HA.MED, fait naître en moi depuis toujours le même malaise, la même tristesse mêlée de révolte contenue. Je devrais, depuis tant d'années, ne plus m'en émouvoir, pourtant, chaque fois, j'ai la même sensation de ces regards qui me divisent, me pulvérisent, je peine à me réunir et ne dois mon salut qu'au sourire salvateur décoché à la cantonade en réponse à cette violence qui me hurle son nom. Même si je donne le change pour ne pas nourrir la bête, il est difficile de quantifier les dégâts provoqués par ces attaques multiples et récurrentes qui, longtemps, ont fait de ma vie une citadelle en siège. Il m'arrive d'aspirer au destin simple du paysan tranquille dont l'unique contact avec l'étranger se limiteau couscous en boite qu'il dévore comme s'il arpentait les dunes du Sahara. Ah les mélanges...Il n'y a que ceux qui ne sont pas coupés en deux qui fantasment sur le bonheur improbable de la mixité. La division, si elle est la première manifestation de toute forme de vie, ne s'en accompagne pas moins d'une souffrance, c'est là le prix de la conscience, les conséquences de la chute. Etrange destin de l'homme que celui de passer sa vie à retrouver un état originel par un parcours du combattant qui l'invite à reconquérir un sommet intérieur où règne à nouveau la paix de son unité retrouvée.
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