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Le Sang et l'Or
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Julien Unger
 
Présentation
Ce livre est la réédition du témoignage publié au sortir de la Seconde Guerre mondiale par un déporté juif de France. Au-delà de la précision de ce récit vécu, en raison de la proximité des événements qu'il a subis à Auschwitz puis d'autres camps, Unger fait montre de qualités littéraires et humanistes qui donnent toute la force de son texte. Ainsi, pour rendre perceptibles les incompréhensibles conditions de sa survie, l'auteur parle du quotidien et des sentiments de « l'homme » dans cet univers concentrationnaire où l'humanité lui est déniée parce qu'il est né Juif. À cela s'ajoute la pertinence de son analyse des méthodes de terreur et de mensonges déployées par les nazis pour asservir, traquer, spolier en masse les Juifs.
Extrait du livre
[Récit de ce qu'il appris de la révolte du Sonderkommando (commando spécial) chargé des chambre à gaz et des fours crématoires, 7 octobre 1944 à Auschwitz II-Birkenau] Nul n'oubliera la révolte du commando spécial. Ces travailleurs de la mort, ces hommes les plus damnés de la terre, ces bêtes de somme du plus effrayant purgatoire du monde, avaient atteint le fond de la détresse. Ils en avaient assez et de leur travail et de leur vie. Avec de l'or trouvé sur les morts, ils s'étaient procuré quelques armes, et des camarades par sympathie leur avaient fourni de la dynamite. Les alertes étaient nombreuses à cette époque. Une circulaire des SS exigeait qu'au premier coup de sirène tous les commandos travaillant au dehors rentrent au camp au pas de course sous peine de mort. Cela créait une pagaille indescriptible. Les postes de garde étaient doublés, des nids de mitrailleuses installés en face du camp tout au long de la route. Aussitôt que le son lugubre de la sirène se faisait entendre, les hommes laissaient là leurs outils et se mettaient à courir vers le camp comme une nuée de sauterelles. Rares étaient les commandos qui entraient au complet. Les hommes hagards, pâles de terreur, affamés et exténués, tombaient à bout de souffle, comme des chiens, la bouche ouverte. D'autres usaient leurs dernières forces à appeler les derniers commandos comme des naufragés qui crient près d'un navire en détresse. Mais l'orage grondait tout autour et leurs cris se perdaient dans la tempête. C'était le moment qu'avait choisi le commando spécial. En plein jour, lorsque se firent entendre les sons longs et lugubres de la sirène, une explosion terrible secoua le camp. Comme nous cherchions vainement des avions, nous vîmes une fumée surprenante sortir du bois de bouleaux. Le commando spécial avait mis le feu au crématorium. Dans l'affolement qui s'ensuivit, ils tuèrent les trois gardes SS, coupèrent les barbelés et s'éparpillèrent dans la mêlée générale. Mais, alors que tous les hommes couraient dans la direction du camp, ceux du commando spécial couraient en sens inverse. Lorsqu'ils arrivèrent à la grande chaîne de garde, toutes les mitrailleuses étaient braquées sur eux. Une fusillade éclata de tous côtés. Deux gardes furent encore blessés, mais le commando entier se brisa sur cette chaîne terrifiante. Trois cents hommes moururent ce jour-là comme des héros, poussés par le désespoir dans une bataille perdue d'avance. L'éclat de cette lutte demeura longtemps suspendu sur le camp comme le grondement d'un orage. Elle eut son écho jusqu'au camp d'Auschwitz dans le dépôt des poudres. Les enquêteurs cherchèrent la source des explosifs. Quatre femmes travaillaient au dépôt. Les SS en choisirent une, la plus faible, ils la soûlèrent d'eau-de-vie et des promesses les plus fallacieuses jusqu'à ce qu'elle trahît ses camarades. Le lendemain, dégrisée, elle s'aperçut clairement de l'horreur de son forfait. Il était trop tard. Toutes les quatre furent fusillées et moururent vaillamment. Ainsi se termina le plus grand soulèvement qui se fût produit dans le camp. Bien organisés, les hommes avaient mal choisi le moment. Faite de nuit, cette révolte aurait pu avoir un résultat considérable. Mais, même ainsi, elle désorganisa pour longtemps la machine de mort des SS. Les funérailles grandioses que les bourreaux firent aux nazis tués ne couvrirent
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