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Non ! Ce n'est pas la faute à Bruxelles
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Sandrine Kauffer
 
Présentation
2007 symbolise l'année de la relance constitutionnelle avec la célébration du cinquantième anniversaire de la signature du traité de Rome. En France, la question de l'Europe est également au cœur des débats présidentiels. Mais comment envisager l'avenir constitutionnel de l'Europe au lendemain du double non français et néerlandais ? Existe-t-il un plan « B » ? Peut-on prévoir une refonte du traité européen ? L'Europe politique peut-elle attendre jusqu'aux élections présidentielles françaises ? Par cet entretien, Sandro Gozi souhaite apporter sa contribution aux réflexions sur le futur projet européen. Ses idées alimentent la polémique, mais contribuent aussi peut-être à convaincre et à rassurer. Tout le monde est en mesure de s'engager...
Extrait du livre
Pour tout vous dire, j'ai la conviction que l'Europe est en crise parce qu'elle est d'abord victime de son succès, tout en paraissant paradoxalement inachevée. Je m'explique : elle est victime de son succès parce qu'aujourd'hui elle a parfaitement remplie les fonctions pour lesquelles elle a été conçue. Elle a atteint ses objectifs. Elle représente un espace où les droits de l'Homme sont respectés, une aire de stabilité, de libre-échange, de prospérité qui a pu s'étendre avec l'élargissement. Elle a instauré une nouvelle méthode de résolution pour régler les conflits et les tensions entre les États membres. Elle est un projet multilatéral efficace dans le commerce, l'environnement ou d'autres politiques communes. Le paradoxe est que l'Europe s'est révélée tellement efficace qu'elle a soulevé très rapidement de nouvelles attentes de la part des citoyens. Et ces attentes, bien sûr, vont au-delà de ses prérogatives actuelles. L'Europe a besoin de plus de temps pour satisfaire ces demandes. L'Europe est en crise parce qu'aujourd'hui le monde va trop vite, ce qui lui pose quelques difficultés d'adaptation institutionnelles et politiques pour répondre aux nouveaux défis de la globalisation. Les Européens la rejettent parce qu'elle ne parvient pas à satisfaire leurs récents besoins et apaiser leurs dernières angoisses. L'Europe à présent doit rassurer, protéger et convaincre. Néanmoins, ce que nous ne devons pas perdre de vue, c'est que l'Europe ne sera jamais en bout de course. À l'inverse, elle n'est qu'à mi-chemin de ce qu'elle peut encore faire pour les citoyens européens. Elle pourrait augmenter en efficacité en tant qu'Europe politique, intégrée et acteur à l'échelle internationale. Finalement, si je voulais une Europe à l'anglaise, un espace de libre échange, un système de fonctionnement qui assure une certaine stabilité et prospérité économiques accompagnée de principes fondamentaux, si c'était le cas, sans doute, je serais alors satisfait de l'Europe actuelle. Mais, je ne le suis pas, je voudrais plus de droits, plus de protection, plus de garanties et surtout plus de moyens politiques. Il faut savoir de quel projet européen on parle aujourd'hui. Les attentes sont pourtant identifiées, des solutions évidentes sont proposées, alors pourquoi les rejeter. Il s'agit presque d'un non-sens ! Les Européens ont peur de s'engager, ils restent réservés, se protègent de ce qu'ils mésestiment, voilà le problème. […] Ce qui m'interpelle par son paradoxe, c'est que l'Europe avait été acceptée lorsqu'elle était un projet d'intégration négative, et à présent qu'elle évolue vers une intégration positive, elle se heurte à un refus. […] Un projet d'intégration négative représente la construction européenne comme le fruit d'un démantèlement, d'une libéralisation. Quoi qu'on en pense, le marché unique est un projet libéral. Qu'a-t-on fait ? On a procédé à l'ouverture des frontières, permettant aux travailleurs, aux marchandises, aux services, aux capitaux et aux citoyens de circuler librement. Pour revenir à mon idée de l'Europe victime de son succès parce qu'inachevée, elle voudrait à présent s'engager dans un projet d'intégration positive. Qu'est-ce que cela représente ? Il s'agit après l'introduction de la monnaie unique, de construire une Union politique, de bâtir un gouvernement économique et social et d’instaurer la citoyenneté européenne...
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