éditeur
Editeur de livres
             publier un livre, éditer un livre, éditions en ligne, éditeur en ligne, se faire publier, se faire éditer, comment éditer - publier son livre
Librairie
Fiche Livre
J’ai toujours voulu répondre aux appels
Ajouter ce livre à mes favoris
 
François du Plessis
 
Présentation
Alors âgé de 82 ans, François du Plessis, prêtre sulpicien, s'entretient avec un ami qui prend le temps de l'interroger sur tout ce qui a marqué et compté dans sa vie. Dans la première partie, « Parcours de ma vie », il évoque les temps forts d'une existence menée tambour battant, sans un seul jour de repos. Des anecdotes savoureuses, des péripéties cocasses, des luttes toujours difficiles, des épreuves mais aussi des joies pour ce prêtre hors norme. Dans la deuxième partie, « Chemin de vie », l'action fait place à la réflexion qui l'a toujours sous-tendue. Naturellement il évoque les sacrements et leur symbolique, la foi, point central de sa vie, avant de faire part de son point de vue sur les perspectives de l'Église catholique.
Extrait du livre
En 1943, l'aumônier qui me reçut, tout jeune prêtre, aux Chantiers de Jeunesse en Auvergne, m'avait dit : « François, tu ne peux pas évangéliser si tu ne connais pas les gens ». C'est là-bas que j'ai appris à nouer des contacts. Il ne faut pas croire que c'est facile de faire des visites. C'est dur : frapper à une porte et ne pas savoir ce que l'on vous répondra. Aux Chantiers de Jeunesse, j'étais toujours un peu angoissé quand il fallait tourner la poignée de la porte de la chambrée où vivaient quinze jeunes. Quand j'entrais, le silence s'installait aussitôt et c'était moi qui étais obligé d'engager le dialogue. Je dois dire qu'à La Plaine, j'ai eu de nombreux contacts très enrichissants et on ne m'a jamais mis à la porte. En fait, ce qui a ralenti mes visites, c'est l'arrivée progressive de la télévision dans les familles. A partir du moment où le petit écran entrait dans les foyers, il n'y avait plus moyen d'avoir un échange, une conversation. La télévision a été un bouleversement de la vie familiale… Je venais pour connaître les gens. Jamais je n'ai pris l'initiative de parler de questions religieuses. Parfois les conversations étaient rudes. On me disait ce que l'on pensait de l'Eglise, de la foi, des prêtres ; il fallait tout entendre. Mais au bout du compte, on me confiait pas mal de choses familiales, professionnelles, personnelles. Un soir je sonne chez un retraité qui m'accueille par : « Oh, pas de curé ici ! – sa femme du fond de sa cuisine lui rétorque : il ne va pas te manger ! Fais-le entrer, on va lui offrir un verre. ». Ils sont devenus pour moi des amis, comme beaucoup d'autres incroyants. Et pour eux, quelqu'un qui venait comme ça, gratuitement, sans arrière-pensée, n'ayant rien dans les mains, n'était pas forcement un être abject, fût-il curé ! Le malheur, c'est que très souvent les prêtres ont été assimilés – non sans raison hélas ! – à des représentants de commerce qui ont leur camelote à placer. C'est vrai, j'ai été critiqué par d'autres prêtres pour ces visites, mais, en fait, cela a assez profondément marqué le quartier, en y constituant la trame d'un esprit communautaire. Combien d'amitié ai-je trouvée parmi des gens qui ne mettaient jamais les pieds à l'église ! Mais je ne leur ai jamais demandé d'y venir. Je n'ai jamais fait de différence entre les familles dont les enfants allaient au catéchisme et les autres. Il m'est arrivé d'aller accompagner à la mairie un couple qui ne se mariait que civilement. Cela m'interpellait, mais j'étais attaché à ces personnes du quartier dont le caractère était forgé par la rudesse de leur vie. Quand quelqu'un était hospitalisé, je l'apprenais au cours de mes visites dans les familles, alors j'allais le voir à l'hôpital. J.R.Q. – En fait, tu es devenu quelqu'un du quartier. F.P.G. – Oui, je crois que je le suis devenu, en quelques années, parce que je n'esquivais rien de ce qui faisait leur vie, que ce soit la maladie, la mort, la naissance... ou les grèves. Quand, en soutane, j'allais sur les marchés quêter pour les grévistes, ce n'était pas toujours bien vu, mais ne pas le faire, je l'aurais ressenti comme une lâcheté. Si la cause était juste, au nom de quoi ne pas le faire ?
Les avis des lecteurs
Donnez votre avis

éditeur, publier un livre, éditer un livre, éditions en ligne, éditeur en ligne, se faire publier, se faire éditer, publier son livre