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Fiche Livre
De Drancy à Bergen-Belsen, 1944-1945
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Jacques Saurel
 
Présentation
Jacques est né à Paris en 1933 dans une famille juive récemment émigrée de Pologne. Il a deux sœurs et un frère. Pendant la guerre, son père est prisonnier. Jacques est arrêté début février 1944 avec l'une de ses sœurs, son frère et sa mère, interné à Drancy puis déporté à Bergen-Belsen comme juifs pouvant servir de monnaie d'échange. Ils sont évacués par le « Train fantôme » peu avant la libération du camp devenu un mouroir : les Britanniques découvrent 13 000 morts par terre et 60 000 détenus. La famille proche de Jacques a survécu à la Shoah mais pas la majorité des siens. Après guerre, il travaille dans le prêt-à-porter puis dans la coiffure. Il change de nom en 1963. Il s'investit dans la mémoire est devient Secrétaire général de l'Amicale de Bergen-Belsen.
Extrait du livre
Parmi notre groupe de 258 déportés de Drancy, il y a 77 enfants. La plupart d'entre eux sont accompagnés de leurs mères. Les autres sont des enfants seuls, traqués par les nazis, arrêtés dans des maisons d'accueil – foyers d'enfants juifs – où ils avaient été recueillis ou bien placés là par leurs parents afin d'échapper aux arrestations. Beaucoup de ces parents ont été déportés. Certaines de nos mères ainsi que d'autres femmes arrivées sans enfant en « adoptent », et en prennent sous leur aile. Parmi des frères et sœurs arrivés seuls, des aînés malgré leur jeune âge font preuve d'un rare courage et d'une grande maturité en s'occupant de leurs cadets. C'est à Maman plus qu'à ma résistance physique, que je dois d'être là. Elle ne se plaint jamais et trouve toujours, le mot, le geste apaisant pour chacun de ses enfants. Après la guerre, j'ai revécu dans le regard embué que Maman portait sur ses petits-enfants, tout ce qu'elle a enduré en nous voyant souffrir. C'est cet amour qui nous a sauvés. Elles étaient sublimes nos Mamans dans les camps et j'avais la chance d'avoir la mienne. Je souhaite un monument pour nos Mamans, un monument si haut que son sommet toucherait le ciel. Les premiers mois à Bergen-Belsen ne sont pourtant pas les plus difficiles. À l'automne d'autres déportés arrivent des camps de Pologne ou du centre de l'Europe que l'on évacue devant l'avance des troupes soviétiques. Dans les baraques déjà bondées il faut rajouter des châlits. L'espace devient de plus en plus exigu. Du fait de cette nouvelle organisation nous changerons plusieurs fois de baraque et c'est à nous qu'il appartient de transporter les lourds lits de bois, imposant à nos forces déclinantes une épreuve supplémentaire. Avec tous ces bouleversements, je dois rejoindre le bloc des hommes. Avoir bientôt douze ans dans un camp de concentration c'est, bien sûr, être déjà un homme. Mais avec le surpeuplement qui augmente sans cesse et tous les désordres, je parviens parfois à rejoindre les miens. Je demeure incapable de me souvenir combien de fois nous avons été séparés. Je dois dire que je me sens perdu au milieu de tous ces adultes et qu'ils n'ont pas été tendres avec moi. Dans une de ces baraques d'hommes j'hérite de la plus mauvaise place, tout en haut d'un châlit. Quand il pleut je reçois l'eau qui coule à travers le toit, trempant ma couverture, ma paillasse et je me recroqueville espérant m'endormir dans le petit espace qui reste à peu près sec. Mon châlit en bout de rangée est près des WC. Il y en a dans cette baraque. Avec la dysenterie qui sévit c'est un défilé continuel toute la nuit dans ces « toilettes » nauséabondes sans cesse bouchées et qui débordent. Quand on veut y pénétrer parvient de derrière la porte (il y a une porte !) un cri que j'entends encore : « Besetzt ! » Ce qui en allemand veut dire « occupé ». Les « latrines », des WC en commun, se trouvent dans un baraquement dévolu à cet usage. Une baraque semblable aux autres avec en son centre une sorte de grand banc, je crois me souvenir qu'il est en bois, percé de trous si rapprochés qu'une fois assis les uns à côté des autres, nos coudes peuvent se toucher.
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03.04.2011
Voici un petit site créé suite à la visite de Jacques Saurel au collège Anatole France de Casablanca : https://sites.google.com/site/rencontreavecjacquessaurel/home
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