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Aux frontières de l'espoir
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Georges Loinger et Katy Hazan
 
Présentation
Ce livre, fruit des entretiens entre un témoin et une historienne, offre le parcours remarquable d'un militant juif actif depuis l'entre-deux guerre jusqu'à nos jours. Depuis son enfance en Alsace, Georges Loinger est sensibilisé au danger que représentent pour la communauté juive les menées nazies au-delà du Rhin. C'est pour aguerrir la jeunesse aux épreuves qui se profilent qu'il s'investit dans l'éducation physique des futurs rabbins puis des étudiants de la toute jeune école Maïmonide à Paris. Prisonnier de guerre en 1940, il s'évade de son Stalag en Allemagne pour rejoindre sa femme confrontée à l'évacuation rapide de 123 enfants juifs venus d'Allemagne. Il se lance alors à corps perdu dans une autre aventure, celle de la résistance française dans le réseau Bourgogne.
Extrait du livre
[Janvier 1943] Je suis dès le lendemain au rendez-vous de Lyon, dans les appartements privés de l'hôtel Victoria, dont le propriétaire était un client de Joseph Weill lorsque celui-ci exerçait la médecine à Strasbourg. C'est une réunion dont chacun des participants se souviendra. Il y a là les principaux dirigeants de l'OSE et les directeurs des maisons d'enfants avec leurs femmes. Joseph Weill, assisté d'Andrée Salomon, préside la réunion. Il est porteur de mauvaises nouvelles : il a appris de source sûre, lors d'un voyage à Genève, que les rafles allaient se multiplier et que des choses terribles se passent à l'Est. Il annonce la décision de la direction de fermer les maisons ; puis, dans un silence de mort, nous présente l'homme assis à ses côtés, Georges Garel, qui doit mettre sur pied un circuit de sauvetage clandestin pour les enfants. C'est la consternation, tout le monde est bouleversé, certaines femmes pleurent. Georges Garel ressemble à un officier de cavalerie, le maintien très droit, une fine moustache accentuant son air d'officier en civil. Après un temps de silence, Joseph Weill se tourne vers moi : — Georges, vous qui avez l'habitude des frontières, vous qui vous déplacez en France comme un poisson dans l'eau, vous, intrépide et astucieux comme Ulysse, nous vous chargeons d'organiser les passages en Suisse, vous avez carte blanche, mais c'est une mission dangereuse. — Oui, dis-je, sans hésiter, mais je dois en référer à Flore… Bien entendu, Flore m'encourage dans cette mission. Il m'appartient à présent de m'organiser minutieusement, avec toute l'assurance de celui qui doit réussir. Je suis personnellement responsable de la vie et du destin de ces enfants, et n'ai pas droit à l'échec. Je choisis Annemasse comme base de départ pour la filière de passages d'enfants de l'OSE. Terminus de la ligne de chemin de fer, Annemasse, proche de la frontière, a toujours été un lieu privilégié de colonies de vacances pour différentes institutions comme la SNCF ou des municipalités. Elle a donc l'avantage d'avoir des équipements collectifs et de voir passer beaucoup d'enfants, surtout au printemps et en été. Le centre du Secours national situé route d'Étrembières dans une ancienne gendarmerie, devient mon lieu de rendez-vous. Eugène Balthazar, son directeur, est un Alsacien à la grande barbe noire, généreux et prêt à prendre des risques. J'avais fait sa connaissance au hasard d'une rencontre, un soir où je n'arrivais pas à trouver une chambre d'hôtel à Annemasse. En bavardant avec lui, j'ai compris qu'il était gaulliste. J'ai pu dès le départ jouer franc jeu, et il accepte d'accueillir mes groupes d'enfants pour une ou deux nuits. C'est le maire d'Annemasse, Jean Deffaugt, qui est la clé de mon organisation. Sans lui, je n'aurais rien pu mettre sur pied. Un homme corpulent, moustachu, inattendu, que j'ai rencontré pour la première fois dans son magasin de confection : il m'a donné rendez-vous à la mairie. Je me suis présenté à lui comme Juif d'origine alsacienne, prisonnier de guerre évadé, voulant faire passer des enfants religieux d'une organisation juive de Résistance. J'ai toujours mis en avant dans mes premiers contacts, soit les Compagnons de France, soit mon livret militaire toujours très précieux, soit le fait que les enfants en danger étaient pratiquants.
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