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Fiche Livre
J'avais promis à ma mère de revenir
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Moniek Baumzecer
 
Présentation
Moniek Baumzecer est un homme profondément marqué par ce qu'il a vécu durant la Seconde Guerre mondiale. Il ne passe pas une nuit sans que ses souvenirs l'assaillent et le tourmentent. Il pleure alors sur sa famille et ses amis dont la quasi-totalité n'a pas échappé à la volonté des nazis d'exterminer les Juifs. Et surtout, il pleure sur sa mère qui n'aura jamais su qu'il a tenu sa promesse. Juif de Lodz né à Radom en 1920, Moniek Baumcezer est le témoin de l'effondrement de la Pologne face aux armées du IIIe Reich allemand, des discriminations envers les juifs puis de leur ghettoïsation. Sportif et courageux, il répond pour sa famille à la réquisition pour le travail forcé sur les chantiers d'autoroutes allemandes. Il travaille ensuite pour une usine en Pologne et « loge » au cam
Extrait du livre
[Au camp de Christianstadt am Bober (Basse-Silésie, Pologne), début 1942] Le soir, après le dîner des travailleurs civils allemands du chantier, nous pouvions à notre tour manger à la cantine qui se trouvait dans une grande baraque du camp. Hedwige, une Allemande d'environ trente-sept ans, faisait la cuisine et servait les repas. Dès le début, Hedwige me donna plus de nourriture qu'aux autres. Pour quelle raison, je l'ignorais. J'ai été d'autant plus surpris lorsqu'un soir elle partagea une bière avec moi. Nous avons commencé à discuter. Son mari faisait la guerre en Norvège, à Narvik, d'où il lui envoyait des colis avec du chocolat et des biscuits. Elle m'expliqua qu'en semaine elle habitait juste au-dessus de la cuisine. Le dimanche, elle rejoignait sa mère chez elle, à Sommerfeld Ni Lausitz (actuellement en Pologne sous le nom de Lubsko), à une vingtaine de kilomètres du camp. Elle avait une fille, Helga, qui appartenait aux Jeunesses hitlériennes et dont elle me vantait les qualités avec force détails. Elle me proposa un jour de monter chez elle, au-dessus de la cuisine. Elle voulait me présenter sa fille à qui elle avait dit : « Après la guerre, tu te marieras avec Moniek. » — Viens, me dit-elle, je te donnerai du pain et du chocolat. Sa fille, arrivée un peu plus tard, n'est pas restée longtemps. Peu après son départ, Hedwige se mit sur mes genoux, et après avoir dégrafé son corsage, elle m'attira sur le lit. Je risquais la mort en partageant le lit d'une Allemande, mais j'avais vingt ans, et j'étais un peu inconscient des conséquences de mes actes. Elle me recommanda toutefois avec insistance : — N'avoue jamais ce que tu fais avec moi. En aucune circonstance. Moi-même je n'avouerai jamais. […] Par la suite, chaque fois que je montais dans sa chambre au-dessus de la cuisine du camp, il y avait à manger et le « reste ». Notre petite aventure a duré environ un mois. Jusqu'au jour où… Hedwige m'avait raconté qu'un gardien du camp lui faisait des avances. Un jour justement, alors que je me trouvais avec elle, celui-ci frappa violemment à la porte. — Ouvrez ! En toute hâte, je me suis rhabillé, j'ai sauté par la fenêtre du premier étage dans le jardin, où heureusement la terre était molle. Et je me suis précipité dans ma baraque où j'ai fait semblant de dormir. Quelques minutes plus tard, le gardien est arrivé ; il m'a secoué, menaçant : — Qu'est-ce que tu faisais là-haut ? — Vous devez vous tromper. Je dormais ici. — Je sais tout. Je t'ai vu grimper les escaliers. Demain, tu n'iras pas travailler et tu attendras dans la baraque. Le lendemain, deux membres de la Gestapo, habillés de cuir noir, avec un chapeau noir, sont arrivés en voiture. Ils m'ont immédiatement emmené au siège de leur police à Francfort-sur-l'Oder. J'avais très peur. Je me disais : « Moniek, c'en est fini de toi », et j'ai pensé à mes parents. À Francfort, on m'a interrogé. J'ai simplement reconnu que j'étais monté chez la cuisinière pour qu'elle me donne à manger. On m'a frappé avec un tison. Je me suis évanoui, on m'a fait revenir à moi en m'aspergeant d'eau. Je me répétais à moi-même : « Si tu avoues, tu es mort. » Je savais aussi que Hedwige n'avouerait pas et je n'ai rien avoué. On m'a donné un papier à signer sans que je puisse en lire le contenu, sans doute un compte-rendu de mon interrogatoire. On m'a ensuite emmené dans une prison proche, en réalité un simple baraquement avec des barres aux fenê
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