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Mes vingt ans à l'OSE
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Jenny Masour-Ratner
 
Présentation
« Depuis l'âge de neuf ans, ma vie n'a cessé d'être mouvementée. J'ai vécu deux guerres, deux révolutions et l'occupation de la France par les Allemands. Témoin de mon temps, j'ai bien des choses intéressantes à raconter. » Telles sont les premières lignes des mémoires de Germaine Masourt dont nous publions une partie, la plus historique, celle concernant la guerre et la reconstruction, ses vingt ans à l'OSE. Comme le titre l'indique, son itinéraire s'identifie à l'histoire de l'OSE qu'elle ne quittera qu'au moment de sa retraite. Cette œuvre médico-sociale née à Saint-Petersbourg en 1912, repliée à Montpellier ne pouvait qu'accueillir cette jeune juive russe immigrée d'Odessa. Elle y fera toute sa carrière jusqu'à la fin des années 1970. Son récit est véritablement une
Extrait du livre
Un jour, après les heures de bureau, le concierge répondit à un coup de sonnette pressant. Il vit un homme en uniforme, tenant par la main un petit garçon de neuf ou dix ans, vêtu de l'uniforme américain. Ces visiteurs tardifs furent dirigés vers mon bureau, où j'étais encore en train d'étudier un dossier ; ils venaient tous deux du Havre. L'homme me raconta son histoire : quand l'armée américaine libéra un des camps de concentration d'Allemagne, on découvrit — parmi les adultes — un petit garçon blond aux yeux bleus, maigre mais paraissant solide. Quelqu'un s'approcha de lui, une tablette de chocolat à la main ; l'enfant prit peur et recula. Il n'avait jamais vu de chocolat de sa vie. L'officier connaissait quelques phrases d'allemand ; il demanda si l'enfant était seul, si quelqu'un s'occupait de lui. En recevant une réponse négative, il s'approcha du petit garçon, le caressa et lui demanda de venir avec lui pour manger un bon repas. L'enfant le suivit ; il avait compris qu'il ne fallait plus avoir peur, que tous les hommes en uniforme n'étaient pas méchants et, surtout, qu'on allait lui donner des bonnes choses à manger. Au mess des officiers, tout le monde entoura le drôle de couple que formaient le militaire et l'enfant ; ce dernier devint la mascotte du régiment. On lui fit faire un costume à sa taille et des bottes à ses mesures pour qu'il puisse défiler avec les autres, en petit soldat. Intelligent et doué, l'enfant apprit vite à baragouiner l'américain. Il s'attacha à l'officier qui l'avait sorti du camp et lui demanda de l'emmener avec lui quand il repartirait en Amérique, la guerre finie. Touché par le sort de ce garçon qui avait survécu par miracle, l'officier décida de l'adopter et de partir avec lui aux États-Unis. Le moment du départ arrivé, ils se rendirent au Havre pour prendre le bateau. L'enfant était toujours vêtu de ses habits militaires, qu'il ne consentait pas à quitter. Cet Américain si généreux ne connaissait pas les lois rigoureuses de son propre pays. Quand il présenta son passeport, on lui demanda pourquoi la photo de son fils n'y figurait pas. « Mais ce n'est pas mon fils, rétorqua-t-il. C'est un enfant rescapé d'un camp que je voudrais adopter en rentrant chez moi. — Et de quelle nationalité est-il ? — Je l'ignore. — Je suis né en Pologne », répondit l'enfant. Les adultes qui l'entouraient comprirent qu'il fallait le ménager et adoucir la déception qui l'attendait. On expliqua à l'officier ce qu'était un « quota », qu'on ne pouvait pas emmener ainsi un enfant étranger — toutes choses qu'il ignorait. Le bateau allait bientôt partir. Que faire ? Il y avait dans le port un bureau de l'Armée du Salut qui prit le garçon en charge. Il sanglotait à fendre l'âme, incapable de comprendre pourquoi il devait quitter le seul être au monde qui voulût de lui. Il craignait qu'on le ramène au camp. Quand il fut un peu calmé, l'officier lui expliqua qu'il devait rester pendant quelque temps en France pour obtenir des papiers d'identité, et qu'ensuite il reviendrait le chercher. À l'Armée du Salut, on interrogea l'enfant. On apprit qu'il était juif polonais, que ses parents étaient morts au camp et qu'il avait survécu parce que sa frimousse de type « aryen » avait plu à un SS. Il en fit sa petite « ordonnance », le chargeait de commissions pour ses camarades et lui do
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