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Lettres sur la justice sociale à un ami de l'humanité
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Michel Herland
 
Présentation
Sous forme épistolaire, un professeur voyageur nous fait découvrir les théories de la justice sociale, de l’Antiquité à nos jours. Cet ouvrage précieux et pédagogique n’en est pas moins un essai, conclu par une série de propositions concrètes et argumentées. Il s’agit donc à la fois d’un panorama de philosophes et économistes rassemblés autour de la question de la justice sociale et des positions personnelles de l’auteur, illustrées avec humour et érudition. Proust, Baudelaire et d’autres viennent ainsi égayer un essai aussi convaincant que captivant, à la portée de tous, loin de l’académisme technique, tout en abordant de manière exhaustive lescontroverses entre liberté et égalité, individualisme et justice, de Thomas More à Proudhon, de Platon à Sloterdijk, de Marx à Van Parijs en passan
Extrait du livre
L’égalité des chances ? … toutes les analyses qui précèdent conduisent à cette interrogation cruciale. Puisque la justice sociale – qui va au-delà, rappelons-le, de la garantie à chacun des conditions minimales d’une existence digne – est finalement très proche de la justice commutative de Walras, celle « qui veut que, dans une course il soit assigné à tous les coureurs un même point de départ », l’instauration de l’égalité des chances devient la condition essentielle à satisfaire. Si l’on s’en montre capable, l’idéal de justice sociale prend un sens, si au contraire l’on s’en avoue incapable – parce qu’on refuse d’en payer le prix – tous les beaux discours ne suffiront pas à cacher cette défaite de la morale, de la raison et de la volonté. Cela ne signifie pas qu’il suffirait de vouloir instaurer l’égalité des chances pour y parvenir. On pourrait croire que cet objectif – qui s’impose, à l’évidence, du point de vue de la justice, ce pourquoi il est la tarte à la crème de tous les programmes politiques, à gauche comme à droite – est facile à atteindre : il paraît tellement moins ambitieux que l’égalité réelle… Hélas ! Si l’on se souvient de ce qui a été dit plus haut (lettre 2) l’égalité des chances est elle-même un objectif beaucoup trop ambitieux, du moins si on la prend en un sens absolu. Anéantir complètement l’influence de la famille et du milieu signifierait mettre tous les enfants dans des casernes dès l’âge le plus tendre. On ne voit pas qu’une mesure de ce genre puisse être adoptée où que ce soit dans un avenir prévisible. Il est vrai que l’on peut fonder de grands espoirs, pour l’avenir, sur la programmation génétique mais cela participe d’une conception très hétérodoxe de l’égalité des chances puisque, si cette dernière en sortira effectivement renforcée, cela sera dû non pas à la réduction de l’influence des facteurs sociaux mais à l’égalisation des capacités innées des individus (lettre 10). En attendant, il semble bien que l’on se trouve devant une nouvelle aporie : il faut (au nom de la justice) et il ne faut pas (au nom d’une croyance instinctive et quasi-universelle dans les vertus de cette institution – cf. par exemple supra les attendus du Congrès américains) abolir la famille ! Dans les faits, la force du statu quo aidant, la famille a de longues années devant elle, ce qui signifie que l’on renonce de facto à instaurer la stricte égalité des chances. On se trouve donc contraint d’accepter un compromis et de se rabattre sur une juste égalité des chances (qui respecte dans une large mesure les droits de la famille – l’expression est empruntée à John Rawls mais ce dernier lui donne un sens différent). Si les moyens sont l’objet de débats, l’objectif n’en est pas moins facile à énoncer : réduire l’influence des facteurs sociaux sur la réussite individuelle, autant que faire se peut sans toucher à l’institution familiale. Les moyens à mettre en œuvre sont multiples, mais, comme les trajectoires d’échec se dessinent en général très tôt, c’est incontestablement à l’école – et particulièrement à l’école élémentaire – qu’incombera le plus lourd de la tâche. Reste à savoir comment elle doit s’y prendre. Ce n’est pas le lieu ici de refaire le constat de l’échec du système scolaire français en matière d’égalité des chances...
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