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Mille jours de la vie d'un déporté qui a eu de la chance
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Théodore Woda
 
Présentation
Les survivants de la déportation attribuent souvent à la chance les circonstances dans lesquelles ils échappèrent à une mort certaine. Ils évoquent également l'aléatoire et l'arbitraire qui régnaient dans le système concentrationnaire nazi. Théodore Woda met la chance au coeur de son témoignage car il démontre que, malgré que la destruction de tous les juifs soit programmée par le IIIe Reich allemand, la chambre à gaz ou la mort lente par la faim et/ou les mauvais traitements n'a pas toujours été la fin du parcours du déporté juif. On ne peut pas dire que la chance ait été avec lui lorsque la Gestapo, lors d'un contrôle, l'arrête au seul motif d'être juif, puis le déporte du camp de Drancy par le convoi n° 33.
Extrait du livre
Donc, le 16 septembre, à 6 heures du matin, après une rapide fouille, nous montâmes dans des autobus parisiens, à destination de la gare de Drancy, munis d'un pain et d'une valise contenant quelques vêtements emportés à la hâte. En ce qui me concernait, je partais comme en promenade, n'ayant aucune valise ni rechange, démuni de tout, sauf de mon précieux pain. Mille personnes se retrouvèrent sur le quai de la gare de Drancy et ce furent alors des soldats allemands qui nous encadrèrent. Nous fûmes poussés, pêle-mêle, à cinquante dans des wagons à bestiaux. À l'intérieur se trouvait un seau plein d'eau qui, une fois vidé, servit de pot de chambre. Tout ce monde s'entassa, hommes, femmes, enfants, jeunes, vieux, malades, car pour les besoins de la cause, on avait même vidé l'hôpital Rothschild de ses Juifs malades pour les mettre dans le train. Nous ne pouvions ni nous asseoir, ni nous allonger, ni faire nos besoins. Le trajet dura trois jours et deux nuits. Plusieurs personnes purent jeter par la lucarne quelques lettres aux bons soins de ceux qui les trouveraient. Certaines arrivèrent à destination. Les malades ne pouvaient s'allonger, faute de place, et les autres se relayaient aux deux lucarnes grillagées en haut du wagon. Au bout de deux jours seulement de voyage, l'atmosphère devint irrespirable lorsqu'on se trouvait éloigné des lucarnes. Le 19 septembre, à 11 heures du matin, le train s'arrêta en gare d'Oppeln, en Silésie. Les portes s'ouvrirent enfin et tout le monde descendit. Les Allemands commandèrent aux hommes de 18 à 50 ans de se ranger sur le côté du quai. Les autres purent se soulager et les morts furent évacués des wagons. Les hommes sélectionnés furent priés, à coups de crosse de fusil, de grimper dans des camions. Les autres remontèrent dans les wagons et le train repartit toujours plus à l'est. Ce ne fut que bien plus tard que je sus à quoi j'avais échappé : le train partit à destination d'Auschwitz où tous les voyageurs involontaires furent soit gazés, soit sélectionnés pour les différents Kommandos où ils n'allaient pas tarder à mourir d'épuisement et de faim, et remplacés au fur et à mesure par de nouveaux arrivages en provenance de toute l'Europe occupée. En ce qui me concernait, le camion où je me trouvais s'arrêta une vingtaine de kilomètres plus loin, dans un petit bois de bouleaux où se trouvait un camp. Une cinquantaine de Juifs d'origine polonaise s'y trouvaient déjà qui attendaient notre venue et qui, bien que séparés de nous, nous demandèrent en yiddish si nous n'avions pas des affaires à leur céder. Ils nous recommandèrent de cacher ce que nous pouvions avoir sauvé jusque-là. L'administration du camp était dirigée par un Judenältester (« chef juif »), nommé par les Allemands, de plusieurs Kapos, d'un cuisinier et deux aides féminines et d'un médecin. Tous choisis parmi les déportés juifs polonais. Cette administration était censée diriger les détenus. Elle recevait toutes les directives des Allemands et était là pour exécuter les ordres. Les Allemands relevaient de l'administration pénitentiaire et des SA (sections d'assaut) ou, plus tard, du service auxiliaire de l'armée, car ce camp, comme plusieurs autres par la suite, était placé sous le régime des « camps de travaux forcés », en allemand Zwangsarbeitslager, ou ZAL, uniquement composé de Juifs.
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