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Le Camp de la mort lente
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Jean-Jacques Bernard
 
Présentation
La famille Bernard n'a pas été épargnée par l'occupation allemande : Tristan Bernard, célèbre homme de lettres, arrêté à Nice avec son épouse, n'a été finalement libéré de Drancy qu'à la suite d'interventions d'amis fidèles (Sacha Guitry, Arletty). Son fils, le dramaturge, Jean-Jacques Bernard a subi une terrible captivité dans le camp allemand de Compiègne, où la famine et le froid ont entraîné la mort de dizaines d'internés juifs. Quant à son petit-fils François-René, il n'est pas revenu du camp de Mauthausen où il a été assassiné par les nazis. Jean-Jacques Bernard a été libéré avec quelques autres internés de Compiègne en mars 1942 à l'article de la mort.
Extrait du livre
« Nous commencions donc à nous rendre compte de la sorte de persécution qui nous était réservée. Sauf les deux appels quotidiens, on nous laissait à peu près tranquilles. On ne nous imposait aucun travail. Mais on nous séparait du reste du monde et cela de plus en plus car les barrières se fortifiaient chaque jour entre nous et les camps voisins. Nous n'avions droit à aucune lettre, à aucun paquet ; même les premiers envois que les nôtres tentèrent de nous faire parvenir par la Croix-Rouge furent refoulés. Il y eut alors des envois de la Croix-Rouge collectifs pour lesquels nos familles firent des efforts prodigieux, des envois qui auraient suffi à assurer notre subsistance pendant quelques semaines. De ces envois que parvint-il jusqu'à Royallieu ? De ce qui parvint, on commença par faire quatre parts proportionnelles pour chacun des quatre camps, bien que les trois autres fussent régulièrement ravitaillés. Ainsi, des envois faits pour mille hommes furent partagés, au moins ce qu'il en restait, entre six mille. Et le peu qui parvenait jusqu'à notre camp se traduisait par la distribution d'un biscuit par tête ou d'une demi-orange ou de deux morceaux de sucre. On semblait ainsi faire preuve de générosité en donnant à nos familles l'illusion de nous ravitailler, et tout cela finissait en fumée. Système savant, système raffiné, système de laboratoire. Oui, nous commencions à comprendre : le camp de la mort lente… « Ce fut par l'infirmerie et que nous gardâmes contact le plus longtemps avec le camp des politiques. Pendant un mois, deux de leurs médecins, le docteur Breitman et le docteur Galluin, nous furent affectés. Je n'inscris pas ici ses noms sans reconnaissance. Ils se dépensèrent avec un dévouement merveilleux. Le docteur Breitman venait même fréquemment nous voir dans nos chambrées et y apportait un moral, une bonne humeur, un cran extraordinaires. Et pourtant, arraché depuis de longs mois à sa femme et à ses enfants, il ne cessait d'exalter sa peine intime dans des petits poèmes qui ne manquaient pas d'émotion. Par là seul, il nous montrait le fond de son cœur. Mais son visage, son sourire, son allure étaient un exemple. À ceux d'entre nous qui souffraient trop de la faim, il lui arrivait de passer un biscuit ou un bout de chocolat. Voyant mes mains touchées par les engelures, il me prêta pendant quinze jours des gants de laine ; je n'appris qu'en les lui rendant qu'il n'en avait pas d'autres. Il prêta son pardessus à l'un de nos compagnons. « Si nos voisins politiques souffraient moins que nous ne de la faim, étaient mieux installés, d'autres menaces, en revanche, pesaient sur leur tête, lourdement. Quand les Allemands avaient besoin d'otages à fusiller, ils venaient puiser au camp des politiques de Compiègne. Des hommes étaient appelés que leurs camarades ne revoyaient plus. L'un des médecins m'exprimait cela dans une formule saisissante : « Nous sommes un vivier. » Et pourtant, ces hommes gardaient un moral étonnant. Non seulement ils avaient organisé leur camp en une véritable cité, mais ils faisaient eux-même leur discipline, avec un sentiment de l'entraide poussé au plus haut degré. Beaucoup exerçaient pour la communauté un métier manuel. Les intellectuels donnaient des leçons, faisaient des causeries. Sur le grand terrain qui occupait le centre de Royallieu, des équipes de football s'affrontaient pres
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