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Retour d'Auschwitz
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Guy Kohen
 
Présentation
Ce livre est la réédition du témoignage rédigé et publié par Guy Kohen dès son retour de déportation. Ses souvenirs traumatisants — encore très présents dans son esprit — et le besoin de faire connaître au monde l’inconcevable horreur de la barbarie nazie donnent toute sa force à ce récit. Grâce à sa volonté d’objectivité et à ses qualités littéraires, Guy Kohen nous révèle la réalité des persécutions dont il a été la victime. Que ce soit son arrestation dans la Creuse, sa détention à la prison de Limoges, le camp de Drancy, les conditions de survie dans l’univers concentrationnaire d’Auschwitz et de Monowitz jusqu’à la « marche de la mort » lors de l’évacuation et sa libération, il s’emploie avec une grande pudeur à exposer ce qu’il a vu et subi du seul fait qu’il était juif.
Extrait du livre
Le 10 mars, au petit matin, nous arrivâmes à destination. Des coups brutaux furent frappés aux portes des wagons. L’ordre : « Préparez-vous à descendre », nous fut donné. Puis les portes s’ouvrirent et nous vîmes sur le quai quelques SS, très peu, et de nombreux bagnards. Comment en effet nommer ces gens, entièrement habillés en « rayé », portant un numéro sur le côté gauche de la veste et un autre sur le côté droit du pantalon ? Nous dûmes abandonner tous nos bagages sur le quai. Nous passions tous devant un SS, un très fort gaillard qui tenait une cravache à la main. De temps à autre, il arrêtait quelqu’un, lui posait une question, puis l’envoyait à sa gauche où quelques hommes commençaient déjà à former un groupe. À mon tour, je passais devant lui. « Quel âge as-tu ? » me demanda-t-il. Je répondis : « Vingt ans ». Il m’indiqua du bout de sa cravache ceux qui étaient déjà rassemblés : « Va là-bas ! » La scène que je vécus alors ne sortira jamais de mon esprit, dussé-je vivre cent ans. Tous ces hommes, toutes ces femmes, tous ces vieillards, tous ces enfants, chargés comme du mauvais bétail dans des camions, les cris, les hurlements qui fusaient au démarrage brusque des voitures, les petits qui appelaient « Maman, maman », tout cela la cervelle d’un homme ne peut l’oublier, quelle que soit la force de sa volonté. Je revois une pauvre vieille qui avait été jetée hors du wagon et qui avait perdu ses souliers. Elle se traînait, rudement poussée par un détenu des services d’« accueil », et lui disait : « Monsieur, monsieur, je vous en prie, je n’ai pas de chaussures », mais lui n’écoutait rien ; d’ailleurs, il ne comprenait certainement pas, et la malheureuse, toute couverte de boue, fut jetée dans un camion. Je revois une pauvre vieille qui avait été jetée hors du wagon et qui avait perdu ses souliers. Elle se traînait, rudement poussée par un détenu des services d’« accueil », et lui disait : « Monsieur, monsieur, je vous en prie, je n’ai pas de chaussures », mais lui n’écoutait rien ; d’ailleurs, il ne comprenait certainement pas, et la malheureuse, toute couverte de boue, fut jetée dans un camion. La boue, la terrible boue silésienne ! Que de souffrances nous a-t-elle coûtées ! Quand nous étions obligés de faire des kilomètres, avec des galoches que nous devions arracher à chaque pas de cette nappe épaisse, que de fois l’avons-nous maudite, cette boue, qui ajoutait un surcroît de misère aux pauvres loques que nous étions ! Quand tout fut chargé, les SS s’occupèrent de nous. Nous étions cent dix. Nous prîmes à pied le chemin du KL Auschwitz. Nous rencontrâmes sur notre route de nombreux Kommandos , tant d’hommes que de femmes. Ces femmes étaient polonaises ; elles nous crièrent qu’on allait tout nous prendre, qu’il valait mieux en faire profiter des Häftlinge (tel était le terme qui désignait les internés) et nous mendièrent des cigarettes. Nous fûmes emmenés à la désinfection après avoir traversé cette ville de casernes en briques rouges. Là, des détenus polonais nous tatouèrent notre numéro matricule. J’héritai pour ma part du 174 949. Malgré tout, ce nombre ne devait pas me porter malheur puisque j’ai eu l’insigne chance de revenir.
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