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Le voleur de chiens
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Olivier Liébaut
 
Présentation
Le narrateur se fait licencier, ce qui le conduit rapidement à vivre dans une caravane miteuse en compagnie d'un certain Joseph. Arrivé là, il est en droit de penser qu'il est mal parti dans la vie et que si une idée ne lui vient pas presto, il va toucher le fond du gouffre. Il décide alors d'enlever des chiens et de les restituer contre rançon à leurs maîtres éplorés. Une idée lumineuse qui lui vaudra soixante millions d’ennemis : « Après tout, le chien, c’est un peu le symbole de l’homme ». Comme en plus, il est amoureux d'une fille dont il n'a pas l'adresse, ça ne va pas être facile de devenir heureux…
Extrait du livre
A cette heure matinale, le square était presque désert. Quelques chiens, accompagnés par leurs maîtres, venaient s'y dégourdir les pattes sous l'œil indulgent du gardien qui les laissait gambader sans laisse, ce qu'il n'aurait jamais toléré aux heures des nounous. J'empruntai l'allée en terre battue qui faisait le tour du square. Je marchais en sifflotant, l'air de me passionner pour une écorce d'arbre ou pour un moineau sautillant de branche en branche. Je repérai un Cocker et un Berger belge qui s'amusaient à se battre. Ils bondissaient, se poursuivaient, se dressaient sur leur pattes, grondaient ou se rengorgeaient en offrant leur profil à la manière des chats. J'avançai vers eux, la main toujours dans la poche, serrée sur une saucisse de Francfort. Leurs maîtres respectifs devaient être ces deux messieurs, assis un peu plus loin en vis-à-vis ; l'un des deux lisait un journal, l'autre, que je voyais de dos, se tenait très droit, immobile. Je donnai un morceau de saucisse à chacun des chiens, flattai leur encolure, puis fis mine de m'éloigner, en les incitant à me suivre par de discrets claquements de langue sans jamais cesser d'agiter la pièce de charcuterie qui dépassait de ma poche. Le Cocker m'emboîta le pas le premier. L'autre suivit. Au moment de quitter le square, ils s'immobilisèrent un court instant. Je leur tendis carrément la saucisse, et pendant qu'ils se la partageaient, je parvins à leur attacher à chacun une ficelle au collier en guise de laisse. Nous nous éloignâmes, malgré les sifflements inquiets des deux maîtres qui ralentirent un temps le pas de mes otages. Une pluie fine qui commençait à tomber nous fit presser l'allure. Arrivé devant chez moi, je restai un moment dans le hall, l'oreille tendue, avec mes deux chiens en laisse qui tournaient en rond, la queue basse, et m'emprisonnaient les jambes au risque de me faire chuter. Finalement, ne percevant aucun bruit dans la cage d'escalier, je gravis rapidement les marches et introduisis les deux chiens dans mon nouvel appartement. Je leur donnai à boire et à manger, jouai un moment avec eux, puis, quand je les sentis rassurés, je quittai l'appartement pour aller téléphoner à leurs maîtres. Aucun des deux n'étant encore rentré, je laissai un message peu explicite à une femme de ménage dans le premier cas, et renonçai face à un répondeur téléphonique dans le deuxième. Je rappelai deux heures plus tard. Cette fois, les deux maîtres étaient là. Ils commencèrent par les questions habituelles : « Qui êtes-vous ? que voulez-vous ? » J'expliquai posément : mes ennuis d'argent, le chômage qui s'éternisait, mon amour des chiens qui m'avait donné l'idée de solliciter d'autres amis des bêtes… En face, ils accusaient le coup. Au ton que j'avais employé, on aurait pu croire que je vendais une police d'assurance-vie. C'était un peu ça, du reste. Après une courte pause, mes interlocuteurs me demandèrent si je plaisantais, puis ils éructèrent ou étouffèrent de rage. Je notai cet enchaînement : stupeur, incrédulité, colère… Sans se connaître, ils suivaient la même courbe d'humeur. Comme Monsieur Raffy. On aurait pu la dessiner à l'avance. Marrant. Je ne me laissai pas distraire par cette observation ; moi aussi, j'avais ma partition à jouer.
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