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Désorientales
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Didier Thurios
 
Présentation
A l'âge de cinq ans, Maeva avait posé le pied sur les cinq continents, passé un an sur les routes d'Asie, mangé du chien et grignoté des fourmis avec bonheur. Au moment d'entamer ce nouveau voyage, elle vient de souffler sa dixième bougie… Aller simple pour l'Inde. Grimper dans le premier train venu… Poser un index au hasard sur une carte. Le cœur gonflé d'un air chaud et puissant, une tempête de sable intérieure qui tournoie et pique les yeux, chavire l'âme. Ne pas savoir où l'on sera demain, n'avoir qu'à se laisser bercer par le tatac tatoum des jours. Errer sans but sur un coin de planète, avoir les plus grandes richesses dont on puisse rêver : de l'espace et du temps, et nos steppes intimes à chevaucher sur un balai de sorcière… Un voyage de pauvres à travers l'Inde.
Extrait du livre
AVANT-PROPOS Partance Petite pluie fine sur les carreaux… Dehors, la nuit a encore de belles heures devant elle. Elle s'étire paresseusement, affichant sans retenue ses prérogatives, baignée par les lumières molles de la ville endormie. A quatre heures du matin, janvier impitoyable mord dans les chairs comme pour utiliser ses dernières cartouches. Dans quelques heures, il sera sans effet sur nous, il le sent bien, alors il s'époumone à souffler tout ce qu'il peut de froidure, comme un joueur plumé misant sa montre en or au bout de la nuit, dans un dernier élan désespéré. Sur la route de l'aéroport, une radio périphérique diffuse une musique indienne de circonstance. Pas vraiment indienne, pas occidentale non plus. Quelque chose d'hybride, d'électronique et saccadé dont les DJ de la balle ont le secret. Sitar et synthétiseur, scratch et vocalises sirupeuses, percussions et hurlements félins. Cela pourrait servir d'introduction à l'Inde millénaire, donner un avant-goût d'errance orientale… Ce n'est juste qu'une petite chose à but clairement lucratif, un petit rien supplémentaire dépouillé de sens et d'intérêt, si ce n'est celui de souffler dans le sens du vent glacial de janvier… C'est toujours ce bonheur intense, ce trac inextinguible et foudroyant d'avant-scène. Comme un cadeau trop longtemps attendu que l'on n'osait plus trop espérer et qui est enfin là, au pied de l'arbre. C'est le temps du voyage qui revient, ce temps souverain, celui de la griserie des grands espaces, le temps d'avoir du temps. Temps du dépouillement, temps d'abondance. Celui de se perdre pour mieux se retrouver, le temps de connaître, le temps de s'apprendre, le temps de renaître. C'est le Noël du voyageur : Nous avons un an devant nous pour remplir quelques cases vides comme bon nous semble, dessiner et repeindre les jours aux couleurs intérieures d'arcs-en-ciel inédits… Le minimum nécessaire dehors. Tout dedans. Il est l'heure de déchirer l'emballage… Pourtant, passé l'euphorie première, au moment d'ouvrir le paquet, c'est aussi cet étrange sentiment d'incrédulité et d'étonnement qui grignote, invisible et souterrain. On s'aperçoit qu'on l'a aimé ce temps d'attente, et qu'il faisait finalement déjà partie du voyage. Marivaux disait que l'un des meilleurs moments dans une histoire d'amour est le temps du désir, le temps d'avant l'amour réalisé : le temps du marivaudage, que le vingtième siècle a tant galvaudé… Le temps d'avant le voyage est déjà du voyage… Et on en vient tout à coup à presque le regretter, comme si le cadeau en question, devenu chose palpable et bassement terre à terre, perdait de sa puissance de rêve. C'est donc un sentiment diffus et contradictoire qui pointe le bout du nez, un peu celui dont parle l'otage fraîchement libéré, s'émouvant d'avoir une pensée dénuée de rancœur pour son geôlier. Syndrome de Stockholm du voyageur… C'est ce que peut ressentir le convalescent tout juste sorti d'une longue maladie, étrangement un peu désemparé à l'idée de quitter une ennemie fidèle devenue proche à la faveur de l'habitude. Ecartèlement du voyageur en partance. Pot pourri de sensations éparses… Ensuite, très vite, les automatismes du voyage qui reviennent, l'excitation de l'inconnu, le sentiment d'être dans le même périple que le dernier. Il y a presque six ans… Je me
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