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Solange Sogalen
 
Présentation
C’est arrivé par hasard. Une vie en fait basculer une autre. Ce n’est pas un jeu de quilles mais une histoire de famille, celle qui risque de se répéter des millions de fois désormais. Mais personne n’y pense. La famille elle-même ignore le problème. Elle est seule face à une situation tentaculaire. Alors, à presque 60 ans, elle va tenir son journal, comme une gamine en mal d’amour. Pour tenter de comprendre, pour voir les évolutions : cela la protégera de la folie. Suivons-la dans cet inconnu où seuls évoluent les spécialistes et les patients : plongés dans une réalité jamais décrite, nous voilà entraînés dans un quotidien d’enfermement peuplé d’horreurs, d’énervements, d’humour, de drôlerie, d’émotions, de révélations, de désespoirs, de courage et de problèmes de société.
Extrait du livre
La vie lui avait donné l'air d'une sorcière au fil du temps. Les dents s'étaient toutes barrées en trois mois. Elles devaient en avoir marre de manger sans cesse la même chose, les pauvres. Cette perte irrémédiable et traumatisante l'avait poussé à ne plus sortir pour qu'on ne constate pas sa déchéance. Elle, si fière, si connue dans son quartier. D'un seul coup d'un seul, elle avait disparu aux yeux de son monde.La marchande de tabac, elle, savait qu'elle existait : c'était une grosse cliente, non pas qu'elle soit obèse, mais sa consommation de cigarette l'était. J'avais fait le décompte : elle avait fumé le trajet de la terre à la lune et surtout en équivalence financière, elle avait fumé dix-sept Rolls-Royce. Je détestais les Rolls-Royce. Mais si on me les avait données, je les aurais revendues. J'aurai acheté de la terre et des maisons, comme au Monopoly. Elle, elle avait trouvé le moyen de vendre ses maisons et de fumer les Rolls. Et ça la faisait rire. Pas moi.« Ses petits arabes » comme elle les appelait, la savaient aussi encore en vie. Ils n'avaient pas toutes leurs dents non plus. Mais surtout, un coup de fil et ils amenaient dare-dare des provisions et du Whisky à un prix défiant toute concurrence. Face à ce prix là, Fauchon et Hédiard n'étaient que des minables. C'était un luxe inouï. Au passage ils n'oubliaient pas de prendre un très large pourboire pour le service rendu. « Normal, disait-elle en écoutant mes protestations, ils travaillent toujours aux heures ou plus personne ne veut travailler. Que veux-tu, le monde a bien changé ! Les français sont devenus faignants…».Sous l'impact de la perte dentaire, son menton s'était considérablement agrandi, et creusé d'une fossette centrale. Son nez, qui voulait tout voir, s'était penché vers l'avant. Son incroyable tignasse juste grise foncée, partait dans tous les sens en longues mèches raides qu'elle ne parvenait pas à domestiquer. Bref, il ne lui manquait plus, effectivement, que le balai. Il aurait d'ailleurs mieux valu pour elle qu'elle soit douée pour cet art nouveau comme Harry Potter, car plus les jours passaient, plus son espace se rétrécissait. Du lit à la salle de bain. Du lit aux toilettes. Et retour.Assise au bord de son espace très personnel, tirant invariablement sur cette saloperie de clope, les yeux dans le vague comme pour extraire le seul plaisir de la vie de cette fumée éphémère, elle répondait à peine lorsque je lui parlais. Entre ses deux pieds cachés par des collants épais, s'élevait peu à peu une pyramide de cendres qui s'émiettait à la base sur la moquette neuve. Neuve, c'est vite dit. Elle était déjà constellée, autour de son lit, de cratères noirs plus ou moins grands. La lune à domicile. Comme ses draps et ses couvertures.- Prenez au moins votre cendrier, vous allez mettre le feu !- Les pompiers sont à deux pas, ils auront tôt fait de venir…- Vous pensez parfois aux autres ? Au mal que vous feriez en déclenchant un incendie ? Il y a aussi des enfants dans l'immeuble, vous n'êtes pas seule !- Tu as raison, dit-elle en tirant le tiroir de la table de nuit où était rangé le clopotier pour y écraser son mégot.- Un jour vous mettrez aussi le feu dans la table de nuit…- Arrêtes, tu m'agaces !
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