éditeur
Editeur de livres
             publier un livre, éditer un livre, éditions en ligne, éditeur en ligne, se faire publier, se faire éditer, comment éditer - publier son livre
Librairie
Fiche Livre
Matricule A-16689
Ajouter ce livre à mes favoris
 
Claude Hirsch
 
Présentation
Claude Hirsch est né à Colmar en 1931. La déclaration de guerre pousse sa famille juive alsacienne à gagner l’intérieur du pays. Malgré plusieurs déménagements, Claude et ses parents sont arrêtés en mai 1944, puis emprisonnés au Fort Montluc à Lyon. Transférés à Drancy, ils font parti le convoi n° 76 pour Birkenau où ses parents trouveront la mort. Claude est affecté à Auschwitz III-Monowitz, et connaît bien des aspects de l’univers concentrationnaire nazi. En janvier 1945, l’évacuation et la Marche de la mort le mène à Gleiwitz d'où il est transporté à Buchenwald puis à Dora. En avril, Claude est transféré à Nordhausen bientôt bombardé. Les Américains le libèrent et le rapatrient à Épinal. Un oncle le mène à Paris où il reprend ses études.
Extrait du livre
Après l’évacuation d’Auschwitz III-Monowitz : au camp de Nordhausen en Thuringe. Le lendemain matin, par un temps dégagé, les B-17 revinrent. Les bombes se remirent à pleuvoir, mais cette fois sur notre camp. Voyant la tournure que prenaient les événements et résolu à mourir à l’air libre et non pas écrasé sous les décombres de notre bâtisse, je décidai de sortir. Jetant un coup d’œil vers le ciel, je vis bien sûr les avions, mais aussi une forme humaine tournoyer tout en haut sur fond de ciel bleu, bras et jambes tendus par la force centrifuge. Un appareil avait dû être atteint par la Flak et un homme d’équipage, projeté dans les airs, n’avait sans doute pas eu le temps de faire usage de son parachute. Les lourdes portes d’acier de ce qui restait de notre palais se dégondèrent et furent jetées à bas par le souffle des explosions, écrasant comme des mouches ceux de nos compagnons qui avaient eu le malheur d’être au mauvais endroit au mauvais moment. Soudain, je fus pris dans le fracas d’une violente déflagration et je fus aveuglé par un tourbillon de fumée noire et de gravats qui retombaient après avoir été arrachés du sol. Lorsque j’y vis un peu plus clair, je constatai avec stupéfaction qu’un cratère s’était creusé là où la minute d’avant le sol était plan. Il s’était produit quelque chose d’invraisemblable : la bombe avait éclaté à côté de moi et j’étais vivant. Je passai la main sur mon visage et la ramenai pleine de sang. Un projectile, caillou ou éclat de verre, m’avait entaillé le cuir chevelu. La plaie était superficielle et le sang cessa bientôt de couler. Je m’en tirais avec une égratignure. C’est alors que ce que je vis me remplit d’horreur : au bord du cratère nouvellement creusé par l’explosion et qu’à peine deux mètres séparaient de moi, un homme gisait sur le dos. Un lourd bloc de béton qui avait été arraché par le souffle lui était retombé sur le bassin qu’il lui écrasait littéralement. Le blessé avait survécu et restait lucide. Il hurlait de douleur : au choc qu’il avait subi lorsqu’il fut touché s’ajoutait maintenant la pression que ce bloc de béton de 100 kilos hérissé d’angles vifs maintenait sur son ventre broyé. Réduit par la famine à l’état de squelette vivant, il était hors de question qu’il pût se dégager lui-même. Quant à moi, j’étais trop faible pour tenter quoi que ce soit pour le secourir. Personne ne pouvait rien pour lui. D’ailleurs, il n’y avait personne tout à l’entour. Il resta conscient des heures durant, jusqu’à ce qu’enfin une mort miséricordieuse vînt mettre un terme à ses souffrances atroces. Seule la mort faisait preuve de miséricorde en avril 1945. Ce souvenir me hante aujourd’hui encore. C’est lui qui avait été frappé, c’est moi qui avais été épargné. Quel déterminisme énigmatique avait bien pu guider la trajectoire de ce bloc de béton ? Quels inexpiables péchés le copain avait-il bien pu commettre pour mériter un tel châtiment, quels mérites m’étais-je acquis pour m’en être tiré pratiquement indemne ? Je pense depuis ce jour que le bon Dieu était en RTT bien avant que Martine Aubry ait inventé la chose.
Les avis des lecteurs
Donnez votre avis

éditeur, publier un livre, éditer un livre, éditions en ligne, éditeur en ligne, se faire publier, se faire éditer, publier son livre