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A la vie !
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Katy Hazan et Eric Ghozlan
 
Présentation
En 1945,à la libération du camp de Buchenwald, plus d ’un millier de jeunes Juifs âgés de huit à vingt-quatre ans attendent que l ’on statue sur leur sort. Quatre cent vingt-six garçons, originaires des pays d ’Europe centrale et orientale arrivent en France,pris en charge par l ’OSE (Œuvre de Secours aux Enfants). Être enfant dans un ghetto, avoir connu les camps de travail forcé et pour certains les marches de la mort depuis Auschwitz-Birkenau, c ’est cette part de leur vie chaque fois singulière que 15 anciens de Buchenwald, déportés pour certains à l ’âge de quatre ans, ont accepté de partager avec nous. Ces parcours croisés sont présentés à partir des témoignages audiovisuels, enrichis de documents personnels et des documents d ’archives conservés par l’OSE.
Extrait du livre
Ambloy juillet-octobre 1945 Ce fut un moment privilégié, dans un endroit de rêve, loin du monde, où ces jeunes ont pu commencer à se réparer. Le château appartenait à la famille Merzbach. Il avait été occupé par les Allemands qui avaient, heureusement, laissé intacte la magnifique bibliothèque de livres numérotés des plus grands auteurs français. L’étang dans le parc, perdu au milieu de la verdure, était encore bourré d’explosifs et de vestiges de la guerre. Mais il y régnait, selon Niny, une atmosphère paisible et mystérieuse digne du Grand Meaulnes. La grande activité d’Ambloy reste, pour tous, les séances chez le photographe de Vendôme. Les jeunes y vont au moins une fois par semaine et tous y laissent leurs économies. Ils se font photographier seul, en groupe, à deux, avec leurs plus beaux atours, ou avec leurs pyjamas rayés, avec ou sans cravates, avec ou sans chapeau, comme s’il fallait fixer dans la réalité, ou se prouver à eux-mêmes qu’ils existaient encore. Le groupe des Hongrois, très religieux bouillonne d’activités : cercles d’études, lieux de prières improvisés et cours de kodesh (matières religieuses) se font et se défont au gré du rituel journalier. Certains suivent des cours d’anglais, dans l’espoir de partir en Palestine, d’autres des cours de français. Tous font du sport avec un moniteur de l’OSE, Maurice Brauch. La fête de kippour, la première célébrée depuis leur libération, donne lieu à un débordement de ferveur et d’émotion. Ce fut même l’occasion de débattre de l’opportunité ou de l’interdiction de dire le kaddish (la prière des morts) pour leurs parents. Elie Wiesel et Kalman Kalikstein, forment avec Menashé Klein fils et petit-fils de rabbin d’Ungvar le trio inséparable des talmudistes. « Eté inoubliable dans une atmosphère de colonie de vacances. Pas besoin de discipline : nos directrices obtiennent sans difficulté que « les enfants » respectent la communauté et soient attentifs au bien-être de chacun. Des grands mots ? Ils sont pris au sérieux. Une vie normale est ainsi inaugurée. Plusieurs minyanim (quorum de dix hommes nécessaires pour l’office) se réunissent le matin, des cercles d’étude et de sport sont constitués. (…) Le soir, on allume ici aussi des feux de camp. Le romantique en moi les aime. Ils me ramènent à Fontana, ce village au cœur de la montagne, près de Borshe, où nous passions nos vacances autrefois, avant… Le crépitement des bûches, le jaillissement des étincelles, les chants graves et nostalgiques : on se sent proches les uns des autres. » Les jeunes du mouvement religieux Yeshouroun, venus organiser un camp d’été, permettent une certaine mixité, mais surtout de socialiser progressivement le groupe. Les deux jeunes éducatrices sont remarquablement secondées par deux adultes venus de Buchenwald : Shoën Baachi, hongrois, père de famille, très pieux et Léo Margulis, juif allemand, sage pédagogue, protecteur des petits. Ils servaient tous les deux de médiateurs utiles pour la bonne marche du groupe. Les plus jeunes ont donc deux « mamans » et souvent un grand frère de leur choix, soit Kalman Kalikstain pour Charles et Jacques Finkel, soit Binem Wrzonski qui veillait sur eux avec passion et obstination.
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