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Gwen Denieul
 
Présentation
J’ajoute un mot l’un après l’autre, les secondes s’écoulent. J’entends. Je parle. J’écris. J’écris que je continue à vivre. Je ne pense qu’à cette unique chose. Que les secondes s’écoulent et que je continue à vivre. C’est agréable de penser longtemps à une seule chose. Elle s’attriste en s’étirant. Alors, on peut se coucher dessus. On peut rester triste longtemps couché sur cette triste chose sans que ça fasse trop mal. Il arrive qu’on s’endorme dessus. La main avance toute seule, le mouvement est fluide, les secondes se détachent les unes des autres, je m’achemine l’œil hagard vers le point fixe, vaste, tragique, révélant le décor d’immédiate abondance. Son, odeur, lumière affluent...
Extrait du livre
Mes premières échappées d’enfant se passaient la nuit. A travers les vitres de la véranda, j’observais les arbres secoués par les bourrasques et fouettés par la pluie. Contact humide et froid sur la paume de ma main, vitre battue par l’averse, vitre qui vibre et siffle, regard perdu à la cime des arbres. A chaque bourrasque, je ressens un intense tressaillement le long de la colonne vertébrale. Le sang, le feu, la faim, tout est déjà en place. La nuit encore, cette autre scène primitive récurrente qui à chaque fois me sort de l’engourdissement : moi flottant dans des pièces blanches et traversant des couloirs de verre. Je suis blond et nu comme un vers. Elle aussi. Nous ne sommes pas des enfants banals. Nous sommes seuls et nous sommes libres. Chaque grain de notre épiderme est puissamment sexué. Il n’y a pas d’odeur et aucun bruit ne dérange nos rires clairs. C’est un extrait de vie, un rêve initial. Oxygène, respiration profonde, corps fleurissant dans l’éther. Enfin, les peaux satinées s’effleurent. Je suis alors violemment secoué par mon tout premier orgasme, une longue extase incomparable, d’interminables secondes de coït atmosphérique. La suite sera dégénérescence organique, absorption d’une encombrante éducation à mesure que mon âme se vide. Je pensais qu’évoluer, c’était se perdre. Je m’accrochais obstinément au silence de mes nuits. J’étais persuadé qu’au bout de la vague et de son grondement, en me laissant glisser sur le sable, j’étreindrai à nouveau des chairs humides et satinées. Munich, 1996. Parfois, des pointes inopinées de lucidité me dévoilent l’angoissante vision d’ensemble. Vingt-trois ans et un constat limpide : ma vie n’est qu’une succession de ratages, d’occasions perdues. Vingt-trois ans et déjà marre de m’accompagner. Les milliers de matins où je devrai traîner ma carcasse du lit au bureau s’étalent dans le gris sombre. Bien programmé, je soulèverai mon corps de bête de somme et je lui ferai prendre le chemin de pénitence, avec un gros attaché-case dans la main, comme je trimbalais mon cafard d’adolescent studieux, la tête penchée, les yeux embués de fatigue. Mon nez va finir par racler le sol. Pendant les dix prochaines heures, absolument rien ne se passera. Nouvelle journée de tâches absurdes et insipides. Je pense à notre avenir glorieux. Dans un siècle, fuiiit ! tous ces braves gens stressés, pressés sans raison que je croise aujourd’hui, allez hop ! balayette pour tout le monde ! Et tu peux toujours te brosser pour que quelqu’un te regrette plus d’un an après le partage des biens. 9h-19h : je bouffe sans douleur le temps qui passe, un long rot pour conclure la journée. Le soir, mon cerveau est en charpies. Le bus me porte jusqu'à chez moi. Arrivé à l'appart, je dévore trois saucisses blanches garnies de pâtes pour réalimenter la chaudière. Puis je mets les Sex Pistols à fond les ballons et m’affale sur le lit. Il m'arrive parfois de sangloter en écoutant les imprécations rageuses de Sid Vicious. Pour parfaire le boulot, je me grille plusieurs Peter Rouge par longues bouffées pénétrantes. Se détruire l’organisme pour précipiter l’inhumation. Je suis la preuve, vivante (?), qu’il est possible de se renier tout à fait. J’imagine mes anciens amis habiter de vastes pièces circulaires et chanter les louanges d&#
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