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Manuel de survie à l'usage d'un prof de banlieue
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Véronique Bouzou
 
Présentation
Chaque année de nombreux jeunes diplômés font le choix de devenir profs, par vocation. Certains d'entre eux se retrouvent, de gré ou de force, à enseigner dans des zones dites "sensibles ". Derrière ce pléonasme se cache le plus souvent une réalité assez sordide. Entre délinquance, difficultés d'insertion et problèmes familiaux , pas toujours facile pour le jeune prof de se faire entendre de ses élèves. Patience, démagogie ou sévérité ne suffisent plus. D'où l'idée de ce Manuel de Survie afin que les profs de banlieue ne baissent plus les bras et ne renoncent pas à exercer l'un des plus beaux métiers du monde qu'est la transmission du savoir d'une génération à l'autre.
Extrait du livre
Ce jour-là, nous avons bien pris soin de fermer les vitres du car. Le véhicule suit une allure constante à travers la ville et nous, jeunes gens âgés d’une vingtaine d’années, nous restons collés à nos fauteuils, envahis par des sentiments mêlés d’anxiété et de curiosité malsaine. Des tours grisâtres pour tout panorama et quelques femmes voilées nous regardant passer. En guise de fleurs, des antennes paraboliques parsèment les balcons et le haut de ces bâtiments. Des débris de verre dispersés autour de cabines téléphoniques saccagées me font vaguement penser à des sculptures et des peintures d’art moderne qui remportent les critiques dithyrambiques des soi-disant connaisseurs artistiques. Puis notre circuit à travers les rues se fait plus mouvementé. Quelques jeunes intrigués par notre présence inopportune sur leur territoire nous lancent quelques propos avenants que nous parvenons à percevoir malgré les vitres closes : « bâtard, va niquer ta race ! » Etrange coutume pour souhaiter la bienvenue à des étrangers ! Mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises : aux paroles succèdent les actes. Des projectiles venus de nulle part sont lancés dans notre direction. Des œufs s’abattent sans compter sur notre moyen de transport qui prend soudain l’apparence d’un char de carnaval. Mais pour moi, il représente bien plus : une protection sans laquelle je me sentirais bien démunie… Nous roulons un vendredi après-midi, jour de marché. Le car doit faire demi-tour. Le chauffeur nous met en garde : « à l’avenir, ne laissez jamais de véhicules en stationnement dans cette zone : les vols et les dégradations sont monnaie courante ici. » Mais que sommes-nous en train de visiter ? Un quartier de haute sécurité d’une prison réputée dangereuse ? J’avoue que je ne reconnais pas dans cet environnement hostile des signes familiers qui pourraient me réconcilier avec cet univers : d’un côté la nonchalance des aînés vêtus de longues tuniques, de l’autre, l’agressivité presque maladive des jeunes couverts de vêtements de marque, à se demander s’ils ne travaillent pas pour une agence de publicité ! Nous circulons en territoire ennemi, voilà bien le message que nos hôtes ne se gênent pas de nous adresser. * J’ignorais que dans un pays qui se prétend être une démocratie, il pouvait encore exister des zones de non droit et j’espère ne jamais m’y habituer ! D’ailleurs, cette expression, zone de non droit, ne doit pas être, ne peut pas être ! C’est un non-sens ! Elle ne veut rien dire ! Admettre son existence, c’est reconnaître que la loi a cédé la place à la force, ce qui expliquerait la prolifération des textes juridiques, lesquels finissent par s’avérer inapplicables à cause de leur complexité ou de leur délai d’application. Pourtant des lois, il en existe et plus qu’il n’en faut pour faire régner l’ordre et la justice dans ce pays. Alors pourquoi ne sont-elles pas appliquées par tous ? A qui profite le crime ? Existe-t-il des lobbies de gangsters qui rodent dans les sous-bois, dans l’ombre et qui tirent les ficelles ? Je me plais à croire que non et je rêve d’une société où il n’y aurait nul besoin de clé pour fermer la porte de sa voiture ou de sa maison, nulle barrière invisible pour délimiter des territoires de droit ou de non droit…
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