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TROP EN AVANCE...
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Denise Virlogeux
 
Présentation
Trop en avance? Oui et non! Trop jeune, trop intuitive, trop sensible sans doute pour analyser ce qui se passait autour de moi; j'en ai beaucoup souffert. Alors que notre jeunesse actuelle, la petite enfance même, les 3-4 ans oui, savent tout sur les bébés, la fabrication, la gestation, la naissance, voilà quatre-vingts printemps, nous ignorions beaucoup de choses. La Cigogne apportait encore les bébés! Trop en avance? Non, vraiment, je ne sais pas. Que de souffrances, de rancoeurs évitées, si j'avais su... Et adulte? Pourquoi tant de jalousie à tous les niveaux? J'entends ma petite voix intérieure me dire: "c'est de ta faute!". Oui, sans doute; je suis toujours allée trop vite aux devants et au secours des autres...
Extrait du livre
La jalousie ? Peut-être peut-elle expliquer beaucoup de ces choses que je ne comprenais pas ! Oui, mes parents étaient jaloux. Ma mère sans doute bien plus que mon père. Au printemps, ils s’étaient séparés… ; trop de jalousie ! Mais mon père s’était mis à genoux devant le juge à la conciliation, la vie avait repris son cours jusqu’à la déclaration de guerre. Août 1914 : le temps des adieux : je devais naître neuf mois plus tard ! Ma sœur chérie, Noëlle, avait cinq ans et demi de plus que moi et comme nous ne connaissions ni câlins, ni caresses, ni tendresse, nous n’avons jamais cessé d’être proches, d’être les véritables amies qu’on nous interdisait d’avoir. Je nous revois toutes les deux ; mon premier souvenir d’enfance ! J’ai trois ans, elle huit et demi. Je suis devant le poêle, le corps entier plongé dans la lessiveuse. Sur une chaise tout à côté de moi, la serviette chauffée devant la cuisinière est là pour accueillir mon petit corps détrempé. Et moi, petite chose brûlante de la fièvre de cette vilaine pneumonie qu’on laisse ainsi de longues minutes, à mariner. Ma sœur doit me tenir la tête pendant que ma mère me plonge dans l’eau. On donnait des bains à l’époque comme remède ! Mais ce médecin qui fut reconnu fou avait aussi ordonné qu’on ne me donnât point à boire ! J’avais tellement soif que je profitais de la fatigue de ma grande sœur pour plonger ma tête dans l’eau et boire, oui boire l’eau de la lessiveuse ! Heureusement pendant les périodes de guerre, on rencontre parfois des exilés, des prisonniers et c’est grâce à l’un deux que j’eus la vie sauve ! Un médecin russe - qui avait remplacé le médecin fou, avait fait mettre un lit dans la cuisine, au chaud, au sud, au soleil, afin que je me réchauffe. Il m’a sauvée ! Octobre 1918. Notre village au cœur des mines du Bourbonnais voit revenir les hommes partis depuis quatre ans. Mon père est parmi eux. Ce père tant attendu, tant espéré, tant imaginé revient enfin à la maison et je vais faire sa connaissance. Mais les retrouvailles ne sont pas celles que j’avais imaginées. Non ! Je revois ma tendre sœur venir à lui, bras tendus, cœur offert et il la prend dans ses bras. Il lui sourit. Elle est gaie. Comme je l’envie. Alors à mon tour ! Vers lui je m’élance, je souris, je tends les bras, tout comme Noëlle. Mais il ne me sourit pas, il ne me prend pas dans ses bras, il ne me fait pas de câlin. Il me dit : « Ta sœur est ma fille. Mais toi, tu n’es pas ma petite fille ! » Pas sa petite fille ! J’étais si heureuse de voir que Noëlle était enfin regardée, que mon père s’intéressait à elle, un peu plus que notre mère, et j’avais cru qu’étant la plus petite, je serais encore plus câlinée. J’avais cru, mais je m’étais trompée. Et de ce jour, je sus que je n’étais sans doute pas aussi aimée que ma sœur aînée. Et que je ne devais pas attendre plus de douceur de mon père que de ma mère. Alors comme tous les enfants, je me suis adaptée ! Je me suis habituée à ne plus réclamer cette tendresse qui ne me serait pas donnée. Je ne manquais de rien de matériel, j’étais propre, bien habillée, je mangeais toujours à ma faim. Certes ! Mais la tendresse… j’allais la chercher chez Marie, notre voisine. Elle était gaie Marie et elle avait un frère Frédéric, avec lequel j’avais promis de me marier. Je n’ai jamais rien su de ce qu’il était devenu, mais Marie nous a évité bien des
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