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Murmures d'enfants dans la nuit
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Rachel Chetrit-Benaudis
 
Présentation
Nous étions des enfants sages. Nous allions à l’école. Les rues et les jardins publics accueillaient nos jeux. Nous nous croyions comme les autres. Puis la nuit s’est abattue sur nous, une nuit remplie de cauchemars et de frayeurs, d’arrachements et de vides. Nos existences n’étaient plus balisées mais jetées aux quatre vents. Que se passait-il ? Des trains porteurs de mort sillonnaient les pays, des hommes furieux et cruels nous pourchassaient, des inconnus nous prenaient par la main et nous cachaient toujours plus loin de nos foyers déserts. Nos noms changeaient, l’oubli de notre identité, le renoncement et les refuges secrets s'imposaient.
Extrait du livre
Il n'y a pas si longtemps, nous étions encore dans la vie. Nous avions le droit d’entrer dans le jardin public, d’y jouer à tous les jeux, ou de nous asseoir sur un banc et d'écouter grand-mère nous raconter des histoires étonnantes : « Le monde est trop petit pour nous. Aucun pays ne nous a gardés longtemps ». Elle disait qu'elle était née à Sarajevo, en Yougoslavie. Quant à grand-père, il venait de Hongrie. Ils s’étaient rencontrés et mariés à Salonique. Grand-père connaissait plusieurs langues, il étudiait les textes sacrés tous les soirs. Elle disait encore que Salonique était appelée ‘la petite Jérusalem’, et qu'il faisait bon y vivre toutes les fêtes ‘entre nous’. Elle ne se lassait pas de raconter le ciel bleu, la mer, la grande maison blanche et son jardin plein de fleurs de toutes les couleurs, les voisins, le Chabbat, et les voix des prières qui s'envolaient vers le ciel avec le chant des oiseaux. Il y avait aussi le vent chaud et les senteurs de figuiers et de citronniers, mêlées à celles de la mer et aux odorants plats du Chabbat. Quand elle parlait, on voyait et on sentait. Nous étions alors loin du square, des rues grises, des gens aux mines sinistres et de la peur qui commençait à monter en nous.[...] Demain nous quitterons la maison. Une personne viendra nous chercher pour nous conduire quelque part vers une destination inconnue. Dorénavant elle devra s'en remettre à l'O.S.E et surtout au bon Dieu. Maurice et moi, nous devons surveiller les petits, être très sages, et surtout ne pas laisser pleurer le bébé trop longtemps à cause des voisins. Elle a d'ailleurs préparé son biberon. Comme répète la concierge chaque fois qu'elle nous voit tous ensemble : « On n'a pas idée de faire tant d'enfants en période de guerre ! » Maman sort, elle a vraiment l'air très inquiet. Une fois seuls, nous recommençons à nous battre pour rire, Marcel et Rachel se jettent aussi sur nous. Bébé Albert éclate de rire en nous voyant, puis il se met à pleurer. Il a sûrement faim, Marcel va chercher son biberon et le lui donne. Nous ne nous battons plus. Il nous semble que maman est partie depuis très longtemps. Nous commençons à nous impatienter, quand soudain, elle pousse la porte et rentre toute essoufflée. « J'ai bien failli ne pas rentrer, dit-elle sans plus d'explications. Dieu est avec nous ! »
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