éditeur
Editeur de livres
             publier un livre, éditer un livre, éditions en ligne, éditeur en ligne, se faire publier, se faire éditer, comment éditer - publier son livre
Librairie
Fiche Livre
Le portail ouvert
Ajouter ce livre à mes favoris
 
Pascal Jourdan
 
Présentation
Il y a toujours un monde qui commence et un monde qui finit, chacun sait : il n’est que d’appeler celui de notre enfance. Quelques vestiges seulement demeurent. Dans ce recueil de nouvelles, le portail s’ouvre – en grinçant - sur un monde qui se réduit comme peau de chagrin. C’est celui de la petite exploitation rurale, souvent sise, au gré d’un chemin de traverse, dans des endroits assez reculés. Le refrain est connu : quand les vieux s’arrêtent, personne pour prendre la suite. Le métier est dur ; il n’est pas rentable. Si ce monde brûle de ses derniers feux, sa flamme reste belle cependant. Elle éclaire des vies remplies où la cocasserie peut côtoyer le drame le plus sordide, sans aucun souci de la règle des trois unités. Je parlais « d’endroits assez reculés ». Mais au fond, mon
Extrait du livre
Enfin, au ralenti, l'auto pénètre dans la cour de la fermette et stoppe devant la porte de la cuisine. Une porte à meneaux, vaguement disjointe, qui a toujours frotté sur le carrelage. Crissement écrasé des gravillons sous la gomme des pneus. Regard fourbu, indécis, du chauffeur sur le brise-bise écru. - Dieu sait depuis quand ce rideau est là... Du vivant de ma mère... Du temps où je n'étais encore qu'un petit campagnard pestant après l'école... Le regard glisse alors sur le bas de la porte que les violentes pluies de l'hiver, par ricochets, ont maculé de boue. L'homme semble hésiter, inspire un grand coup et dépliant lentement son mètre quatre-vingt dix, pousse la portière, sort et s'étire - voluptueusement. C'est comme si la fatigue des trois cent cinquante kilomètres qu'il vient d'avaler s'en allait de lui, par morceaux. Il regarde les vieux murs de pierre où le treillage serré de la vigne vierge gonfle ses bourgeons teintés de rose. Cà et là, les premières feuilles se sont défroissées, pareilles à de petites mains ouvertes. Dans le hangar béant pourrissent quelques balles de foin.Une vieille herse rouille au mitan. Des mauvaises herbes courtes et rêches se sont déjà risquées dans la cour. Tout sent l'absence et l'abandon. Il ne peut s'empêcher un sourire triste, à voir comme la ligne racée de son bolide flambant neuf, parcourue de luisances fugaces, tranche avec cet environnement vieillot. Depuis la mort de son père, en novembre dernier, c'est la première fois que Stéphane revient aux Ouches. Vendre, il ne s'y résolvait pas. Presque chaque soir, autour du repas, il en discutait avec sa femme. Un soir, Cathy a fini par lui poser la main sur l'épaule et avec tendresse: - Prends deux ou trois jours de congé, va voir. Après, tu décideras. * La clé grince dans la serrure, le pêne joue en couinant un peu. Deux petites notes discordantes qui lui triturent le coeur. Du pied, il cherche à écarter un escargot baveux qui allait entreprendre l'ascension de la porte. L'escargot résiste, cède, roule sur le côté. -Cathy, oui, il faudrait l'appeler, lui dire que je suis bien arrivé. Le portable? Dans boîte à gants, sans doute... Plus tard, plus tard... D'abord, dans la pénombre, c'est une odeur particulière, reconnaissable entre toutes. Certes, de vagues relents d'humidité, de renfermé. Mais, au-delà... L'huile de lin dont sont imprégnés les carreaux de terre cuite et tout ce qui vient du buffet, dans le fond : les épices, la confiture et le café. Toutes ces senteurs, mélangées depuis des lustres, la pomme aussi, habitent à jamais la cuisine et font l'odeur capiteuse de son enfance, les veillées quiètes, le bonheur discret... La confiture? Eh bien oui, c'était le péché mignon de son vieux père! Il aimait çà, faire les confitures, touiller dans une vieille bassine de cuivre bosselée les fruits rouges, les mûres, la rhubarbe. Il faisait des confitures de tout. Veuf depuis plus de dix huit ans, il s'activait encore, à quatre-vingt deux ans sonnés, au-milieu de ses ustensiles comme un marmiton au moment du coup de feu. Ca et les quelques litres de goutte qu'il tirait chaque année de son espèce d'alambic, il n'en fallait pas plus pour le rendre heureux comme un gosse... C'est le facteur qui l'a trouvé un matin de brume, gisant à l'angle de la façade. Il l'avait d'abord pris pour un gros sac. Quand descendant de mobylette, il s'est approché, le vieux Joseph serrait encore dans sa
Les avis des lecteurs
Donnez votre avis

éditeur, publier un livre, éditer un livre, éditions en ligne, éditeur en ligne, se faire publier, se faire éditer, publier son livre