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Au centre de l'infini
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Xavier Ribot
 
Présentation
Adam, jeune artiste plasticien, n’a plus le moral : sa dernière exposition n’a pas eu de succès ; il vient d’apprendre que son père est pédophile, chose que tout le monde savait sauf lui, et enfin : sa petite amie l’a quitté, n’appréciant pas la façon dont il réagit face à la perversion de son père… Après "Mémoires d’un nouveau-né", l’auteur s’attache ici à rédiger une chronique au cœur de l’art, avec cette idée que l’artiste plasticien est au centre de tous les choix possibles.
Extrait du livre
Adam sortit du bureau de tabac avec un paquet de Chesterfield dont il ne parvenait pas à retirer l’enveloppe de cellophane. L’ongle de son pouce grattait là où une languette ne demandait qu’à se soulever pour libérer le plastique protecteur. Finalement, dans les angles, il accrocha un repli, le souleva avec soin puis glissa l’allumette chargée de mettre le feu à sa première cigarette: le bâtonnet déchira l’invisible pellicule. Cela faisait bien un mois qu’il n’avait pas fumé. Aujourd’hui, c’était nécessaire pour décompresser les sentiments accumulés dans les poumons. Quelques respirations profondes, tirées par la braise, chasseraient la déprime; avec les volutes grises repartirait l’invasion d’idées noires et de souvenirs pas moins obscurs qui le travaillaient depuis peu. Il glissa tout contre l’embouchure de ses narines la cigarette, à plusieurs reprises, afin de bien s’imprégner de son parfum. Les agents chimiques qui composaient malicieusement la saveur de ce petit bout de plaisir blanc ne l’effrayaient pas plus qu’une pincée d’épices dans un plat exotique. Il aimait cette odeur-là chaque fois qu’il la découvrait mais, passé deux ou trois cigarettes, la magie olfactive n’opérait plus. Il s’assit tout en haut des marches du théâtre, adossé au mur, jambes calées pour recevoir les bras en appui. Fatigué ! Adam ressentait un vide fatigué, il ne pouvait plus continuer avec ce sentiment d’abandon qui le saignait. Toutes les valeurs acquises prenaient le chemin du non-retour, le goût des choses se refroidissait, les amis s’éloignaient et les conversations se tarissaient. Une sorte de nuit approchait qui disait que les espaces immenses de son sommeil le libéreraient des tensions. L’esprit ne réagissait pas mais rejetait déjà la tête en arrière afin de surveiller l’obscurité du ciel. Le regard cherchait le moyen d’évanouir la turbulence des sensations qui habitaient la région du cœur. Une grosse vague s’était jetée sur lui, il ne parvenait pas à émerger de son tumulte. Les dernières productions de l’atelier vacillaient autour de son refus de faire des images du corps pour n’en garder que des traces essentielles comme la couleur chair. Il y avait eu la forme du corps, longiligne, travaillée sur des lais de papier peint, avec des huiles juteuses, abondamment diluées au white spirit. Les surfaces se brossaient nerveusement, accrochant les pigments par traînées de poils. Les courbes chargées de délimiter les surfaces corporelles surgissaient de sa mémoire, aussi bien visuelles qu’affectives. Adam avait caressé ses références, ses modèles hommes ou femmes (il préférait le mot référence car l’autre terme renvoyait à une tradition de face à face qu’il ne pratiquait pas). Il avait couché avec ses désirs avant que des peintures ne les traduisent. Les cuisses, les hanches et les épaules jouaient leurs équilibres dans les muscles qui saillaient au-dessus des os. Ses mains avaient palpé les décrochements, elles avaient goûté les protubérances doucement tendues sous la peau, elles connaissaient les contractions anatomiques, nées de l’effort : des petites boules de chairs gourmandes de vitalité, attachées par des ligaments métalliques. L’artiste aimait poser la pulpe de ses doigts dans les fibres des muscles au repos: il en remontait le cours, il en percevait la puissance gorgée de souplesse. L’eau du corps abreuvait les tensions, amortissait la rigueur
Les avis des lecteurs
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14.10.2009
Ceci n'est pas un livre, c'est un chant d'amour, une oeuvre d'oeuvres, un seau de peinture crème couleur chair jeté à la figure du monde, donnant épiderme et vie aux créations de notre plasticien.
14.10.2009
C'est la Genèse d'une oeuvre expliquée aux béotiens, un incroyablement riche et intime voyage offert par l'artiste, qui nous donne en partage les clés de sa création, de sa perception du monde sensuel et spirituel.
14.10.2009
Le récit explose ainsi, tranquille et puissant, et engloutit de sa fractale végétale et tropicale générosité un drame qui se déroule en coulisse, stigmatisant le créateur de notre propre créateur : son père.
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