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La ville sans nom
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Ceretti Gallo
 
Présentation
Qui est vraiment Antoine Bianchi ? Ce jeune corse débarquant à Marseille en 1938 fut-il un petit escroc ou un résistant ? Un mafieux ou un visionnaire ? Un syndicaliste ou bien tout simplement un assassin ? 50 ans d'une prodigieuse ascension où la trajectoire personnelle d'un beau jeune homme coïncide étrangement avec le déclin d'une ville. La ville sans nom est l'histoire romancée d'une cité exaspérante et exaspérée : Marseille.
Extrait du livre
Antoine Bianchi avait débarqué à Marseille de son île natale, trois jours avant l’incendie du plus grand magasin de la ville, Les Nouvelles Galeries. La traversée sur le «Sampiero Corso» lui avait à peine paru pénible, même s’il avait passé une nuit glacée sur le pont du bateau, une chaise longue pour tout couchage. A l’aube, son dernier rêve encore en tête, il avait entrevu la silhouette irréelle du Château d’If, le fort où fut enfermé pendant dix ans ce comte de Monte-Cristo qui avait si longtemps hanté son imagination de petit garçon solitaire. Mais ce qui l’avait le plus surpris, c’était l’ampleur de la baie. Il n’avait jamais rien vu de tel ; le golfe du Valinco, à Propriano, lui apparaissait même étroit. Ceux qui affirmaient que la baie de Marseille était la plus belle du monde avaient donc raison ? Accoudé au bastingage, ce matin d’octobre 1938, il ne douta pas que sa vie se jouerait ici. Ses dix-huit premières années, il les avait vécues à l’ombre des maisons hautes de Sartène, son village de Corse-du-Sud. Des années rythmées seulement par les rituels familiaux à peine bousculés par quelques morts prématurées, comme celle de son père. Il aima tout de suite Marseille. Ses odeurs, d’abord, qui lui sautèrent au visage : de poisson, de sel et de pernod renvoyées par le mistral. Ses bateaux partout et de tous les pays. La frénésie débordante des quais, les caisses de produits exotiques que l’on y déchargeait, les bistrots d’où jaillissaient des flots imagés d’une langue qu’il n’avait jamais entendue que de la bouche austère de l’institutrice du village, et surtout une modernité qu’il ne soupçonnait pas : des wagons par dizaines, des grues gigantesques et, d’un seul coup d’œil, autant de voitures que dans toute la Corse ! Cela aurait pu l’effrayer si son oncle Dominique qui l’attendait ne l’avait immédiatement conduit dans un univers à l’aspect plus familier, les rues étroites du quartier du Panier, à deux pas du Vieux-Port. Un village coincé sur une butte, berceau historique de la ville, entre les nouveaux bassins de La Joliette vers lesquels se tournait désormais l’avenir de la cité et le port originel où avait accosté presque 2600 ans plus tôt le fondateur phocéen de Marseille, Protis. Le mythe voulait que le marin grec découvrit une crique qui ressemblait à sa patrie. Accueilli par des ligures peu farouches et déjà habiles commerçants, il s’installa au bord de la calanque du Lacydon, le roi des environs le conviant même à un festin où sa fille Gyptis devait choisir parmi les chefs assemblés son futur époux. Mais c’est vers l’Hellène à la beauté radieuse qu’elle tendit la coupe nuptiale. Comme toujours à Marseille, le temps avait effacé la vulgarité des faits pour n’en retenir qu’un habillage légendaire. Il n’y eut ni roi, ni coupe, mais un vénal chef de tribu qui vendit sa fille et un lopin de terre contre quelques verroteries.
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