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L'insociable sociabilité
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Katerine Aske Kimberley Page-Jones
 
Présentation
Ce volume de Transversales constitue le sixième volet des travaux de spécialistes des études sur le dix-huitième siècle français et britannique. Dans le cadre d’un projet de la Maison des Sciences Humaines de Bretagne (MSHB), « La sociabilité en France et en Grande-Bretagne au siècle des Lumières : l’émergence d’un nouveau modèle de société », ces chercheurs tentent de redéfinir les modes opératoires de la sociabilité pour chacune des deux nations, à partir de sources célèbres ou méconnues, et s’interrogent sur la réalité de la supériorité du modèle français de sociabilité. Les articles de cet ouvrage invitent à repenser la sociabilité et l’acte de socialisation par le truchement des notions de conflit et d’antagonisme. Selon Georg Simmel, c’est bien le conflit en tant qu’ « action réciproque entre les hommes » qui va permettre la création d’une « voie qui mènera à une sorte d’unité même si elle passe par la destruction de l’une des parties ».
Extrait du livre
Cet ouvrage s’inscrit dans la poursuite des travaux engagés dans le cadre d’un projet sur les formes, vecteurs, espaces et représentations de la sociabilité en France et en Grande-Bretagne au cours du long dix-huitième siècle, projet soutenu par la Maison des Sciences de l’Homme en Bretagne. Après avoir examiné dans les volumes précédents les vecteurs d’une nouvelle forme de sociabilité (vol. 1), ses enjeux, qu’ils soient de l’ordre de la thérapie ou de l’esthétique (vol. 2), ses espaces (vol. 3), ce qui la met en crise (vol. 4) et, enfin, ses représentations au théâtre, dans les correspondances et textes littéraires (vol. 5), le volume 6 de la collection « Transversales » souhaite engager une réflexion sur la fonction du conflit et de l’antagonisme à l’œuvre dans les formes de sociabilité et sur l’effet de ces forces qui, de prime abord, peuvent être perçues comme désocialisantes. Le volume 4 proposait en outre de mettre en relief les aspérités sociales (l’égoïsme, le désir de pouvoir, la mélancolie) qui doivent être gommées pour que l’appartenance au groupe social puisse être actualisée. Comme le souligne Allan Ingram dans la conclusion de ce volume, « Sociability : missing the mark », si l’une des fonctions de la sociabilité est de préserver l’apparence d’unité du groupe, le fait d’achopper, d’être en marge, que ce soit par maladresse, paresse ou provocation, permet d’exposer l’artifice de ces structures ou organisations et de dénoncer leur caractère contraignant qui se révèle être un frein à l’épanouissement personnel. Le volume 5 s’est ainsi attaché à définir cette « sociabilité de la marge », qui est aussi une remise en question des codes et des valeurs qui fondent celle qui préside aux échanges dans les salons londoniens ou les clubs. Refusant une « sociabilité érigée en art de composer en société », certains écrivains choisissent de s’exclure de ces cercles ; les relations épistolaires (celles de Samuel Richardson ou de Marie du Deffand) ou les romans (Tristam Shandy (1759), Clarissa (1748), The Monk (1796), The Abbess (1798)) qui naissent de cette réclusion sont non seulement une manière de pointer du doigt l’hypocrisie sociale mais aussi de réfléchir à une « sociabilité plus juste, plus égalitaire, plus démocratique ». Cette nouvelle forme de sociabilité, plus créative, personnelle et littéraire, s’ouvre conjointement à un public plus large et diversifié grâce notamment à la scène théâtrale et à la publication des correspondances et des romans. Toutefois, comme l’indique Annick Cossic dans la conclusion du volume 5, la visée universaliste de la sociabilité qui se dessine dans certaines œuvres tend à omettre le caractère contingent dans lequel elle s’inscrit. La sociabilité peut difficilement faire l’économie du contexte politique et du processus historique ; et si on l’envisage à l’aune du politique, elle peut se lire comme agent de contrôle, permettant une régulation de l’individu par l’état, ou comme force transgressive permettant au contraire de dessiner de nouveaux espaces de liberté.
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