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(Post) colonisation - (Post) migration. Ces allemands entre Allemagne et Roumanie
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Gwenola Sebaux
 
Présentation
Dans l’Allemagne contemporaine vivent des Allemands « différents » des nationaux : les Souabes du Banat. Dans l’ouest de la Roumanie vit encore, au début du XXIe siècle, une minuscule minorité allemande. Qu’est-ce qui unit et sépare ces « autres » Allemands ? La communauté allemande du Banat, forgée au XVIIIe siècle par la politique de colonisation habsbourgeoise aux confins de l’Empire, a connu dans la seconde moitié du XXe siècle une scission profonde et irréversible, avec la rémigration de la plupart de ses membres en terre ancestrale allemande. L’enquête contrastive inédite sur cette minorité révèle une extraordinaire continuité de l’identité allemande : littéralement fixée par l’entreprise colonisatrice au XVIIIe siècle, mythifiée au XIXe siècle, et cristallisée dans la tourmente des guerres du XXe siècle – aujourd’hui réinventée. Cette étude questionne et éclaire la question de l’identité et de l’imaginaire national.
Extrait du livre
La volte-face de la Roumanie, un an avant la fin de la guerre, va sceller le destin des Allemands de Roumanie. Le 23 août 1944, le roi Michel démet le maréchal Antonescu de ses fonctions. La Roumanie rejoint les Alliés contre l’Allemagne. Le soutien au Reich allemand accordé par une partie des Allemands du Banat, et la résistance, parfois tardive, restent aujourd’hui encore peu traités par l’historiographie. Un tract de « l’Organisation anti-hitlérienne allemande » daté du 25 août 1944, fait pourtant état (en termes militants) d’une culpabilité assumée : Travailleurs, paysans et intellectuels allemands ! Nous assumons aujourd’hui les conséquences de notre passé. Nous sommes aujourd’hui partout, à juste titre, entourés de méfiance et d’hostilité. Les peuples souabe et saxon ont une grande part à la pénétration de l’hitlérisme en Roumanie. Ce sont eux qui ont permis aux nazis de pousser la Roumanie […] au bord de l’abîme. […] Allemands ! Seuls peu d’entre nous ont compris les tâches du temps présent. Sous l’influence de l’hitlérisme, nous avons commis une lourde faute à l’égard du peuple roumain. […] Avec juste raison, les peuples attendent de nous que nous soyons les premiers à éradiquer de nos rangs les coupables. Nous ne pourrons restaurer la confiance des nationalités qui vivent avec nous, qu’en nous joignant avec détermination à leur combat pour la libération. […] L’hitlérisme nous a poussés à de graves crimes. La lutte contre l’hitlérisme, seule, peut faire de nous des hommes intègres. L’Armistice avec l’Union soviétique est signé le 12 septembre 1944. 50 000 Souabes du Banat s’enfuient d’abord devant l’avance de l’Armée rouge en Roumanie, en passant les frontières hongroise ou yougoslave. En janvier 1945, environ 75 000 Allemands de Roumanie, dont quelque 33 000 Souabes du Banat, sont déportés en Union soviétique pour le travail forcé : les femmes âgées de 18 à 30 ans, et les hommes de 17 à 45 ans, sur la base de listes établies dès l’automne 1944 ; ouvriers, bûcherons, cordonniers, maçons, agriculteurs, ramoneurs, boulangers, peintres, commerçants… : nul n’est épargné. À cet effet seront utilisées également les listes de « citoyens de Roumanie d’origine ethnique allemande » qui « se sont enrôlés dans la Wehrmacht et sont rentrés chez eux après le 23 août 1945 » . Le nouveau gouvernement roumain, sous l’autorité du Premier ministre Nicolae Rădescu, s’incline ainsi devant la volonté de Staline, qui réclame de la main-d’œuvre pour la reconstruction soviétique : l’État roumain perd à son corps défendant une main-d’œuvre qualifiée . Les premiers transports, en wagons à bestiaux, quittent Temeswar le 18 janvier 1945 pour rejoindre les bassins miniers ou industriels de l’Ukraine ou de l’Oural, où la plupart des personnes « mobilisées et internées » (selon la terminologie soviétique) travailleront jusqu’en décembre 1949 . Certains d’entre eux, en particulier les malades, seront reconduits directement en Allemagne (en zone soviétique), et non en Roumanie : leurs tentatives de revenir illégalement dans le Banat se sanctionnent par l’internement dans les prisons roumaines . Quant aux camps de l’Archipel du GUPVI, le second grand système concentrationnaire soviétique, le taux de mortalité y est aujourd’hui estimé à plus de 25%.
Les avis des lecteurs
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20.05.2017
excellent ouvrage, extrêmement documenté et bien construit, extrêmement instructif, le résultat de vingt années de travaux et recherches sur le terrain, retraçant l'histoire de l'existence allemande sur le territoire roumain
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