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Façons d'endormis II. Le sommeil dans l’art contemporain
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Véronique Dalmasso, Stéphanie Smalbeen
 
Présentation
Dormir est un besoin essentiel auquel l’homme se soumet en partageant le temps vécu entre éveils et endormissements. S’endormir conduit ainsi la vigilance à sa suspension, guide le repos du corps et concède à la conscience des pertes. Dormir est alors le moment où l’inactivité physique s’exprime. Le sommeil semble s’opposer à la vivacité des façons de l’art. Cependant, ses représentations soulignent une métaphore de la création artistique forgée depuis la vacatio de Marcile Ficin, issue de la pensée néoplatonicienne de la Renaissance. L’esprit se libère de ses affairements journaliers pour un état susceptible de recevoir l’inspiration, l’imagination ou l’énergie nécessaires aux gestes de la création artistique. Le sommeil fait osciller les paupières mais concerte-il des attitudes opposées ? Peut-il être dynamique et créateur ? Comment dès lors faire façons d’endormis ? La journée d’étude Façons d’Endormis articulée avec deux expositions a exploré les différentes formes que revêt la représentation des sommeils dans l’art contemporain.
Façons d’Endormis, temps 1, février 2013, au FRAC de Picardie. Façons d’Endormis, temps 2, mai 2013, à la Fondation Francès de Senlis.

Contributions de Sabine Cazenave, Véronique Dalmasso, John Didier, Stéphanie Jamet Chavigny, Jean-François Robic, Géraldine Sfez, Stéphanie Smalbeen, Stéphane Vérité, Carol

Egalement disponible, "Façons d'endormis 1" : http://www.manuscrit.com/Book.aspx?id=14358
Extrait du livre
Extrait du texte de Géraldine Sfez : « Sous le regard de l’artiste. Les Dormeurs de Sophie Calle ».

2. Postures du corps, techniques du corps. Aux photographies prises chaque heure s’ajoute en effet un questionnaire dans lequel Calle tente de faire parler ses hôtes de leur sommeil. Elle leur demande ainsi s’ils ont des rituels pour s’endormir ; si les portes doivent être ouvertes ou fermées ; comment ils qualifieraient leur sommeil etc. La pratique de Calle dans Les Dormeurs, associant analyse, observation et questionnaire, est presque celle d’une anthropologue ou d’une sociologue. Elle reprend d’ailleurs à travers sa typologie des postures des corps endormis une notion développée par le sociologue Marcel Mauss : celle des « techniques du corps » . Ces techniques –qui se distinguent des techniques qui font usage d’outils et d’instruments- représentent la façon dont les hommes, dans chaque société, se servent de leurs corps. Selon Mauss, chaque société a ses propres habitudes et les gestes, les postures du corps qui s’y déploient ne sont pas « naturels » mais constituent des « montages physio-psycho-sociologiques de série d’actes » . Ces trois dimensions entrent en jeu pour façonner nos gestes et nos pratiques, même les plus quotidiennes, même celles qui semblent les plus « naturelles » comme marcher, se reposer, dormir. Mauss explique ainsi qu’il existe toutes sortes de techniques de sommeil et qu’en ce sens penser que la notion du sommeil serait « quelque chose de naturel est complètement inexact. » Certaines sociétés n’ont rien pour dormir, et peuvent même dormir debout, tandis que d’autres s’aident de différents instruments (couverture, hamac, matelas, oreiller...). Le dispositif mis en place par Calle reprend ainsi cette idée qu’on ne dort pas partout de la même façon, que le sommeil est une activité sociale, qu’il existe des habitus du corps endormi.

3. Affect et plaisir esthétique. Mais à y regarder de plus près, ses photographies ne peuvent être réduites à une simple démarche expérimentale qui se voudrait scientifique. Elles révèlent au contraire, et tout particulièrement les gros plans, une forme d’affect et de plaisir esthétique ; comme cette photo d’un pied dépassant de la couette et pris en gros plan, évoquant ces pieds que l’on voit au premier plan de certains tableaux du Caravage. Ou encore ces photos saisissant toutes les marques de lascivité que peut dégager un corps endormi : bras relevés, chevelures défaites, visages enfouis sous l’oreiller, ou encore lit vide dont les draps froissés gardent la trace des corps. Il n’est pas non plus indifférent que tous ces gestes qui relèvent d’une certaine histoire des formes se trouvent associés à des reproductions de peintures classiques représentant des nus féminins allongés. On aperçoit en effet, dans certaines photographies, des cartes postales punaisées sur le mur de la chambre et on y reconnaît certaines toiles célèbres comme l’Olympia de Manet (1863) ou l’Ophélia de John Everett Millais (1852). C’est finalement dans cette filiation-là que l’œuvre prend toute sa dimension. On a rarement interrogé l’œuvre de Calle dans son rapport à l’histoire de l’art parce qu’elle s’est sans cesse prés
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