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L'Europe coloniale et le grand tournant de la Conférence de Berlin
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Christine de Gemeaux, Amaury Lorin
 
Présentation
Organisée par le chancelier allemand Otto von Bismarck, la Conférence de Berlin se tient du 15 novembre 1884 au 26 février 1885.
Elle précise pour l’Afrique les conditions de la colonisation entre les différentes nations européennes : l’Allemagne, la Grande-Bretagne, la France, la Belgique, les Pays-Bas, l’Espagne, le Portugal et l’Italie. L’ère coloniale connaît alors sa plus forte expansion jusqu’au déclenchement de la Première Guerre mondiale. Dans quelle mesure s’agit-il d’un tournant historique dans les relations entre l’Europe et l’Afrique et, plus largement, ses Autres ? Les années 1880 marquent-elles de ce fait une rupture ou bien la Conférence est-elle un élément de continuité de l’espace-temps arrivant à son terme avec les événements de 1914 ?
Une perspective comparatiste et pluridisciplinaire inédite permet de mettre en lumière les convergences et les divergences apparaissant dans les motivations, les discours et les critiques alors exprimés par les principaux pays participants et les échos qu’ils rencontrent outre-mer : un regard essentiel pour mieux appréhender l’un des événements les plus marquants de l’histoire du monde à la fin du XIXe siècle et qui n’en finit pas d’interroger l’actualité.
Extrait du livre
Au cours de l’hiver 1884-1885 se tient la Conférence de Berlin, organisée par le chancelier Bismarck. À la fois connue et méconnue, souvent appelée à l’époque « Congo Conference » ou « West Africa Conference » en anglais (« Kongokonferenz » ou « Westafrika- Konferenz » dans les sources allemandes), elle a exercé une influence déterminante tout à la fois sur l’histoire de l’Afrique contemporaine et sur le cours des colonisations européennes contemporaines. Elle méritait, à ce double égard, qu’on se penchât sur ses enjeux et ses conséquences. Elle aboutit en effet à établir les conditions du « partage de l’Afrique » entre les différentes nations européennes (principalement l’Allemagne, la Grande- Bretagne, la France, la Belgique, les Pays- Bas, l’Espagne, le Portugal et l’Italie), même si la notion de partage est discutée par l’historiographie. Quoi qu’il en soit, l’ère coloniale va alors connaître sa plus forte expansion jusqu’à l’éclatement de la Première Guerre mondiale (1914-1918) et la redistribution des cartes du pouvoir. Les années 1880 et cette conférence marquent- elles une rupture, ou bien la Conférence est- elle avant tout un élément de continuité de l’espace-temps, qui arrive à son terme avec les événements de 1914 ? Il s’agit notamment de déterminer, dans une perspective comparatiste, en quoi et dans quelle mesure la Conférence de Berlin constitue un tournant dans la dynamique coloniale européenne (1878- 1914), c’est-à-dire un moment capital suite auquel la donne et « le cours des choses » diffèrent nettement de la situation antérieure. Peut-on, dans ce contexte, parler d’« Empire colonial européen » ? Cette interrogation est à l’origine du présent ouvrage, dont les auteurs constatent que si la recherche présente fréquemment l'Europe comme une entité identifiable face aux espaces coloniaux ; un empire qui se définirait et se construirait lui-même par rapport aux pays colonisés, cette perspective est également discutée et contestée. Y-a-t-il véritablement cohérence interne à « l’Europe coloniale », ou s’agit-il d’une simple addition de différents empires voisins et rivaux ? Dans quelle mesure les congrès internationaux – qui nous intéressent ici au premier chef, d’abord avec le Congrès de Berlin (1878), puis essentiellement avec la Conférence de Berlin (1884-1885) –, associés aux expositions internationales et coloniales qui proliférèrent en Europe de la fin du XIXe siècle aux années 1930, ont-ils permis « non seulement de construire et affirmer des notions communes de race et de civilité, mais aussi d’établir dans le même temps un lien entre la création d’une notion consensuelle d’Homo europeanus et les sentiments profonds d’appartenance nationale » et européenne ? Poser ces questions revient à s’interroger sur « L’Europe et ses Autres ». Selon Gayati Chakravorty Spivak, « l’Europe s’est [en effet] consolidée elle-même en définissant ses colonies comme ses Autres, des Autres ethnologiques et politiques, au moment précis où elle les constituait et en faisait des images programmées proches de son « moi souverain » pour pouvoir les administrer et étendre ses marchés ».
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