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Art et création chez Théophile Gautier
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Ana Clara Santos, Maria de Jesus Cabral
 
Présentation
Admiré par Baudelaire et Mallarmé, Théophile Gautier n’est plus vu aujourd’hui comme le « génie limité » dont l’affubla Lanson au début du XXe siècle. L’effervescence des études critiques de ces dernières décennies a bien rendu justice à l’œuvre d’un écrivain à la fois idolâtré et marginalisé par ses contemporains. La présence de Théophile Gautier au Portugal, du fait soit du nombre de traductions, soit de l’impact de son imaginaire sur les artistes lusophones justifie pleinement que l’on s’y attache et que l’on accorde à cet écrivain une place au sein de la collection Exotopies. Les études présentées ici portent aussi bien sur des écrits romanesques notamment les récits fantastiques et quelques récits de voyage, que sur d’autres facettes de l’œuvre de Gautier moins retenues par la critique, tels que les rapports de la création gautierienne avec d’autres manifestations artistiques : avec la peinture, le théâtre ou la danse. Elles éclairent les contours de sa vision du monde et de ce qu’il appela la « transposition de l’art ». Oui ! Gautier assume son temps. Mais il l’assume en s’évadant.
Extrait du livre
Nul ne saurait aujourd’hui contester la richesse de la pensée comme de l’œuvre de Théophile Gautier, dans ses soubassements historiques, théoriques, esthétiques, développée tout autant en vers qu’en prose, en littérature comme en peinture, en pages de critique littéraire aussi bien qu’artistique et musicale. Né en 1811, à l’apogée de l’empire napoléonien, et disparu soixante et un ans après, dans une France déchirée par des guerres extérieures et des conflits internes, Théophile Gautier n’est pas un écrivain politique à l’instar d’un Hugo ou d’un Lamartine ; il avait toutefois conscience du rôle public de l’artiste, comme le montre son engagement au sein de la troupe hugolienne contre l’académisme, lors de la célèbre bataille d’Hernani (1830). Il gardera la nostalgie de ces premiers élans, écrivant, à la fin de sa vie : « ce gilet rouge ! Je ne l’ai mis qu’une fois et je l’ai porté toute ma vie ! ». Fidèle à l’esprit romantique par ses inquiétudes, par sa hantise du mystère et ses thèmes les plus significatifs, il a dépassé le mouvement et impose à son siècle cet art « magnifique, total et solitaire », célébré par Mallarmé dans « Toast funèbre » (1873), composé à sa mémoire. En vérité, dès 1833, ce poète impeccable à qui Baudelaire dédiera ses Fleurs du Mal, en 1857 – à la croisée des chemins avec la modernité de Madame Bovary –, faisait la satire des excès romantiques, de leur lyrisme déchaîné, comme plus tard il raillera l’exacerbation des Jeunes-France. Adhérant à l’art pour l’art et en dépit des sympathies clairement manifestées envers les parnassiens tels que Leconte de Lisle ou Théodore de Banville, Gautier abhorre l’esprit d’école. Indéniablement rétif aux doctrines réalistes ou naturalistes, c’est la coexistence de plusieurs tendances qui retentit de son œuvre, plus que les querelles idéologiques ou littéraires. Pris, dès son adolescence, dans le double mouvement de la peinture et des lettres, le poète est avant tout fasciné par la magie des formes et des couleurs, essentielles au processus créatif. Ce sont elles qui se glisseront dans son œuvre, maniées avec la sorcellerie évocatoire de celui qui s’affronte aussi bien aux lumières du jour qu’aux errances de la nuit, qui sait donner la parole aux mythes et aux légendes, mais aussi aux spectres ou autres esprits muets ou animés, nous rappelant, en tout cas, qu’ « en littérature, les œuvres ne sont rien sans la grâce ». C’est peut-être le la de sa création entière ; c’est sans conteste un de ses principaux défis : (re)lire l’œuvre dans son ensemble, même si la postérité aura surtout reconnu l’auteur du Capitaine Fracasse ou sa vocation de voyageur. Dans des pages célèbres de sa Recherche, Proust avouait n’avoir lu, enfant, que ce seul récit de « Théo », comme l’appelaient ses amis, et n’estimait pas qu’il pût découvrir un jour sa « pensée entière ».
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