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Otto gerry Fischl
 
Présentation
Lorsqu’il rédige son Journal, Otto Gerard Fischl (né en 1929) est un adolescent juif en pleine croissance caché avec sa famille. Celle-ci a été rattrapée en France par l’idéologie qui lui avait fait fuir Prague (Tchécoslovaquie) en 1938. Grâce à des contacts, sa mère a rencontré à Paris leur sauveur, M. Stacke, un compatriote d’origine catholique, père de famille nombreuse, implanté dans un village de Charente, Salles-d’Angles. Celui-ci accepte de donner refuge à Otto et à son petit frère, Lixi (Alex), qu’il reçoit le 14 juillet 1942 alors qu’à Paris se prépare la rafle du Vél’ d’Hiv’. Leurs parents les rejoignent quelques jours plus tard. Otto ne commence toutefois son Journal que le 19 octobre 1943. Ainsi nous introduit-il dans tout ce qui anime sa « captivité » qui a duré plus de deux ans. Pour tromper l’ennui et l’angoisse d’être dénoncé, Otto confie à son Journal avec acuité, intelligence et humour, la vie tumultueuse de la maisonnée, agitée par les rapports conjugaux des Stacke, mais aussi ses nombreuses lectures, les nouvelles de la guerre, et ses réflexions qui parfois touchent à la philosophie. Ce Journal évoque naturellement celui d’Anne Frank tant les parallèles sont là : l’âge, les origines d’Europe Centrale, l’instruction et les valeurs humanistes, la confrontation à la situation d’être cachés en famille avec « les autres », le sens de l’observation des enfants qui s’exerce sur ceux qui les entourent et les fascinent, sans omettre l’aspiration au monde extérieur.
Extrait du livre
1er juin 1944 Après avoir fait une longue pause [de 23 jours, ndréd], je reprends la plume. Pendant ces deux mois, notre situation n'a pas changé d'un atome. Plusieurs fois, des hôtes de Jarnac sont venus nous voir et après s'être ennuyés quatorze jours, ils ont déclaré qu'ils reviendraient dans un mois, et tout le monde était content. M. Stacke crie toujours, mais un peu moins, sauf l'autre jour où Mme s'est trompée et a donné un li-tre d'huile au contrôleur d'assurances au lieu de le donner au percepteur. Nous avons un abri de 1,90 m de profondeur sur 5 m de longueur et 1 m de largeur, quatorze jours de travail. C'est une dure bataille que nous avons gagnée, car M. Stacke ne voulait pas faire d'abri. Franta « pomme de terre lait caillé » n'y a même pas touché, il travaille encore moins qu'avant. Sans cela, nous sommes tous bien portants, Mme engraisse visiblement et est ronde comme un tonneau. Édouard approche, plus que trois mois. La sœur vient toujours nous donner des leçons, de plus en plus dégoûtée des Anglais, et je commence à l'être aussi. Car que font-ils ? rien, rien et rien, et avec cela ils veulent finir la guerre. Il est vrai que l'offensive aérienne est terrible, le nombre des victimes aussi . La chaleur est très forte, plus de 30 °C à l'ombre. J'ai de la lecture assurée pour trois mois au moins. J'ai trouvé quelqu'un qui a toutes les œuvres de Dumas. Je joue aux dames avec K qui, après avoir per-du plus de 11 parties de suite, m'a déclaré qu'il est inutile de l'inviter désormais, je n'ai plus de partenaire. J'ai même battu plusieurs fois un monsieur qui a battu un champion. Nous n'avons plus de lumière, c'est-à-dire qu'il est défendu de se servir de la lumière sous peine de mort. Ce qui m'ennuie le plus, ce n'est pas notre situation, non, c'est d'être obligé d'aller coucher avec les enfants et même avant les enfants. C'est une honte pour moi, mais que faire ? Enfin, après la guerre, je me dédommagerai. Et la vie continue, et la terre tourne, et pas de changement, cela fait presque deux ans que je suis là. Combien de temps cela va-t-il durer ? Dieu seul le sait. Pourtant, chaque heure, chaque jour, des milliers d'hommes meurent et pourquoi ? Quelle rage ont ces hommes pour se détruire mutuelle-ment, à quoi cela servira-t-il dans dix ans ? Des vil-les entières détruites, des monuments d'une valeur incalculable et irremplaçables perdus et pourquoi tout cela ? Pourquoi les nations ne vivent-elles pas unies et solidaires dans la paix ? Pourquoi des guerres ? À quoi servent-elles ? À conquérir un pays et à le restituer plus tard ? Mais combien de morts, de blessés, d'invalides à jamais mutilés il a fallu pour arriver à ce piètre résultat, cela on ne l'envisage pas. L'Allemagne a conquis la Russie presque entière, l'a reperdue, cela a coûté des mil-lions d'hommes morts pour rien et ainsi l'Allemagne perdra tout ce qu'elle a conquis après avoir sacrifié la nation tout entière. L'ambition aveugle perd les peuples, voilà mon opinion sur la guerre, et je crois que si tout le monde pensait comme moi, fini les guerres. Mais assez sur ce sujet, que les hommes fassent ce qu'ils veulent. M. Stacke vient de partir, j'espère que c'est pour longtemps. Pour aujourd'hui, c'est fini. À demain.
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