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Séville, ici ou ailleurs
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Laurence Olsson
 
Présentation
Une femme sans passé déambule dans les rues de Séville. Professeur de français, elle ne garde que peu de souvenirs de son ancienne vie parisienne. À la dérive, étrangère à elle-même, elle ne trouve de consolation que dans les bars où elle s’enivre d’alcool et de flamenco. Il ne suffirait que d’une rencontre pour la sauver de l’errance. Une vie sans saveur dans l’effervescence de l’Espagne : Laurence Olsson joue des contrastes pour retranscrire avec beaucoup de sensibilité la détresse psychologique de son héroïne. Tombée sous le charme de l’Espagne, Laurence Olsson Moinot vit à Séville depuis trois ans. Elle publie ici un premier roman inspiré par ses promenades dans les cités andalouses.
Extrait du livre
Elle pose son bras sur le bord du comptoir. Il lui tend son paquet de cigarettes. — Ce sont des brunes, dit-il. Elle en prend une. Vous êtes courageuse, dit-il. — Quelques fois, répondit-elle. Sans attendre de sa part d'autres remarques, il se met à raconter comment la lune qui éclairait le dernier combat de Don Rodrigue a porté à notre connaissance les circonstances de sa mort. — Pressé de toute part par une armée bien plus nombreuse que la sienne, il eut l'idée malheureuse de coller son flanc au marais d'où ne pouvait surgir l'ennemi, dit-il, et les Maures, animés d'un esprit de conquête tel que la défense ne pouvait l'égaler, firent si bien qu'ils le forcèrent à aller toujours plus avant dans le marais où son cheval perdant pied s'enfonça lentement. Ce ne sont pas les guerriers qui l'ont tué mais le marais lui-même où il se retrouva embourbé. Il sentit l'eau monter contre ses cuisses et passer sous son armure. La lune éclairait la scène, les guerriers le regardaient disparaître et pas un, par égard à sa valeur, ne tira une flèche. Son corps de plomb disparut bientôt entièrement. On dit alors que la lune se cacha derrière les nuages, jetant un profond voile d'obscurité sur la campagne. Un linceul. C'était l'hiver et l'eau n'avait pas gelé bien qu'il fît froid. Pouvez-vous imaginer quelles furent les dernières pensées de cet homme qui se voyait mourir et savait qu'avec lui l'Espagne Wisigothique, qu'il n'avait cette fois pas su défendre, disparaissait ? Comme les larmes lui venaient aux yeux, elle dit : — Rodrigue, je le connaissais bien. Il tressaillit, incertain de l'avoir bien entendue. Il leva alors les sourcils mais elle avait repris son verre et buvait une autre gorgée de whisky. Ses yeux étaient vagues, elle ne voyait rien de ce qui l'entourait. Elle était au champ de bataille. Il reprit : — Pouvez-vous imaginer la Séville d'alors ? Il n'en reste rien. Elle fit oui de la tête et cette fois encore, il douta qu'elle répondît à sa question ou confirmât son affirmation. — Le bois disparaît, dit-il encore, il pourrit, il se défait comme un corps dans un marais. Elle respirait lentement. — C'est vrai, dit-elle, seule la pierre reste. Le fleuve… Elle n'acheva pas sa phrase. Il ne semblait pas souhaiter qu'elle parle davantage. Déjà il reprenait la parole et se lançait dans un long discours qu'elle écouta, suivant des yeux les amples mouvements de ses mains car, quand les mots ne lui suffisaient plus, c'est avec elles qu'il dessinait dans l'espace de longues phrases silencieuses et, comme l'ancienne ville déroule ses ruelles tortueuses, chacune d'entre elles convergeait malgré ses détours vers le point unique où était sa pensée, une fontaine, quelques orangers, un banc pour s'asseoir, un instant de lumière pour donner à l'âme fatiguée le repos nécessaire à la réflexion. Chaque fois qu'il s'arrêtait, sa main s'ouvrait et était une invitation à la pensée tandis que ses yeux noirs demandaient une approbation. Elle hochait la tête, ils restèrent un instant en silence puis il repartit plus loin avec d'autres mots. Si le bar n'avait pas dû fermer, ils seraient restés ainsi toute la nuit, assis l'un en face de l'autre, buvant par à-coups quelques gorgées de whisky. Mais le garçon baissa les lumières, ils se levèrent.
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