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La photo de Sivry
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Claire Montaclair
 
Présentation
Le 3 août 1952, lors d’une démonstration de moissonneuses-batteuses à Sivry-Coutry, en Seine-et-Marne, André Petit, étudiant en médecine dentaire rencontre Annie Barnier, fille d’agriculteurs de Valence-en-Brie. Ils construisent une vie sereine et harmonieuse jusqu’au jour où André recrute Camille pour l’assister à son cabinet. Ce garçon fantasque et mystérieux cache un terrible secret qui va bouleverser la vie d’André. Au delà de l’intrigue parfaitement menée, cette histoire dépeint en toile de fond la mutation de la société dans la France de l’après-guerre.
Extrait du livre
3 Août 1953 Un an déjà, mon amour, tu m'apparus telle une reine déposée au milieu des chaumes par le soleil. Tu avais un chapeau de paille cerclé d'un ruban rose et bleu. Tu étais entourée de jeunes filles, belles mais tu étais la plus belle d'entre toutes. Je ne savais pas d'où tu venais ni qui tu étais. Tu semblais m'ignorer, indifférente à mon arrivée. Tu étais belle et l'odeur fraternelle de paille coupée semblait émaner de toi. Tu as si peu parlé que le son de ta voix s'est imprégné à mon tympan en rêve subliminal. Cette voix sonnait le clair et la pureté. Tu étais belle et tes paroles, même rares, suffisaient à occulter le brouhaha de la foule et des moissonneuses. Fier, je faisais comme si de rien n'était, comme si tu étais transparente et je m'appliquais à m'entretenir avec tes deux compagnes, bien plus loquaces que toi. Marianne et Annie me parlaient comme si elles m'avaient toujours connu, et c'était bien commode. Mais toi, reine des blés mûrs, tu fixais vaguement l'horizon d'un regard rêveur et ton beau sourire me narguait de sa supériorité. J'étais terrassé, terrorisé par cet attrait si brusque et si irrationnel. Tu étais belle et il faut bien le dire, au milieu de ce monde, il n'y avait plus que toi. … Cela fait un an déjà que j'ai vu au milieu de milliers de personnes l'unique beauté de mon cœur. Mon cœur…. Il était serré. Je ne pensais déjà plus que les photos pourraient nous réunir à nouveau. Tu ne sais peut-être pas combien j'ai pu effleurer de mes doigts ton effigie sur le papier glacé, combien j'ai serré sur ma poitrine ce film ténu mais si plein de toi. Un an déjà, pas plus que cela. Et déjà tu souffres de moi. Je suis indigne pour l'amour. Est-ce que je pourrais seulement changer ? J'aimerais que tu restes à jamais ma petite reine des blés, créature de féerie qui si souvent et si longtemps troubla mon sommeil. Mais peut-être ne suis-je pas fait pour tant de pureté et d'ingénuité qui sont ton apanage, peut-être suis-je un incorrigible bourreau qui de deux doigts écrase sa victime comme on agirait avec un vulgaire insecte. Je me dis non, non, et je sors la photo de Sivry soigneusement enfouie dans le tiroir de ma table de nuit. Je reprends espoir. Conserve toi aussi ce cliché sur ton cœur et tu sauras que quoi qu'il arrive, mon amour est des plus profond. Souviens-toi, tu étais belle comme l'apparition du bonheur au-dessus de la plaine. Tu te dois d'être encore belle dans la femme que tu deviens, épanouie comme une rose aux pétales chatoyants. Telle est la vision que je voudrais avoir lorsque je reviendrai. En attendant, je serre toujours la photo sur ma poitrine. Baisers d'un roi à sa belle.
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