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Quand un soleil meurt
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Maxime Haja
 
Présentation
Le récit croisé de l'aventure communautaire de Madeleine Leroy dans les années 60 et de l'enquête d'investigation d'un jeune universitaire nous plonge dans le tourbillon du temps. Le récit d'une tranche de vie imprimé dans les mémoires d'une ex-hippie s'enchevêtre au parcours initiatique d'un jeune étudiant en histoire. Les interrogations, les doutes, les rêves de la jeunesse de l'un se reflètent étrangement dans ceux de l'autre. Au cœur du torride été méditerranéen, les vieux secrets enfouis vont ressurgir et nous emporter dans la mélancolie des souvenirs.
Extrait du livre
Ce soir là, j'avais décidé de m'isoler dans ma tente. Cela faisait deux semaines déjà que je vivais vingt quatre heures sur vingt quatre avec la communauté. Même si tout se passait à merveille j'avais ressenti durant la journée un besoin d'introspection. Je profitai de cette soirée solitaire pour lire. J'entamai «Sur la route» de Jack Kérouac, un auteur que je ne connaissais pas. Ici tout le monde ou presque l'avait déjà lu. J'entendais à travers les minces murs de tissu de ma chambre les clameurs du dehors. Comme chaque soir, quelques chanteurs donnaient de la voix. Ils entonnaient des mélodies, où l'on parlait d'amour et de paix. Leur chant se mêlait aux accords métalliques qui résonnaient dans les caisses en bois des guitares. A l'intérieur, on devait discuter de tout et de rien, des corvées du lendemain ou de la dénucléarisation de la planète. Tous m'avaient accueillie avec enthousiasme. Il est vrai que les premiers jours m'avaient quelque peu déroutée. J'avais en particulier été étonnée par l'absence de pudeur de certains membres qui se promenaient nus, sans que cela ne gêne personne. Il devait y avoir ici près de deux cent personnes qui cohabitaient harmonieusement. Chacun savait ce qu'il avait à faire pour la bonne marche de l'ensemble de la structure. Tout cela était inédit pour moi. Durant la journée je travaillais quelques heures dans les champs ou dans l'atelier. Le reste du temps je discutais et je visitais les lieux. Je ne connaissais pas encore tous mes «colocataires», ni tous les recoins de ma nouvelle demeure, que tous ici appelaient «le village de Daniel». Carole, la jeune Suisse avec qui je m'était liée d'amitié, m'avait promis de me faire visiter ce que je n'avais pas encore découvert par moi-même. Elle venait de Lausanne, elle était tombée amoureuse de Samuel, un proche de Daniel, qui faisait office d'intendant du village. Daniel lui se contentait de gérer le coté «spirituel» de la communauté, rappelant à qui voulait l'entendre les préceptes qui nous avaient rassemblés ici. Il répétait souvent:«Ceci n'est qu'un début, un jour nos rêves seront réalité». Ce soir là, je lus jusqu'à une heure tardive, jusqu'à ce que plus aucun son ne me parvienne de l'extérieur. Je refermai Kerouac, enfilai mes sandales de cordes, et sortis. Il faisait encore chaud. La fanfare des insectes donnait une représentation cacophonique et lancinante. La nature avait repris possession du territoire que nous nous étions accaparé de façon abusive pendant la journée. Je m'assis sur un banc et regardai les étoiles. Je restai là un bon moment. Le sommeil ne venait pas. Je distinguai dans la pénombre les deux bâtiments principaux. Derrière les fenêtres, des flammes de bougies scintillaient encore.
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