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Fiche Livre
Gardez mon fils près de vous
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Philippe Bernstein
 
Présentation
Alain-André Bernstein, né de parents juifs en mars 1940, est caché dans une famille catholique du Val de Loire dix jours seulement après sa naissance. Grâce à la correspondance conservée par sa mère et retrouvée à sa disparition, il reconstitue ici sa petite enfance dans la campagne sous le régime de l'État français. Des lettres de sa famille d'accueil émanent l'amour et toute l'attention portée à l'enfant qui s'éveille à la vie dans un monde où d'aucuns veulent sa mort du seul fait qu'il est né Juif. Elles permettent aussi de comprendre l'attitude et la compassion des gens honnêtes de la France profonde vis-à-vis du soi-disant « problème juif ». La famille Breton ne voit qu'une famille injustement traquée à laquelle il faut porter secour
Extrait du livre
Paris, le 19 juillet 1942 Chère Madame, Je ne sais si vous avez quelques échos de ce qui se passe pour nous à Paris, je ne sais si j'échapperai moi comme les autres à cet enfer. En tout cas, chère Madame, je vous recommande plus que jamais mon fils. Je vous répète qu'en vous j'ai une confiance illimitée. Gardez mon fils près de vous, je connais vos sentiments pour lui, je sais que vous et M. Breton le chérissez comme un fils, qu'Anne-Marie et Andrée l'aiment comme leur petit frère, mais je sais aussi que vous n'avez pas de grands moyens. Je vous supplie de me le garder envers et contre tout. Je compte sous peu, si rien n'arrive avant, aller à Orchaise. Je n'ose faire des projets, traqués comme nous le sommes. Je suis sans moyen de défense. Depuis une semaine, Adèle et moi vivons chez votre sœur. Je connais vos sentiments si désintéressés pour mon fils votre dévouement pour lui, qui ne connaît que sa maman Yayoque [Charlotte]. Si par malheur je n'avais pas la joie de l'embrasser et qu'il m'arrive le gros ennui que je crains d'être comme mon mari l'année dernière, parlez à mon petit Alain de sa maman de Paris ; qu'il ne m'oublie pas, qu'il me regarde quelquefois sur la photo pour que si un jour je reviens, je ne sois pas pour lui une étrangère. Excusez-moi encore, chère Madame, je vous tourmente de mes tristes pensées, mais depuis une semaine je souffre tant qu'aucun mot ne peut décrire mon tourment. Merci est un vain mot pour tout ce que mon cœur contient pour vous de reconnaissance ainsi que pour les vôtres ; pour mon fils vous avez lutté et lui avez donné une seconde fois la vie, conservez-lui belle et douce près de vous. Dans votre famille il ne peut acquérir que des qualités et être un bon petit garçon, travailleur et affectueux. Apprenez-lui à vous aimer, comme cela il vous remerciera d'être sa maman. Ne vous attristez pas de cette missive et souhaitons que toutes mes recommandations soient inutiles, bien que j'en doute. Vous prendrez mon petit garçon dans vos bras, vous l'embrasserez fort fort fort et vous lui direz que sa petite maman l'aime plus que tout au monde. Embrassez bien tendrement pour moi Anne-Marie et Andrée. Dites-leur aussi un grand merci pour moi ; quant à « papa Breton », dites-lui que comme à vous je lui confie mon fils et le remercie. La dette que j'ai contractée envers vous tous ne se paye pas, mais je souhaite que la Providence vous paye en voyant le bonheur de vos jeunes filles, car je sais combien vous le souhaitez aussi. Recevez, chère Madame, mes pensées les plus affectueuses et mes sentiments de gratitude. H. Kaploun
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