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J'avais seize ans à Pitchipoï
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Denise Toros-marter
 
Présentation
« “ Pitchipoï ” un nom étrange qui sonnait mal à nos oreilles, nous juifs provençaux bercés dès notre enfance par le patois méridional de Mémé Cohen dont le mari était aconier, un métier typiquement marseillais, avec sa barque de ravitaillement destiné aux bateaux du port de Marseille. C'est à Drancy, le camp de transite où notre famille fut internée, que nous devions faire connaissance avec ce mot de Pitchipoï. Nous ne pouvions en connaître l'origine : la culture yiddish polonaise dans laquelle il désigne un petit village imaginaire. Nous ne savions encore moins ce qu'allait être la réalité de cette destination inconnue des internés de Drancy. Lorsque nous la découvrîmes, tout espoir s'évanouit : c'était Auschwitz ! » Denise Toros-Marter
Extrait du livre
Pour le premier jour [au camp d'Auschwitz II-Birkenau], c'est la douceur ou plutôt la tiédeur qu'on nous inflige. On se contente de nous occuper assez légèrement, à vrai dire, soit au Block, soit à proximité pour aménager des jardins, près de l'hôpital du camp, le Revier, ou à proximité du four crématoire, dont nous ne connaissons pas encore la véritable utilisation. À midi, lors de notre entrée au Block, on nous distribue une gamelle pour deux car il n'y en a pas assez ; nous n'avons pas de cuillères. Nous buvons une soupe sucrée faite de flocons d'avoine et de farine : dès les premières gorgées, la plupart d'entre nous s'arrêtent de manger, ne pouvant plus rien absorber. Et malgré notre faim, nous abandonnons nos restes aux anciennes, qui sont encore plus affamées que nous. Mais la soif nous tracasse, car depuis notre arrivée, nous n'avons rien bu ; on nous a mises en garde contre l'eau, qui risque de nous donner le typhus. La journée s'est passée tant bien que mal. J'ai été employée à transporter des briques et des pierres, mais il semble que ce travail ne serve à rien, car les matériaux que nous chargeons et amenons à une vingtaine de mètres du tas sont ramenés par la suite à la même place qu'auparavant. Enfin, après l'appel du soir, sous une pluie battante, le repas nous est distribué ainsi que du café– ou plutôt de la tisane de café (j'ai appris plus tard que ce n'était qu'une infusion de glands). Notre frugal souper se compose d'un quart de pain, d'un morceau de margarine ou d'une cuillère à café de confiture de betteraves. Notre estomac s'est déjà resserré. Nous en laissons la moitié pour le lendemain matin afin de constituer notre petit déjeuner. Mais nous devrons apprendre bien vite à ne pas nous faire voler – ou « organiser » – la nourriture et les chaussures, que nous calons sous nos têtes dans les châlits. Voici comment sont composés les blocks : ils sont en bois et renforcés de briques, et sont munis de lucarnes. Ils mesurent à peu près quatre-vingts mètres de long sur trente-cinq mètres de large. Le Block est séparé dans sa longueur par un muret de ciment, en fait un conduit de cheminée, ayant à ses deux extrémités un four. C'est le Heizung, le chauffage de notre habitation. De chaque côté de celui-ci se trouvent les Coyas, des lits à quatre places et à trois étages, où nous dormons au minimum à cinq par étage. Les places les plus enviées sont en haut, au troisième étage, car il y a plus de chance de passer inaperçues lors de l'attribution des corvées. Moi, je suis tombée sur le rez-de-chaussée ; notre coya manque de planches, et nous nous retrouvons pendant la nuit couchées à même la dalle. De chaque côté de l'entrée du Block se trouvent deux petites pièces où vivent les favorisées. Ce sont des Polonaises ou des Allemandes, qui sont ici pour de raisons politiques, ou bien des condamnées de droit commun. Elles bénéficient de tous les avantages. En tête, il y a la Blokova, puis la sous-Blokova, puis la Schreiberin, qui est en quelque sorte l'économe ou la comptable ; enfin viennent les Stubedienste ou Stubovas, qui sont responsables de la Stube : elles assurent la distribution de la nourriture – en se servant largement au passage – et veillent à l'entretien des braquements. Les Blokovas sont en général bien vêtues,
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