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Amoureuses cendres
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Philippe Chéron
 
Présentation
Les pantins désarticulés d'Amoureuses cendres se traînent dans le charnier de la décomposition sociale. À la frontière entre la démence sénile et les éternelles secondes de la mort, Soledad, propriétaire d'un terrain immense et donc d'une fortune potentielle, soliloque sur fond de dispute violente entre ses héritiers. Elle réussit à établir le contact avec son grand amour qui l'a abandonnée, décédé depuis longtemps. Au terme de leur voyage par-delà le Styx, le couple d'acteurs de cette histoire d'a-mort – où le décalage culturel renforce le brouillage dû aux limbes d'un entre-deux sépulcral, où la métaphore et l'humour rendent hommage au dialogue des morts – se réconcilie dans le deuil nuptial : la poussière n'est-elle pas amoureuse, comme le chantait Quevedo ?
Extrait du livre
« Ainsi donc, je ne suis que cendres. Maintenant que tu me le dis, je me rends compte que je suis à l'intérieur de mon urne, que je la remplis complètement ; je m'y sens bien, confortable, tout à fait comme si je me sentais pleine, gravide même si tu permets, alors que s'éteint peu à peu ce qui m'a permis de penser, de bavarder avec toi... Ce fut une très belle rencontre, la dernière avant de passer à meilleure mort... En fait, peut-être que tout cela n'a été qu'un soliloque, une divagation, un cauchemar une fraction de seconde avant la fin, comme cela arrive parfois dans les rêves au moment de s'endormir. – Exact, pas seulement un cauchemar : un éclair de lucidité dans les secondes éternelles du mourir. Ce dernier acte qui touche à sa fin aurait pu s'intituler “La mort de Soledad”. – Il est possible aussi que cela n'ait même pas été un monologue, tout simplement le discours d'un énergumène qui pérore en notre nom, qui s'approprie ma voix, la tienne, même la puissante voix de ceux qui commandent, qui savent : pour les amis la justice, pour les ennemis la loi ! – Ce furent les douze derniers murmures du grésillement de ta chair ; ce fut le chant de tes os qui se convertissaient en cendres au milieu des flammes de la crémation. – Je suis épuisée. Mon destin est là qui m'attend, pour de bon. Il est vrai qu'il n'y en a plus pour longtemps, que ce film va bientôt s'achever, tu avais raison. Tu finis toujours par avoir raison, hein ? Ça m'est égal, je ne me plains pas. Je suis en train de perdre mes facultés mentales, à une vitesse surprenante... À peine si je peux m'exprimer. Envolée ma lune, perdu mon karma, comme je suis contente que tout soit sur le point de finir ! – Tu sais pas quoi ? J'ai l'impression qu'il pleut des cendres dans mes mandibules, dans mes orbites, dans mes fosses nasales. Des cendres qui aveuglent, qui recouvrent tout, même l'absence de décor, c'est une poussière apocalyptique, une neige de fin du monde. Serait-ce le volcan ? la nuée ardente ? la guerre nucléaire ? Serait-ce que ton urne s'est ouverte, qu'un souffle moqueur, concupiscent, fait voler tes cendres jusqu'à moi ? Cendres solitaires qui cherchent le chemin de l'amour en ces temps d'outre-tombe, voici un dénouement louable pour un cirque vertueux, pas si mal après tant de disputes. Mes pauvres os finiront doublement inhumés : dans la terre qui me recouvre depuis des années à laquelle s'ajoutent maintenant tes cendres ; triplement même, tout semble indiquer qu'en même temps la ville est en train de disparaître sous les cendres du volcan... L'amour, la mort, les voilà réunis, deuil nuptial ! Ce n'est pas seulement la peur qui nous pousse l'un vers l'autre : après nous être battus avec une constance aussi sévère que passionnée, nous finissons par nous retrouver enlacés dans un moelleux lit de cendres. Toutes ces fourmillantes étreintes ont dû t'aider à chasser ton amertume, ta mauvaise humeur, ton sale caractère, ta haine des autres. Que cela te plaise ou non, tout cela me fait sentir jeune, c'est bon signe pour mon voyage au bout des limbes. Cela ne te semble pas merveilleux ? Tu ne vois pas que tout n'est pas perdu ? que nos cœurs vibrent encore ? »
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