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Souvenirs d'une période trouble
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Pierre Auer Bacher
 
Présentation
La communauté juive alsacienne a sans aucun doute, de par l'histoire et la position géographique de son territoire, plus tôt perçu les périls que représenté les menés des nazis pour la paix et pour les Juifs. Pierre Auer Bacher est originaire de Wissembourg au nord de l'Alsace, sur la frontière avec l'Allemagne, précisément entre les deux lignes de défense militaire, Siegfried pour cette dernière et Maginot pour la France. Dès son plus jeune âge, son monde – où on parle le judéo-alsacien – est aussi peuplé par les Juifs allemands réfugiés. Les menaces de guerre des années 1930 sont autrement vécues dans cette zone de front potentiel, où l'évacuation de la population est planifiée. C'est dans le Sud-Ouest que celle-ci est censée attendre l'évidente victoire des armées françaises.
Extrait du livre
Ce fut le temps de la Révolution nationale. Dès la prise de pouvoir, Pétain mit en pratique les vieilles thèses de « la droite la plus bête du monde ». Si nous avions perdu la guerre, c'était à cause de « notre esprit de jouissance » et de l'abandon des vertus ancestrales et chrétiennes de notre pays. Et qui nous les avaient fait oublier ? Les Juifs, les francs-maçons, les athées, les métèques, aidés par les politiciens et la démocratie véreuse et vendue au capitalisme international (quand on parlait des Rothschild) ou au communisme apatride (quand on parlait de Marx). Comment redevenir un peuple sain ? En faisant pénitence. Le cléricalisme allait triompher pendant quatre années en observant les bases de la Révolution nationale salvatrice : « Travail, Famille, Patrie », remplaçait sur les frontons officiels « Liberté, Égalité, Fraternité », slogan de la « gueuse » républicaine abattue. Pour ce faire, il fallait des éléments sains. Pétain, fort de son aura de « vainqueur de Verdun », créa la Légion française des combattants (FLC). Elle réunissait les anciens combattants de 1914-1918 comme un parti soutenant les thèses de l'État français, la République française ayant été abolie. Se créèrent partout des sections de légionnaires encadrées par d'anciens officiers, se réunissant pour prêter serment au Maréchal, défilant à chaque occasion avec bérets basques, gants blancs et décorations, derrière des drapeaux frappés du nouvel emblème de l'État, la francisque (hache à double tranchant dont le manche était symbolisé par le bâton étoilé du Maréchal), et de l'insigne de la Légion (écusson tricolore portant un casque gaulois). Mon père, très ancien combattant et qui n'avait pas encore compris, décida qu'il importait d'y être présent. Ce noble enthousiasme ne dura qu'un temps et, au bout de quelques semaines, il réalisa que là n'était point sa place. Quelques mois plus tard, le gouvernement décida lui-même que les Juifs, même anciens combattants, n'étaient pas dignes d'être des légionnaires de l'ordre nouveau. Il faut toutefois noter que, pour anodine qu'elle fût au début, la Légion se politisa rapidement et donna naissance à une milice parallèle à la police, le SOL (Service d'ordre légionnaire), puis, par la suite, à la Milice, dont les membres firent régner la terreur dès 1943. C'était l'époque où le Maréchal fit une série de voyages à travers la France dans un déchaînement d'enthousiasme extraordinaire et savamment organisé ; tels étaient le désespoir et la lâcheté des inorganisés qu'ils se raccrochaient au mythe du chef sauveur. De Gaulle était inconnu de la masse jusqu'au courant de l'année 1941, et ceux que le général appela des « veaux » se confièrent au noble gâteux qu'était Pétain avec un masochisme dépourvu de tout complexe. On créa le Secours national, destiné par la solidarité publique à venir en aide aux défavorisés ou à l'économie défaillante. Chaque dimanche, on quêtait pour une cause : les vieux, les handicapés, etc. On réunissait les métaux – casseroles et vieux sommiers –, le papier d'étain, les chiffons, etc. L'économie française dépendait des surplus des caves et des greniers. Et puis on donnait dans la bigoterie. Jeanne d'Arc, qui avait bouté l'Anglais de France, avait été déclarée sainte nationale, et le pays fut mis sous sa protection.
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