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La Mémoire dans la chair
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Adèle Grossman
 
Présentation
Ce livre retrace le parcours tragique d'une jeune juive polonaise de la région de Lodz durant la Seconde Guerre mondiale. Après avoir perdu la majorité des membres de sa famille, elle se retrouve seule à Auschwitz, à Birkenau puis au Stutthof. Laissée pour morte lors de l'évacuation, on lui amputera ses deux jambes, gelées pendant la « marche de la mort ». Malgré toutes ses souffrances physiques, malgré l'indicible douleur d'avoir perdu ses proches, elle gardera en elle la force de continuer à vivre, de fonder une famille et de mettre au monde deux enfants. Adèle Grossman est l'héroïne de cette odyssée funeste au cœur des ténèbres de la Shoah. Son histoire, où se croisent les destins de nombreux autres personnages.
Extrait du livre
À son réveil au terme d'une pose lors de l'évacuation devant l'avancée des troupes soviétiques. On lui a volé ses godillots pendant son sommeil. Elle était si profondément endormie qu'elle n'a rien senti. Un terrible sentiment de découragement la saisit. Pourquoi le sort s'acharne-t-il ainsi contre elle ? Qu'a-t-elle fait pour mériter cela ? Elle ne peut marcher pieds nus dans la neige. Après quelques minutes d'abattement, sa détermination reprend le dessus. Elle enveloppe ses pieds avec du fourrage et attache le tout avec des liens de paille. Lorsque les déportés sortent de la grange, il fait encore nuit noire. Comme la veille, ils n'ont reçu ni à manger ni à boire. Il neige et un vent glacial fait tourbillonner les flocons. La marche reprend, accompagnée de cris stridents. Après quelques centaines de mètres, le tapis blanc a raison des « chaussons d'épouvantail » d'Adèle. L'humidité les a détrempés et le froid engourdit les membres de la jeune fille. Frêle silhouette, elle avance, glacée, tête baissée, d'un pas d'automate. Ne pas trébucher, ne pas tomber. Tu ne pourrais plus te relever. Courage, vas-y. Tu peux le faire. La marche infernale continue. Le jour se lève, la neige arrête de tomber et le vent se calme. Adèle perd toute notion de temps. Tout ce qui lui reste de volonté est axé sur une seule idée fixe : tenir debout et suivre celle qui la précède. Près d'elle, une femme trébuche et tombe. Un garde furieux se précipite et la frappe à coups de crosse redoublés jusqu'à ce qu'elle se relève. Elle fait quelques mètres et s'effondre à nouveau, exténuée. Dominant la malheureuse de toute sa hauteur, le misérable dégaine son pistolet de l'étui et lui tire une balle dans la nuque. Puis il se retourne vers les autres et les exhorte, en hurlant et en agitant son revolver, à continuer d'avancer. Les heures succèdent aux heures, les kilomètres aux kilomètres, et Adèle n'en peut plus. Elle tremble. Tous ces mois passés à travailler dans des conditions inhumaines avec une malnutrition chronique ont eu raison de sa résistance. La flamme qui l'a toujours soutenue vacille, elle ne va pas tarder à s'éteindre, pour toujours. Adèle ne sent plus ses pieds. Une autre déportée partage ses forces pour l'aider à continuer, mais en vain. Lorsqu'un des SS s'approche d'Adèle, elle l'interpelle en allemand et le supplie de l'achever. Un léger rictus apparaît sur la face du nazi. Il sort son arme et vise la tête d'Adèle, qui ferme les yeux. Elle a hâte de rejoindre les siens. Un coup de feu retentit. Adèle n'a rien ressenti, aucun choc, aucune douleur. Elle entrouvre les paupières et aperçoit une jeune fille dont le corps vient de s'écrouler. Hilare, le SS l'apostrophe : – De toute façon, tu vas crever, sale truie ! Tu ne mérites pas que je gaspille une balle. Sur ces mots, il la pousse brutalement dans le fossé, accompagnant son geste d'un coup de crosse sur la tête. Adèle perd conscience et reste inanimée sur le bas-côté de la route. Elle ignore que la marche va encore durer quelques jours et que, pendant ce laps de temps, sept cents personnes seront sauvagement assassinées. Le 31 janvier 1945, la colonne arrivera à Palmnicken, au bord de la mer Baltique, et le même jour les SS extermineront les survivants à la mitrailleuse en les poussant à l'eau.
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