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Face à la mort
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Erich Altmann
 
Présentation
Mai 1945, Erich Altmann a quarante-et-un ans. Il a survécu … Survécu à trente-trois mois dans l’enfer concentrationnaire nazi. Il y eut d’abord l’incompréhension, l’incertitude, puis l’anxiété, la peur, jusqu’à la terreur. L’horreur s’est ensuite installée avec son cortège de douleurs et d’afflictions : la faim, la maladie, l’harassement, la perte d’humanité, la mort omniprésente. L’inimaginable, l’indicible. Reste, irrépressible, cette farouche volonté de vivre pour ne pas partir en fumée et pouvoir témoigner aux yeux du monde « hors des camps ». C’est cette force qui a permis à Erich Altmann de survivre à Auschwitz-Birkenau, Buchenwald, Oranienburg et à deux « marches de la mort ».
Extrait du livre
Entre-temps nous étions en mars 1944. La Hongrie a été occupée par les Allemands, et les premiers convois de Juifs hongrois arrivent à Birkenau. De grands préparatifs sont entrepris au camp qui laissent prévoir des arrivées massives. De larges fossés sont creusés devant les crématoires. Le Kommando des « brûleurs » est renforcé par 300 hommes supplémentaires. On double l’effectif du Kommando « Canada ». C’est celui qui accueille les « nouveaux arrivants » sur les rampes d’arrivée, leur retire les bagages, et les conduit au crématoire. Une vague de transports arrive, qui même pour Auschwitz était unique. Vingt mille personnes environ arrivent quotidiennement. Quatre à cinq mille sont triées pour le camp, le reste étant directement transféré au crématoire. Les fours s’avèrent trop petits pour une telle masse humaine, ce qui explique le creusement des nouveaux fossés dans lesquels on jette les cadavres, arrosés par de l’essence puis brûlés. Des mois durant, d’avril à août, d’épais nuages de fumées surplombent Birkenau, et sur toute la région, des kilomètres à la ronde, règne une odeur pestilentielle de cadavre brûlé. Alors qu’on gazait habituellement 300 personnes à la fois dans une grande pièce, on en entasse 500 à 800 dans le même volume. Alors que la mort avait lieu au plus tard huit minutes après le début du gazage, 25 minutes ne suffisent plus. Mais la direction du camp exige la rapidité et l’on brûle des êtres qui sont encore en vie. Nous faisons partie de Kommandos de rangement du camp et par ce fait nous sommes souvent obligés d’être témoins de ces scènes. Sur la rampe d’arrivée règne une invraisemblable panique. Les Hongrois, croyant être transférés dans un camp de travail, sont arrivés avec tous leurs biens. Des sacs de nourriture, pain, beurre, des baquets remplis de graisse d’oie, des confitures, des oies et des porcs fumés, des valises et des caisses d’habillement. Tout cela était entassé pêle-mêle et formait d’immenses tas sur la voie qui conduisait au crématoire. Les « Canada » travaillaient jour et nuit. Birkenau n’avait jamais vu cela. On nageait dans la nourriture, saindoux, pain, lard, chacun avait une relation pour se faire approvisionner. Lorsque nous sommes arrivés sur la rampe pour nettoyer, un SS nous a expliqué : – Bouffez ce que vous voulez mais alcool et objets de valeur doivent être remis. Que de scènes épouvantables se sont déroulées devant les crématoires ! On ne se donnait même plus le mal de tuer les enfants. On les enfermait vivants dans des sacs postaux et les jetait tels quels dans le feu. Une femme s’est extraite telle une torche vivante du tas des brûlés. Le gaz ne l’avait pas tuée. Les cris de la malheureuse se sont répandus à des milles d’ici. Le camp entier vivait dans un état incroyable d’excitation. D’un côté, on tuait par centaines de milliers, et par ailleurs on distribuait des quantités invraisemblables de nourriture. Le médecin SS se tient sur la rampe. Les vieillards, des femmes, les enfants, faibles et malades, sont directement conduits au crématoire, les autres passent par la désinfection. On coupe les cheveux des femmes, qui sont alors conduites dans des baraquements d’appoint, pour être ultérieurement affectées aux camps de travaux à proximité.
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