Il y a quelques mois cet écrivain,
et professeur à l'Institut français de Bamako,
nous accordait une interview où il évoquait
son rapport à l'écriture et les difficultés
dans lesquelles se débattent la plupart des auteurs
africains. Pour celles et ceux qui n'auraient pas encore
découvert ce conteur merveilleux, voici une seconde
chance . Son
interview
Neuf nouvelles dures et touchantes
qui évoquent avec sensibilité le Mali moderne
et ses contradictions. Telles des couteaux remuant des chairs
mutilées, dans l'espoir d'en extraire un mal universel,
elles parlent aussi d'amour et de fraternité, et
mettent en question notre réalité. Citation : « A l'extrême ouest de Bamako,
à l'ombre d'une des collines qui cerclent la ville,
comme des perles autour des reins d'une jeune fille Bambara,
s'étale Sama, l'un des plus grands quartiers de la
ville, et des plus vieux aussi. »
A la fois un orfèvre
et un musicien, l'auteur joue avec les mots comme d'autres
jouent d'un instrument, alternant vers longs et vers d'un
mot, usant de refrains, de répétitions tout
comme le font les griots africains. Sa langue est riche
et imagée, pleine d'images et colorée. Citation : « Le Pauvre" - Sa tête
est vide / Le pauvre / Sa tête / Vide / Comme les
yeux / De l'enfant / Captif des oiseaux [ ] »
Ce recueil est un triptyque
de nouvelles organisé autour de l'acte créateur
et du dédoublement qu'il suppose. D'une langue très
travaillée, ces textes relèvent de la haute
voltige littéraire Citation : « Sur une banquette une très
jeune femme surveillait pourtant avec émerveillement
son enfant qui croquait une pomme, sa si belle innocence
me rappela ces nativités vouées aux flammes
en même temps que les peintres décidés
à les sauver, sans savoir ce qu'elle évoquait
elle était belle, oui, belle indiciblement, expression
quasiment miraculeuse du cycle obstinément perpétué
de la vie refusant la capitulation, malgré tout.
»