Penvins et Alice Granger, la revue Exigence : Littérature
L'aventure d'un site littéraire aux accents céliniens...
A la suite de quelle initiative est née votre revue numérique Exigence littérature ?TRONG> J'ai d'abord créé un site sur Céline qui a donné envie à Alice de reprendre son activité de lectrice. Par la suite, j'ai souhaité réunir les deux sites, les ouvrir à d'autres intervenants. Nous sommes tous les deux passionnés par la littérature mais de façon différente, Alice met l'accent sur les idées et sur les essais, et moi sur le style et sur le roman.
Pourquoi ce titre, Exigence littérature ?TRONG> L'exigence c'est à la fois le travail et la nécessité. Il m'a semblé que cela reflétait bien ce que nous voulions faire, à la fois obéir à la nécessité d'écrire et ne pas céder à la facilité. Il s'agissait aussi de nous démarquer de trop nombreux sites qui n'ont aucune tenue littéraire - ce n'est pas le cas de tous, bien sûr.
Pouvez-vous nous présenter vos collaborateurs ?TRONG> Nous sommes actuellement huit intervenants, français, canadiens, hommes, femmes , jeunes moins jeunes, tous lecteurs bien sûr, mais pas tous passés par l'université, ce qui donne une diversité d'intérêt et de lecture. Frédérique s'intéresse aux auteurs français, Guillaume aux auteurs africains, Irma conteste la littérature de St-Germain-des-Prés, Marc et Mélèze s'intéressent plus à la philosophie, Pierre est bibliophile et célinien, quant à Jean-Paul il nous parle d'auteurs particulièrement exigeants.
Pourquoi avoir choisi de travailler avec des gens d'horizons très différents ?TRONG> D'un côté il y a la chance que nous offre Internet. La littérature francophone, ce n'est pas seulement celle de l'Hexagone, c'est aussi celle du Canada, de l'Afrique et bien d'autres.
D'autre part, il y a le souci du goût des autres qu'Alice a mis en avant. Enfin, il me semble que la littérature se nourrit de ces aller-retour entre l'université et le "grand public", elle est à la fois travail et plaisir.
Face à une telle diversité, comment définiriez-vous la ligne de votre revue ?TRONG> Nous tenons la littérature pour le lieu où se dit l'indicible, voire l'innommable - dans tous les sens du terme. L'oeuvre de Céline en est un exemple parmi d'autres. Nous avons choisi de défendre ce lieu et de mettre à jour ce que la littérature dit qui ne peut se dire ailleurs.
Quels sont les romans qui vous ont le plus marqué durant votre vie de lecteur ?TRONG> D'un château l'autre de Céline, Le planétarium de C, et plus récemment Charité de F.-Y. Jeannet.
"Exigeants mais ouverts, ouverts mais exigeants", comment appliquez-vous cette formule au roman ?TRONG> Du côté du lecteur en n'ayant pas d'a priori sur le style ni sur les idées, à condition qu'il y ait un travail, une recherche. Du côté de l'écriture, les romans les plus importants sont ceux où il y a à la fois recherche de l'innommé et effort - souvent désespéré - pour faire entendre ce qui apparaît innommable.
Pourriez-vous, en quelques mots, commenter pour nos visiteurs la rentrée littéraire 2001 ?TRONG> Non. Il n'y a pas d'actualité littéraire, la littérature se situe en dehors de l'actualité, le temps de la littérature est étranger à celui du quotidien.