Pour le numéro 9, ANTIDATA s'est débarrassée des systèmes de navigation complexes qui nuisait au confort de lecture. Dans une présentation plus sobre, la revue vous propose 16 nouveaux textes envisageant "les encombrants" sous des angles divers et parfois inattendus. Vous découvrirez dans cette dernière livraison quatre nouveaux rédacteurs parmi lesquels Eliane K. Arav, auteur de romans policiers (Le penseur de Vallorbe Ed. Gallimard-la série noire, 1995, Du viagra dans la vinaigrette Ed. Baleine-série grise, 2002) et Dominique Boeno (alias Vincent Vox, Prométhée de l'ombre Ed. Fleuve noir, 1995).
Le siteTRONG> http://membres.lycos.fr/antidata/numero9/menu.htmTRONG> TRONG> Poursuivant son entreprise, ANTIDATA travaille déjà aux prochains numéros qui développeront les thèmes de "la veille" (numéro 10) et du "dernier" (numéro 11). Rencontre avec une bande d'experts anti-données.
Comment est née votre revue ? D'où vient le nom Antidata ?TRONG> Dans la vie, il y a des choses qu'on fait par obligation, comme fréquenter les embouteillages, gagner de l'argent ou manger de la nourriture industrielle, et puis il y a des choses qu'on fait pour le plaisir, comme flâner, partir, courir ou tomber peu gravement malade. Et puis il y a des choses qu'on ne parvient à classer dans aucune de ces deux catégories, comme d'avoir des relations sexuelles fréquentes ou de fonder des revues littéraires. L'origine du nom Antidata reste mystérieuse. Certains initiateurs du projet aux pulsions suicidaires avérées s'étaient jurés de "prendre les autoroutes de l'information à l'envers". D'autres aux tendances dépressives voyaient dans la revue un "antidote au spleen". Les plus subversifs d'entre-nous se promettaient de faire de "l'anti-donnée". Après la disparition par mort violente de toutes ces têtes enflammées, le nom est resté. Nous le conservons en hommage à nos chers disparus.
Parlez-nous de l'équipe, qu'est-ce qui vous unit autour d'Antidata ? TRONG> Il serait assez long et sans doute fastidieux de présenter chacun individuellement, d'autant plus que l'une des choses qui nous unit, c'est de nous concevoir plutôt comme un vrai groupe que comme un agrégat d'artistes avides de promotion personnelle. Disons simplement que le terrain de jeu et d'expression très libre que constitue Antidata est fréquenté par un tas de gens qui ont des occupations aussi diverses et inavouables qu'écrire, fabriquer des images, des scénarios, jouer la comédie ou faire de la musique.
Avant de créer ce site, vous avez d'abord publié sur papier. La virtualisation de votre revue ne s'est-elle pas faite sans mal ? A quelles nouvelles contraintes avez-vous du vous mesurer ? pour quelles libertés ?TRONG> La virtualisation s'est très bien passé, grâce au compétences de notre webmestre. Les avantages sont évidents : plus de fabrication, plus de distribution, une diffusion plus importante et un coût quasi nul. Sans parler des possibilités graphiques et de mises en page bien supérieures. La seule chose que nous ayons perdu, c'est la sensualité de l'objet, et son caractère tangible. C'est beaucoup. L'édition ponctuelle, pour des occasions particulières, de petites plaquettes à tirage limité, vient satisfaire de temps à autres notre désir tactile. Pourtant, notre réalité est plus tangible depuis qu'on est passé au virtuel! Tout simplement parce que cela nous a permis de rencontrer les autres plus facilement. Et c'est ce qui compte.
Dès le départ, et malgré l'espace infini du web, vous optez pour des textes courts et un système de liens et de correspondances visuels originaux. Parlez-nous de ce qu'implique l'hypertextualité au moment de l'écriture, à quel stade pensez-vous la "mise en lien" des textes ? TRONG> C'est justement parce que l'espace est infini que le visiteur est tenté de passer rapidement. Mais les textes doivent être courts surtout parce que l'écran d'ordinateur rend la lecture pénible. Il ne s'agit pas de sacrifier à un quelconque modèle de consommation rapide. D'ailleurs l'époque n'est pas si prodigue d'oeuvres courtes : c'est plutôt le délayage qui la caractérise, peu d'idées dans des textes, des films ou des chansons trop longues. Ecrire des textes ramassés, sans qu'ils paraissent tronqués, n'est pas un exercice facile. L'hypertextualité n'est pas prise en compte au moment de l'écriture. Chaque rédacteur travaille à son idée et ne s'occupe que de son texte. Les liens sont trouvés ensuite. Dans la mesure du possible on évite les correspondances trop mécaniques (il y aurait une véritable typologie du lien hypertexte à dresser, peut-être cela a-t-il déjà été fait). On évite aussi les liens trop nombreux et on essaye de les placer à la fin des textes, puisque les liens sont aussi des interférences et des trappes qui gênent ou interrompent la lecture. Quant aux images, elles ne sont pas des "illustrations" à proprement parler. Notre graphiste ne paraphrase jamais les textes, il se met en rapport avec eux de façon tout à fait indépendante !
Pourquoi une revue thématique ? S'agit-il pour vous d'une expérience d'écriture collective ? TRONG> Antidata n'est pas une revue critique, ni un magazine d'actualité. Elle ne disposait pas à sa création d'une équipe rédactionnelle préconstituée. Le but était plutôt de monter une sorte d'atelier dans lequel chacun, y compris des inconnus recrutés sur le net ou par personnes interposées, pourrait apporter sa pierre à l'édifice. Pour ainsi rassembler les talents de façon simple et ludique, l'idée ultra-classique du thème semblait convenir parfaitement. Double avantage : le numéro est collectif, mais composé de textes aux styles personnels (les expériences d'écritures à plusieurs d'une même histoire ne nous intéressent pas).
Quel est le thème du prochain numéro, pouvez-vous nous en donner un avant-goût ?TRONG> Prochain thème : "Les encombrants". Difficile de résumer le numéro. On préfère laisser la surprise! La mise en page sera plus simple que dans le numéro précédent sur "Les attaches" où nous avons mis en place des dispositifs de défilement et d'appel des textes trop compliqués. Le thème du numéro suivant est déjà arrêté : "La veille".
Que faut-il pour être un "auteur Antidata" ? TRONG> La moustache de Magnum et des chemises hawaïennes. Il faut aussi, pour citer Aimé Jacquet, "laisser son ego au vestiaire et se battre pour le collectif".
Qu'attendez-vous de votre partenariat avec manuscrit.com ?TRONG> La participation à certaines manifestations (salons, émissions de radio,...), et à d'éventuels recueils de textes publiés par manuscrit.com. La rencontre avec d'autres lecteurs aussi (nous ne consacrons que peu de temps aux opérations de "promotion", et manuscrit.com et son portail littéraire ont une visibilité plus grande que celle d'Antidata).
Antidata est une revue électronique composée autour d'un thème (le commencement, l'accident, le sourire, la pause/pose, la rencontre, le voyage, le pied), donnant lieu à des textes courts, volontiers humoristiques, accompagnés d'illustrations. Prochain thème : les "encombrants", à vos textes !