Chantal Vieuille a lancé en 1991 Complicités Livres, une structure éditoriale indépendante ayant pour vocation la publication de textes littéraires de langue française, romans, essais, biographies. Collection privée accueille notamment une série d’ouvrages, romanesques ou non, qui mettent en lumière une problématique artistique . Quelques titres : La Passion selon Luca Signorelli de Bruno Streiff ; Le Bleu du Nil de Sophie Revault…. L’éditrice nous raconte comment est née cette collection et quelle relation la lie à ces auteurs.
Comment êtes-vous devenue éditrice ?TRONG>
Depuis l'âge de 12 ans, j'étais en relation épistolaire avec l'éditeur Robert Morel, celui-ci m'a encouragé à faire des études littéraires, j'ai soutenu une thèse d'université sur l’oeuvre de Le Clézio ; j'ai commencé à travailler en free lance chez Robert Morel puis ailleurs à partir de 1978. J'ai alors créé avec l'aide de Morel une première maison d'édition pour la jeunesse ; l'expérience a duré deux ans. Puis j'ai effectué toutes sortes de missions auprès d'éditeurs très différents parmi lesquels j'ai rencontré Christian de Bartillat qui m'a le plus appris après Morel. J'ai créé les éditions Complicités en 1991 à Paris.
Comment décririez-vous votre activité d'éditrice ?TRONG> C'est une activité indépendante à vocation littéraire. Mon rôle est de dénicher des auteurs, de retenir des manuscrits correspondant aux lignes de force de mon activité.
Parmi les auteurs que vous avez lus, lesquels auriez-vous aimé éditer ?TRONG> Le Clézio et l'écrivain africain Hampatéba.
Comment s'est construite la ligne éditoriale de cette collection ?TRONG>
L'idée d'éditer des textes pouvant faire le lien entre art et littérature a imposé la création de cette maison ; néanmoins, le projet s'est affirmé au fur et à mesure, donc amélioré, transformé. Comment ont-été découverts les premiers auteurs de cette collection ?
Le hasard des rencontres, le réseau des amis.
Parmi les auteurs que vous avez édités, quelles ont été les rencontres les plus marquantes ?TRONG>
La rencontre que j'ai faite avec l'écrivain José Pierre dont j'ai publié deux livres. Lors d'un déjeuner dans un restaurant parisien : à la fin du déjeuner, il m'a glissé un manuscrit sous la table à l'insu de l'attachée de presse qui avait organisé cette rencontre en me disant : je suis venu uniquement pour rencontrer l'éditrice que vous êtes. C'était en 1995.
Parmi les ouvrages récemment publiés au sein de cette collection, lequel souhaiteriez-vous présenter ?TRONG>
La passion selon le peintre Luca Signorelli, un premier roman de Bruno Streiff. L’auteur nous entraîne dans l’Italie de la Renaissance et pose la problématique de la représentation de la mort dans l’art. L’artiste peint le cadavre de son fils avant les funérailles. Cette fiction est élaborée à partir de la biographie du peintre Luca Signorelli.
Comment décririez-vous le rapport qui vous lie aux auteurs de cette collection ?TRONG>
D'abord une relation humaine et sensible, puis une relation intellectuelle, enfin une relation de confiance. Quel est votre meilleur souvenir d'éditrice ?
Quand un éditeur d'un grand groupe éditorial parisien m'a dit en l'an 2000 à propos d'un livre que j'avais publié, qu'il avait lui-même reçu et refusé : lorsque je l'ai lu dans votre collection, j'ai réalisé que ce texte était excellent.
Que préférez-vous dans votre activité d'éditrice ?TRONG>
Préparer un livre avec l'auteur. Un bon conseil qu'un éditeur puisse donner à un auteur ?
Ecrire humblement.
Ecrivez-vous ? Si oui, quelle est l'incidence de cette activité sur votre métier d'éditrice ?TRONG>