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COMMUNAUTE SOCIETE : NEC MERGITUR
Alexandre Boucherot, François Haget, le site Fluctuat.net

Alexandre Boucherot et François Haget sont les fondateurs de Fluctuat.net, un guide du web culturel. Chaque mois, plus de 60 000 lecteurs se précipitent sur leur écran pour dévorer les sélections – très subjectives – de cette jeune rédaction. Livres, théâtre, cinéma, expos, musique, cyberculture et découvertes d’artistes sont au menu de cette croisière atypique.


Comment est né votre site ?TRONG>
On ne fait jamais rien en matière de culture sans une envie initiale très forte, très loin des analyses et des conjectures du marché. Notre première motivation est donc simple : nous étions une bande d’amis passionnés de web, mais aussi et avant tout de théâtre, de ciné, de bouquins, de musique… Nous nous sommes lancés en août 1998 dans cette aventure exaltante sans trop savoir où cela nous mènerait. Ça faisait un petit moment déjà que l’envie de lancer un magazine trottait dans la tête de quelques-uns d’entre nous. Le web était le média idéal pour tenter de partager nos idées sans ruiner les forêts, démarrer avec le minimum de contraintes pour pouvoir nous concentrer sur ce qui nous tenait à coeur… Nous sommes des autodidactes du journalisme et du web ! Depuis, certains journalistes "pros" nous ont rejoint, mais le défi au départ était aussi de nous prouver que nous pouvions réussir à intéresser un lectorat sans être issu directement du petit cercle culturo-journaleux parisien. Après un lancement très artisanal, à quatre dans une chambre du 9ème arrondissement, nous avons réussi à soutirer 50.000 F des deniers publics (Défis Jeunes) et à passer à un fonctionnement plus… traditionnel. Un local, des machines, un fax, de quoi poursuivre notre petite Odyssée…


Pourquoi ce nom, Fluctuat ?TRONG>
Débarquant à Paname, ou arrivés dans la ville depuis quelques années seulement, nous avons arpenté un maximum de quartiers, d’arrondissements, de concerts, de cinés avec une insatiable envie de découvertes, en aimant avant tout la liberté et la diversité qu’offrait Paris aux nouveaux venus. Qui sort d’ailleurs à Paris ? Qui est avide de rencontres ? Curieux de sortir et de se confronter à la trépidante vie de la capitale ? Les nouveaux arrivants, de banlieue, de province, de l’étranger. Le nom alors coulait de source. La devise Fluctuat nec mergitur de la capitale reflétait très bien et notre attachement à la vie culturelle parisienne (c’était là que nous vivions au quotidien), et l’univers du web dévolu à une navigation sans frontière ni limite. Le nom Fluctuat.net s’est également imposé à nous comme un pied de nique à la mairie de Paris de l’époque : c’était quoi la politique culturelle vue selon des sites tels que paris-mairie.org ? Les journaux municipaux présentant les événements culturels de chaque arrondissement nous faisaient bien rire à l’époque.


Quelle est votre ligne  éditoriale ?TRONG>
Le credo numéro un de fluctuat c’est : du plaisir, du plaisir et de la curiosité à revendre. Nous avons pour vocation de fonctionner sur un mode le plus ouvert possible, en privilégiant les collaborations et les points de vue extérieurs à la rédaction et en multipliant au maximum les liens vers d’autres sites. En second lieu, nous sommes extrêmement attachés à un traitement générique et pluridisciplinaire de l’actualité culturelle. Nous sommes volontairement généralistes et nous traitons sur un même plan la musique et l’actu scènes, les livres (essais, littérature française, littérature étrangère, poésie, théâtre, BD) et la cyberculture. Dans un environnement web atomisé et sur un réseau essentiellement dévolu à la spécialisation, nous pensons qu’il est essentiel de conserver un point de vue généraliste sur l’extrême diversité des initiatives artistiques. D’une manière générale, nous avons parfois été taxés d’impertinence. Nous réfutons cette approche et revendiquons fièrement notre snobisme et notre mauvaise foi.


Qui est Fluctuat.net ?TRONG>
Nous sommes constitués d’un réseau à peu près constant d’une trentaine de personnes qui collaborent plus ou moins régulièrement au magazine et à la plate-forme culturelle (espace découverte musique en MP3 et real audio ; Plumes, espace de publication de jeunes auteurs ; nous proposons également des expos en ligne et suivons des événements en partenariat avec des galeries, des expos, des musées, des groupes). A partir du noyau dur à l’origine de la création du site, sont venus se greffer une multitude de personnes, pigistes, graphistes, développeurs, artistes... Comme je vous le disais, nous venons en majorité de formations littéraires, mais comme la Sorbonne et Nanterre sont heureusement très loin à présent, nous travaillons tous dans des domaines variés. Certains ont, depuis feu les années fac intégrés, des agences de webdesign, d’autres viennent de la presse ou de l’édition traditionnelle. Les autres sont profs, animateurs, dessinateurs, intermittents du spectacle. Un de nos potes est écrivain, prix Goncourt du premier roman en 2000. Un autre est DG d’une grande boite spécialisée dans le web médical. Nous sommes également assez fiers de compter parmi nos amis et collaborateurs réguliers de véritables chômeurs, bénévoles à plein temps de la culture et militants assidus du temps libre pour tous.


Net culturel ou culture du net ?TRONG>
Ce qui est sûr, c’est qu’il n’y a aucun antagonisme entre net culturel et culture du net : le web reste pour tous un média d’une extrême souplesse d’utilisation, tant du côté du lecteur que du côté de la rédaction. On peut émettre et communiquer en quasi instantanéité avec des facilités incroyables en terme de publication, de gestion et de diffusion. Le plus extraordinaire est que les échanges se font réellement sur une autre échelle, en favorisant une transversalité et une convivialité que ne peut avoir un bimensuel papier par exemple. Nous avons en effet un très bon contact avec nos lecteurs et internautes et des retours réguliers et forts. Cela dit, nous nous définissons avant tout comme une plate-forme web dédiée à toutes les formes d’expressions culturelles et artistiques – y compris celles découlant du multimédia et du web - plutôt que comme les défenseurs d’une "culture du net" dans laquelle nous ne nous reconnaissons pas toujours.

Il existe cependant de vraies questions concernant le net culturel, à commencer par l’égalité d’accès au réseau en France. D’énormes questions restent en suspens sur la politique publique. De même, nous sommes à présent persuadés que le troisième âge du web en France (après l’époque des pionniers et celle des start-ups condamnées d’avance) devra en passer par une véritable prise de décision politique – ou pourquoi pas privée sous la forme du mécénat d’entreprise - concernant le culturel en ligne. L’internet grand public existe depuis 1995 en France et il est urgentissime que des budgets à Paris ou au Ministère de la Culture soient alloués aux sites culturels, pour maintenir et développer un paysage internet diversifié, ouvert et respectueux de toutes les formes d’expression, qui offrirait une véritable alternative aux modèles purement commerciaux et financiers aujourd’hui en vigueur.



Comment vous différenciez-vous par rapport à d’autres magazines, notamment des magazines papiers ?TRONG>
Question épineuse… Force est d’avouer que nous partions avec la ferme intention de coup-de-bouler les vieux archétypes du journalisme culturel. Nous en avions un peu marre de ces propos lénifiants des Télérama, Inrocks et autres Magazine Littéraire. L’idée de base était d’assumer la part de subjectivité dans notre rapport aux oeuvres dont nous traitions. Nous nous sommes rendus compte assez rapidement qu’il n’était pas toujours facile de concilier tous les points de vue et de préserver une réelle cohérence éditoriale.

Ceci dit, nous ne concevons pas l’apport principal par rapport aux magazines papiers en terme de service mais plutôt dans le sens de la convivialité et de la (sacro-sainte) interactivité du support : nous proposons des forums, des petites annonces, une rubrique bookmarks présentant plusieurs centaines de liens vers d’autres sites culturels… A partir de la ligne de métro qui sert de mode de navigation formaté suivant les grands domaines artistiques, tous les chemins sont possibles. Un immense bazar numérique se déploie sous nos yeux (plus de 5000 pages en ligne) et déborde en permanence vers d’autres continents du web. Il y a peu de journaux je pense qui revendiquent leur côté bordélique. Quant aux autres différences, je vous laisse apprécier vous-même…



Le siteTRONG>
http://www.fluctuat.net
La page de présentation de notre partenaire

 



 





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