Fondée à Toulouse en 1975 par Christian Thorel, Ombres Blanches est une de ces librairies indépendantes qui, au fil des années, a su grandir jusqu'à devenir un lieu de culture incontournable de la région. Etudiant, Nicolas Vivès est un des assidus à la fréquenter chaque jour, entre deux cours au DUT Métiers du livre. Jusqu'à ce qu'on lui propose de rejoindre l'équipe en 1997 au rayon littérature. Lecteur passionné et collaborateur de la revue Page, il nous fait partager ses dernières découvertes…
Nicolas Vivès, quel lecteur étiez-vous et quel lecteur êtes-vous devenu depuis que vous êtes libraire ?TRONG> A Ombres Blanches, je travaille pour le rayon littérature et ça a eu des conséquences sur mes lectures. Avant, j'avais des goûts d'étudiants, j'étais un lecteur de littérature classique, essentiellement 17ème, 18ème, 19ème siècle : romantisme français, allemand, théâtre du 17ème, romans du 19ème. Je connaissais peu les ouvrages d'après guerre. En devenant libraire, je suis devenu lecteur d'ouvrages contemporains. Aujourd'hui, je lis de moins en moins de romans du 19ème siècle en me disant toujours que je le ferai quand j'aurai du temps, mais en fin de compte on ne l'a jamais.
Si vous étiez un livre…TRONG> A un moment, j'ai songé à me faire tatouer sur l'épaule le code-barre du Fou d'Elsa d' Aragon (Editions Gallimard). J'aurais aussi aimé être les livres de Borges pour être tous les livres en même temps.
Vous participez activement à la revue Page. Quels derniers coups de coeur avez-vous partagés avec vos lecteurs ?TRONG> - Le dernier Royaume de Pascal Quignard (Ed. Grasset) Pour l'instant, il y en a 3 volumes. On se laisse porter par le plaisir. On attend beaucoup de choses mais rien de précis. C'est fait avec une grande intelligence, on est vite charmé. Ce sont un peu des livres de vie. Ca donne le sentiment de pouvoir lire le même ouvrage jusqu'à la fin de sa vie, tout en ayant toujours un peu plus.
- L'homme de mes rêves d'Olivia Rosenthal (Editions Verticales) C'est l'histoire d'un homme qui a enlevé de sa vie tout, à part les plantes grasses, jusqu'à ce qu'il tombe amoureux. C'est un jeu de littérature. On sait qu'il va devenir bègue et on attend ce moment avec impatience.
- La Mort du roi de Tsongore de Laurent Gaudé (Ed. Actes Sud). C'est de la littérature plus classique, une tragédie antique. L'histoire se passe en Afrique, dans une Afrique imaginaire, fantasmée. C'est un univers dans lequel on s'absorbe de scènes de batailles magiques. Laurent Gaudé, c'est toujours pareil, j'ai du mal à en parler. Je l'ai interviewé au mois de juin et ça a été très dur.
Quels genres de manuscrits aimeriez-vous encore découvrir ?TRONG> C'est ça qui est bien, c'est la surprise. Des textes auxquels je ne m'attends pas. On se retrouve un peu devant une situation d'éditeurs. On fait un tri très personnel, on attend d'être conquis par un texte, c'est aussi quelque part une rencontre.
Qu'attendez-vous du partenariat avec manuscrit.com ?TRONG> Je ne sais pas, je n'attends rien de spécifique. En fait, je n'ai pas une idée précise. Pour le moment, je n'ai reçu qu'un seul manuscrit, on verra par la suite...