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GRIPPER LA MÉCANIQUE HUILÉE DE LA DÉSINFORMATION…
Fabrice Trochet, le webzine Le Grain de Sable
 
Désinvolte, insolent et en permanence à l'affût des mensonges médiatiques et des hypocrisies politiciennes, Le Grain de Sable est un webzine qui ne jure que par l'indépendance d'esprit et l'écriture engagée. 


Pouvez-vous, en quelques mots, nous présenter Le grain de sable ?TRONG>
J'ai créé Le grain de sable  au début de l'année 1997 car je ne trouvais pas cette liberté de ton que l'on pouvait espérer de ce nouveau média qu'était Internet (heureusement cela à bien changé) . Le titre de mon site fait référence au livre d'Alain de Benoist  Le grain de sable

J'ai l'impression que l'on se méfie de ceux qui critiquent ce système. Mon site a pour but d'encourager cet esprit critique et de dénoncer les entreprises visant à l'anesthésier. C'est pourquoi, je développe une diversité des opinions sur mon site. Je propose des informations variées en offrant, une lecture critique de l'actualité, des réflexions, des chroniques de livres et des liens vers des sites éloignés des discours habituels. Je suis intéressé par les dissidents, tous ceux qui sont à la marge du système. Mes règles sont simples : éclectisme, curiosité et esprit critique, ce qui est de plus en plus rare à notre époque débordante de conformisme.



A qui vous adressez-vous ?TRONG>
Je m'adresse à tous les esprits libres,  à ceux qui regrettent le temps des pamphlétaires, à ceux  qui recherchent un regard pertinent sur l'actualité.


Fabrice Trochet , quel a été votre parcours avant Le grain de Sable ?TRONG>
J'ai toujours été intéressé par la contre-culture, par la découverte de pensées originales. Ma curiosité m'a fait découvrir des auteurs peu médiatiques. Au départ mes idées se sont portées vers les penseurs anarchistes. Très jeune, j'ai découvert  par hasard, La ferme des animaux d'Orwell. Toute l'oeuvre de cet auteur m'a intrigué, lui qui se présentait parfois comme anarchiste Tory, c'est à dire anarchiste conservateur. Cette définition paradoxale pourrait aussi me convenir. J'ai alors fréquenté les milieux anarchistes. Mais leur étroitesse d'esprit m'a fait quitter  toute organisation. Je suis de plus en plus un électron libre.


Vous parlez de surinformation, de désinformation, d'appauvrissement des contenus… Comment être un média lorsqu'on critique les médias ?TRONG>
Hélas le but d'un média est de se vendre pour vivre. Je sors de ce cadre ; je ne dépends ni de la publicité, ni du nombre de lecteurs. C'est un des rares points positifs de l'internet. Donc je suis très libre ; ce qui peut être aussi un inconvénient.


Internet étant un outil au service de l'information et de la désinformation, comment se démarque Le grain de Sable ?TRONG>
Le grain de sable se démarque en proposant  un regard insolent sur l'actualité tout en étant très sérieux . Toutes les informations et désinformations que je traite sont vérifiables. Je cite à chaque fois mes sources.


Vous avez choisi de lutter contre la désinformation, quelle place accordez vous à la littérature dans ce processus ?TRONG>
J'accorde beaucoup d'importance à la littérature car elle éveille la curiosité, nous fait explorer d'autres pensées. Cela permet de se former intellectuellement. Ce qui permet d'être plus vigilant face à un média. Beaucoup d'écrivains ont analysé le processus de la désinformation ; Orwell bien sûr mais aussi le philosophe américain Christopher Lash (hélas méconnu en France) qui a notamment démontré comment les médias digèrent et  récupèrent la critique la plus radicale.


Quels sont vos auteurs de référence ? Pourquoi ?TRONG>
Beaucoup d'auteurs me viennent à l'esprit car je suis un passionné de littérature. Je citerais en premier Jean-Edern Hallier qui a été un déclencheur intellectuel pour moi. J'ai découvert grâce à son journal L'idiot international la grande tradition pamphlétaire qui fait de plus en plus défaut à notre époque. De plus, c'était  un des derniers grands écrivains. J'aime Jean-René Huguenin pour la beauté de son écriture,  Marc-Edouard Nabe pour sa liberté de ton. Je suis très intéressé par la philosophie aussi. Pour moi, Jean Baudrillard reste un des derniers philosophes à risquer une pensée radicale.

J'aime aussi Maurice G. Dantec et Houellebecq dont leurs romans décrivent  admirablement bien les symptômes de ce siècle. En fait, je lis de plus en plus d'essais, notamment tout ce qui paraît à l'encyclopédie des nuisances toujours dans un style très situationniste. Et, bien sûr, Orwell, dont  l'oeuvre philosophique  est méconnue. Heureusement qu'un philosophe peu médiatisée Jean-Claude Michéa (auteur de l'excellent L'Enseignement de l'ignorance et ses conditions modernes) essaye de restituer sa véritable image.

Pour terminer, je citerais deux rédacteurs de la revue Lignes : Jean-Paul Curnier et Michel Surya, auteurs de  quelques essais où la force de leurs pensées et la beauté de leurs écritures dominent.



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Propos recueillis par Marie Donzel, octobre 2001.
Copyright manuscrit.com 2001.
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