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COMMUNAUTÉ ACTUALITÉ
Mona Chollet, le site Autodafe.org

Le Parlement international des écrivains développe un site, autodafe.org, qui rend accessibles l'inventivité et la liberté de la création littéraire en dehors de toutes coercitions politiques. Retour avec Mona Chollet, responsable de ce site, sur ses fonctions premières.


Le PIE accueille les écrivains persécutés grâce à la mise en place d'une trentaine de Villes Refuges. En quoi ce "cosmopolitisme littéraire" trouve-t-il reflet dans le site Autodafé ?TRONG>
Les écrivains qui arrivent en ville-refuge ont des parcours très riches, à la fois singuliers et proches les uns des autres par leur expérience commune de la censure et de l'exil. Le site est un moyen de donner une visibilité à cette diversité et de confronter ces expériences. A terme, chaque écrivain accueilli pourra, s'il le souhaite, avoir son espace propre sur le site, et y publier ses textes. Dans un premier temps, nous allons mettre en ligne progressivement un entretien avec chacun d'eux, ainsi qu'une bio-bibliographie. Les premiers entretiens nous confortent dans l'idée qu'il y a matière à constituer sur ce site, à travers l'archive de l'activité du Parlement, un tableau de la liberté de création et de la façon dont la littérature s'articule avec la réalité, aujourd'hui, à travers le globe.


Par ailleurs, la revue Autodafé sous sa forme "papier" (qui est éditée et vendue en librairie en 8 langues, dans 9 pays), ainsi que le site, accueillent également des textes d'écrivains du monde entier qui sont proches du Parlement, et qui en ont soutenu le projet, sans être eux-mêmes en difficulté ou bénéficier de résidences en ville-refuge. Parmi eux, on peut citer, outre les présidents successifs du Parlement (Salman Rushdie, Wole Soyinka et actuellement Russell Banks), Toni Morrison, Jacques Derrida, Juan Goytisolo, Naguib Mahfouz, Antonio Tabucchi...


A l'origine, Autodafé est le nom de la revue "traditionnelle" du PIE : comment s'est opéré le passage à la version (ou l'extension) "en ligne" de cette revue ? Comment fonctionne la répartition des entretiens et des brèves entre la revue et le site ? Celui-ci n'est -il que la copie de celle-là ?TRONG>
Pour le moment, sont publiés sur le site des articles qui sont déjà parus dans la revue. S'y ajoutent les entretiens avec les écrivains en ville-refuge, ainsi que les brèves, qui sont rédigées spécifiquement pour le site. A l'avenir, cette dynamique va probablement s'inverser : le site va devenir l'atelier des futurs numéros de la revue. On y publiera régulièrement des textes d'écrivains dont une sélection figurera dans l'édition annuelle de la revue.

Le point d'orgue (si j'ose dire) d'autodafe.org réside dans son appellation "La Bibliothèque censurée", à quoi renvoie la création on  line d'une "librairie" qui s'avoue en fait anti-librairie au sens  où l'internaute accède ici à de longs extraits d'oeuvres qui ont été censurées.



Comment réagit le public devant une telle initiative ? Doit-on induire de la constitution de cette librairie singulière que la libre consultation d'un texte est un moyen (politique) de lutter contre la confiscation de la parole - position qui échappe difficilement au soupçon d'utopisme ?TRONG>
Au départ, nous avions conçu cette rubrique comme une "librairie" des plus classiques, présentant les ouvrages d'écrivains accueillis par le Parlement ou proches de lui. Au dernier moment, nous avons été frappés par cette évidence : notre rôle se situait plutôt en amont de la publication. En Occident, où la littérature est marginalisée surtout par le développement de la littérature-spectacle, on oublie parfois qu'ailleurs l'écriture continue de réellement déranger le pouvoir, et de faire l'objet d'une censure tout à fait primaire. Cette rubrique du site sera ainsi alimentée par des extraits d'oeuvres écrites dans leur pays par les écrivains accueillis en ville-refuge.


Les écrivains hébergés dans les villes-refuges profitent de cet état de paix temporaire qui leur est accordé pour terminer leurs oeuvres : envisagez-vous à terme de faire paraître sous le label éditorial du PIE, ou en coédition avec d'autres éditions, des textes ainsi rendus possibles en droit (et donc consultables de fait) ?TRONG>
Le Parlement n'est pas une maison d'édition : il ne publie que la revue "Autodafé", en partenariat avec des éditeurs de différents pays. Pour le moment, les livres écrits en résidence sont publiés par diverses maisons d'édition sans lien avec le Parlement - ainsi, Rolando Sánchez Mejías, écrivain cubain accueilli à Barcelone, vient de faire paraître ses "Histoires d'Olmo" chez un éditeur espagnol.


Le site :TRONG>

http://www.autodafe.org


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Propos recueillis par Frédéric Grolleau, novembre 2001.
Copyright manuscrit.com 2001.
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